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cinema fou

Critiques de films, news et rétro-cinéma

L'homme qui tua Liberty Valance, un grand chef-d'oeuvre signé John Ford

Publié le 17 Juin 2021 par Romain Jankowski in Histoire du cinéma

Quand on parle de John Ford, l'un des monuments de l'Histoire du cinéma, on se souvient de toutes ces belles images qui nous restent en tête, de tous ces grands acteurs qui ont peuplé son oeuvre. L'HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE est, pour l'auteur de ces lignes, un monument, ce moment où toute la magie du 7ème art explose aux quatre coins de l'écran. 

C'est vrai qu'entre LIBERTY VALANCE et LA PRISONNIERE DU DESERT, mon coeur balance. Ce dernier est un chef-d'oeuvre profond, qui a changé la façon de voir les westerns et qui a profondément modifié l'image que les spectateurs pouvaient se faire d'un cow-boy. Mais LIBERTY VALANCE est-il vraiment un western ? Même s'il est considéré comme "l'avant-dernier western" de son auteur, difficile de le résumer par une seule catégorie. Il est inspiré d'une nouvelle écrite par Dorothy Marie Johnson. John Ford en ayant acquis les droits, il confia l'écriture à Willis Goldbeck et James Warner Bellah. Le cinéaste sait bien qu'il ne pourra pas lancer le projet sans une grande major et s'adresse donc à la Paramount pour s'associer. Comme John Wayne incarnait l'un des deux personnages principaux et qu'il avait un contrat avec la firme, les négociations furent assez rapides, Ford s'engageant également de payer la moitié du budget.

Nous sommes en 1962 et quand arrive alors L'HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE, le cinéma américain recherche un second souffle. Le western, genre phare des deux décennies précédentes, commence à décliner. Les histoires se ressemblent, les archétypes lassent le public et aucune vraie innovation est à dénoter. Les budgets explosent, malgré tout, les majors pensant que de plus grosses productions pourraient continuer à encourager le public à se déplacer dans les salles (ça ne vous rappelle pas notre époque ?). Mais, en dépit du carton des 7 MERCENAIRES, la perte de recettes est significative. Le film de John Ford sort dans ce contexte, lui qui a grandement contribué à rendre le genre incontournable. Conscient des problèmes, il monte alors son histoire avec une dramaturgie plus poussée où les cow-boys semblent fatigués, loin de leur entrain d'avant. Il est également difficile de reproduire le même schéma qu'il y a dix ou quinze, les moeurs étant en train de changer tandis que le débarquement massif des américains au Vietnam est sur le point de bousculer profondément la société. La critique US est très mitigée à la sortie de LIBERTY VALANCE tandis que la presse européenne loue la force du récit, louant de nombreuses thématiques jugées, justement, trop noires ou déplacées au pays de l'Oncle Sam. Un paradoxe qui s'explique par le commentaire désespéré de Ford qui mêle la mélancolie et l'Histoire avec une tristesse non feinte. On la ressent dans le film, partout, à chaque instant. Dans les regards de John Wayne et James Stewart aussi. 

L'HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE sort le 20 avril 1962. Logiquement, le succès n'est pas vraiment au rendez-vous, ne rapportant que 8 millions de dollars (soit 93,6 millions si on prend en compte l'inflation). Ce n'est qu'avec le temps que le film sera largement réhabilité pour devenir, aujourd'hui, l'un des longs-métrages les plus appréciés des cinéphiles. 

 

 

L'homme qui tua Liberty Valance, un grand chef-d'oeuvre signé John Ford
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