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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LES EVADES, DE L'ECHEC À LA CONSECRATION

Publié le 11 Mars 2021 par Romain Jankowski in dossiers

Difficile d'imaginer aujourd'hui que le long-métrage réalisé par Frank Darabont fut un échec à sa sortie. Nommé sept fois aux oscars, LES EVADES ne remporta rien. Le public ne fut pas réceptif, les recettes plafonnant à 59 millions de dollars de recettes pour un budget de 25 millions. En France, seulement 219 879 cinéphiles se sont réunis dans les salles pour apprécier le chef-d'oeuvre porté par Morgan Freeman et Tim Robbins !

Comment a-t-il pu atteindre ce statut de film culte, vingt-six ans après sa sortie en salles ? Régulièrement cité dans le top 5 des films préférés de tous les temps de la part du public, on peut dire que la tendance s'est sacrément inversée en deux décennies. D'abord, il y a l'année 1995 lorsque la VHS est commercialisée. Boostées par des avis positifs, les ventes s'entament et s'accumulent. En seulement onze mois, le film rapporte déjà le double de ses recettes en salles ! Les locations explosent, parcourant les frontières et les tranches d'âge. En effet, chaque spectateur ressent l'émotion et la puissance d'évocation d'un récit majeur. 

Suivent ensuite ses nombreuses diffusions tv et son entrée en 2007 dans le fameux top 100 de l'American Film Institute. Dès lors, il squatte la première place ImdB du meilleur film de tous les temps, devançant... LE PARRAIN de Francis Ford Coppola ! En 2014, nouveau ressort avec le prestigieux média EMPIRE qui réalise un massif sondage sur 250 000 personnes afin de connaître leurs films préférés. LES EVADES atteint la quatrième place devant PULP FICTION. L'année suivante, la bibliothèque du Sénat américain le sélectionne

pour conservation au National film registre, qui sauvegarde les films culturellement, historiquement et esthétiquement importants. 

Profondément ancré dans la culture populaire, le film de Darabont attire depuis quelques années de nombreux visiteurs sur son lieu de tournage, le pénitencier qui est désormais transformé en musée (un parcours touristique existe en bus avec 13 points signifiants 13 orientations différentes basées sur le long-métrage). Son arrivée sur les plateformes de streaming ont achevé l'étape transitive indispensable à tout grand film : son héritage. Aujourd'hui, les parcours de Red (Morgan Freeman) et Andy (Tim Robbins) sont bien connus des nouveaux cinéphiles. Vingt-six ans après sa sortie en salles, on peut dire que la revanche fut prise !

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