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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LE PONT DES ESPIONS, LA GUERRE FROIDE VUE PAR STEVEN SPIELBERG

Publié le 16 Février 2021 par Romain Jankowski in analyses

L'Histoire, racontée par Steven Spielberg, c'est devenu un événement courant. La première guerre mondiale, la seconde, l'esclavagisme et même l'imagination d'un futur ! LE PONT DES ESPIONS s'intéresse à la Guerre Froide entre les Etats-Unis et l'URSS, entre deux idéologies opposées et à la peur de la bombe nucléaire.

Mais on sait très bien, dés le départ, que le cinéaste ne racontera pas cette histoire de manière classique avec ses passages obligés et ses stéréotypes. Portée par une première séquence somptueuse posant tous les enjeux du film (l'espion soviétique se regardant dans le miroir jouant sur un triple reflet comme les agents et instances gouvernementales durant tout le film, le jeu de dupes), on entre alors dans le récit par le biais d'un homme, James Donovan, un avocat d'assurance qui sera chargé de défendre l'espion russe capturé. Alors qu'on lui somme de faire le minimum, Donovan s'engage au nom de la constitution et de ses principes. C'est le grand Tom Hanks qui l'incarne et son humanité débordante. C'est un personnage "Spielbergien", un homme directement attachant qui se bat pour la justice et qui reste debout, quoiqu'il arrive. Il est le point central d'un film redoutablement retors dans son ambiguité psychologique et morale. Le rejet ou l'adoubement d'une société ne tient qu'à un fil, la définition de héros également.

La deuxième partie est plus spectaculaire lorsque Donovan est chargé d'échanger l'espion russe contre un espion américain capturé par...les russes. Au détour d'une séquence d'attaque à couper le souffle, l'espion américain sera malmené devenant l'enjeu d'un important jeu de dupes. Il est encore incroyable de voir un cinéaste qui a réalisé une grande partie de nos classiques contemporains de se renouveler ainsi, passer par des chemins plus sombres et pourtant jamais démoralisant. Il lui manque ici un peu de rythme, la tension est un peu plate mais les enjeux sont incroyablement vastes. Surtout, son imagerie inégalée et inégalable saute encore aux yeux. La photo de son acolyte Janusz Kaminski et l'intelligence de la mise en scène du cinéaste donne une beauté maximale à un script qui ne l'ait pas tellement.

Puis il reste le côté émotionnel, présent dans quelques séquences très émouvantes qui redéfinissent le rôle de chacun dans une société trop vaste. La fin, sur le fameux pont, est l'essence même du cinéma du plus grand réalisateur de notre époque. A sa sortie en 2015, LE PONT DES ESPIONS fut un beau succès avec des recettes s'élevant à 165,4 millions de dollars pour 40 millions de budget. Il a surtout lancé une belle seconde partie de carrière au génial Mark Rylance.

 

LE PONT DES ESPIONS, LA GUERRE FROIDE VUE PAR STEVEN SPIELBERG
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