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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

WALL STREET, les dérives du système capitaliste

Publié le 5 Avril 2021 par Romain Jankowski in Cycle Oliver Stone, Histoire du cinéma

Après le succès de PLATOON en 1986, Oliver Stone part vers d'autres horizons et mène une autre guerre, celle du capitalisme. Avec le scénariste Stanley Weiser, il se lance dans un intense processus de recherche et fait donc mûrir cette idée qu'il avait en tête depuis 1981, s'inspirant de son père, un courtier durant la Grande dépression. 

Weiser ne connaît rien au monde de la finance et décide alors de plonger dans un univers bien particulier. Les deux hommes tiennent à rencontrer de véritables investisseurs pour connaître toutes les petites failles du système que ces personnes parviennent à contrôler. Une première version est écrite, mais Stone refusera que le personnage principal soit juif pour éviter que le cliché persistant du juif contrôlant les finances ne vienne gâcher son propos. C'est ainsi que le personnage de Bud Fox est crée. Pour l'incarner, Stone ne voit que Charlie Sheen. Ils viennent de tourner PLATOON ensemble. Pour l'anecdote, Tom Cruise avait postulé au rôle, mais le réalisateur s'était vu obligé de refuser. Ce n'est que partie remise puisqu'ils se retrouveront quelques années plus tard avec le superbe NÉ UN 4 JUILLET.

Pour l'extraordinaire Gordon Gekko, un investisseur de poids dans le scénario, Weiser et Stone s'inspirent de véritables traders comme Owen Morrissey, Dennis Levine ou encore le célèbre homme d'affaires Carl Icahn (dont les finances s'élèvent à 20 milliards de dollars aujourd'hui !). Gekko est un personnage fascinant, aussi attractif que répulsif par ses méthodes. Il est déjà l'homme de demain. Oliver Stone façonne son image et réalise un coup de

génie qui marque encore les esprits aujourd'hui. Pour l'interpréter, deux camps s'opposent : le studio désire Warren Beatty (dont l'âge d'or est passé), mais le cinéaste veut absolument engager Richard Gere. Finalement, c'est Michael Douglas qui sera choisi. Un coup de poker pour Stone à qui l'on conseille vivement de ne pas l'engager, Douglas ayant une réputation particulière au sein d'un milieu qui le considère davantage comme un producteur. 

On peut dire que sur ce coup là, le cinéaste a eu du flair. Cynique, carnassier, charismatique, Michael Douglas est absolument fantastique dans la peau de Gordon Gekko. Sa prestation lui valut un oscar bien mérité. Il est pour beaucoup dans la réussite de WALL STREET qui fut un beau succès au box-office. Surtout, il est représentatif d'une époque bien particulière, la décennie des possibilités et de l'ultra-libéralisme. Une oeuvre à part qui connaîtra une suite en 2010 avec Shia LaBoeuf. Cependant, cette séquelle sera loin de marquer les esprits...

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