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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

VALERIAN, LE FILM QUI A COULÉ EUROPACORP

Publié le 17 Mars 2021 par Romain Jankowski in analyses

Les superlatifs financier et technique n'ont pas manqué depuis l'ouverture du projet chez EUROPACORP. Budget le plus fou de l'Histoire du cinéma français (180 millions d'euros soit 210 millions de dollars), record d'effets spéciaux (2700 plans à peu près), technologie à la

pointe et on en passe. Luc Besson a d'abord montré sa puissance avant de véritablement parler du film qui est, en l'état, l'adaptation d'une bande dessinée culte de Christin et Mézières. A sa sortie en juillet 2017, VALERIAN ET LA CITE DES MILLE PLANETES est un événement.

Depuis tout gosse, le cinéaste rêve d'adapter cette oeuvre au cinéma. Il aura fallu être patient, attendant que la technologie s'améliore pour enfin réussir à la mettre en image. Finalement, VALERIAN est un pur film de Luc Besson qui contient toutes ses qualités et tous ses défauts. Visuellement, le travail est parfois hallucinant notamment dans le travail sur les décors et les créatures. Oui, il a mis le paquet en ce qui concerne l'imagerie ce qui, comme souvent chez lui, rattrape un scénario contenant de nombreuses faiblesses. 

On peut être subjugué par la beauté du film, par l'épatant travail fourni sur les effets spéciaux, mais on ne se passionne que si l'histoire est suffisamment fournie et les personnages bien caractérisés. Sans surprise, c'est là que VALERIAN trouve ses limites puisque les enjeux sont assez limités et le duo d'agents spatio-temporels très décevant. Dane Dehaan et Cara Delevingne ne possèdent aucune alchimie et leurs échanges ne se cantonnent qu'à une histoire d'amour des plus classiques. On attendait vraiment autre chose de deux personnages pourtant très intéressants dans le fond et que Besson aurait pu tenter d'approfondir. Globalement, malgré quelques beaux moments (le prologue, la séquence de la planète inconnue), le scénario ne contient aucune sorte d'émotions ou de surprises, se contentant

d'aligner des scènes impressionnantes. En se comparant constamment à AVATAR et STAR WARS, il en a oublié que ces deux mastodontes possédaient une véritable dramaturgie et, surtout pour la saga créée par George Lucas, des personnages extraordinaires. 

Cependant, l'auteur de ces lignes avoue ne pas bouder son plaisir envers ce VALERIAN qui pose un univers ambitieux et plein de promesses. Cela fait des années que Luc Besson déçoit, mais pour le coup l'ensemble est plutôt bien maîtrisé. Malgré ses 2h17, le film ne contient que peu de longueurs et s'avère être un solide divertissement auquel il manquera un véritable climax. Pourtant, il y a quelques moments de bravoure comme cette séquence où la caméra suit Valerian en train de passer à travers les éléments ou encore une libération cocasse qui se termine en combat virevoltant. 

Lavant l'affront LUCY, Luc Besson retrouve le souffle qui animait son cinéma avant les années 2000 et réussit un pari impossible. Malheureusement, son ambition dévastatrice a eu raison de l'énorme travail réalisé. Déjà fragile économiquement, EUROPACORP n'a pas supporté le poids d'un budget aussi conséquent. Avec 197 millions d'euros de budget (soit 234 millions de dollars), le film n'a rapporté que 225 millions de dollars ! Une énorme perte pour un équilibre déjà difficile avant la sortie du film. Connaissant les risques, Besson a tout de même foncé, sûr de ses chances de réussite. Obligé de vendre les parts de sa boîte et de vendre le catalogue de ses productions à la concurrence, le cinéaste fut, ensuite, accusé de viol, et a observé sa lente descente aux enfers. Aujourd'hui, rien ne semble pouvoir véritablement le sauver, lui qui aura réussi à partager une certaine idée du cinéma français à l'international. Certes, sa filmographie est très inégale, mais sa force de frappe n'est pas négligeable. Surtout, il fut l'un des rares à attirer les spectateurs avec des productions de genre locales. Une prouesse. 

VALERIAN, LE FILM QUI A COULÉ EUROPACORP
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