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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Les griffes de la peur, quand des chats vengeurs se mêlent au complot familial

Publié le 10 Juin 2021 par Romain Jankowski in Histoire du cinéma

En 1969, le réalisateur David Lowell Rich met en scène un drôle de film intitulé LES GRIFFES DE LA PEUR. L'intrigue s'intéresse à tante Danny (interprétée par Eleanor Parker) vit avec son neveu Luke (Tim Henry) et ses nombreux chats. À son décès, elle a décidé de léguer sa fortune à ses animaux de compagnie. Quand Wylie (Michael Sarrazin), le frère de Luke, revient vivre à la maison accompagné de sa nouvelle compagne, Kassia (Gayle Hunnicutt), celle-ci change d'avis et en fait son héritier. 

Tout commence par un chat en surimpression sur un décor de ville. On peut penser à un film horrifique qui verrait la rébellion des chats sur de pauvres humains se bataillant pour une affaire d'héritage. Le scénariste s'appelle Joseph Stefano, auteur du célèbre PSYCHOSE d'Alfred Hitchcock, et nous prépare un thriller plus psychologique que réellement angoissant. La définition parfaite du blu-ray édité par Rimini Editions permet d'apprécier une direction artistique plutôt soignée qui, en dépit de quelques effets datés, use avec habileté de son décor pour interroger le spectateur sur la direction que prendra le scénario. D'abord mystérieux, le film s'ouvre ensuite sur de longs dialogues explicitant le complot à venir. On oscille alors constamment entre le thriller pur et l'horreur sourde qui pourrait bien gronder soudainement. Ces multiples plans de chats carnivores laissent présager du malaise à venir et renvoie métaphoriquement à l'avidité de Wylie qui est prêt à se jeter sur le budget de sa tante comme un mort de faim. 

Dans le fond, on pourrait bien voir LES GRIFFES DE LA PEUR sous l'angle d'une comédie noire. Les chats défendent-ils leur maîtresse ou  leur butin ? Puisque

oui, c'est bien à eux que tous les biens doivent revenir. Une tendance à l'anthropomorphisme qui devient évidente dans la séquence finale assez sanglante. Souvent dans l'ombre ou furtivement montrés, les chats sont un danger, mais reflètent aussi le mythe des neuf vies, une forme de réincarnation qui prend effet dans plusieurs religions et croyance. En poussant plus loin la théorie, on pourrait donc émettre l'idée que ces chats sont plus intelligents, plus développés, et possède peut-être même une part d'humanité. Peut-être que je m'égare, mais l'interprétation qu'on peut avoir d'une histoire est toujours savoureuse à émettre. 

Manquant de dynamisme et s'étirant parfois inutilement, le film de David Lowell Rich possède également un sous-texte sexuel évident et émet même l'idée d'inceste. Un effet qui se mêle aux autres et qui, mélangés durant une heure et quarante minutes, donnent à l'ensemble une étrangeté bien réelle. Une vraie curiosité, en somme.

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