Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
cinema fou

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Hotel Rwanda, Don Cheadle et Joaquin Phoenix face au génocide

Publié le 26 Mai 2021 par Romain Jankowski in analyses

Le réalisateur Terry George n'aura pas eu la carrière qu'il méritait, même si son travail sur LA PROMESSE (avec Oscar Isaac et Christian Bale), RESERVATION ROAD (également avec Joaquin Phoenix) et son très bon travail sur la série EN ANALYSE ne sont pas à oublier. HOTEL RWANDA reste son sommet, une oeuvre poignante qui oriente vers son récit vers le terrible génocide rwandais qui s'est déroulé en 1994. 

Le film retrace l'action de Paul Rusesabagina (interprété par Don Cheadle), un Hutu, gérant de l'hôtel quatre étoiles LES MILLE COLLINES à Kigali qui abrita 1 268 Rwandais Tutsis et Hutus modérés. Une histoire forte qui prend également un autre sens en 2021 puisque le même Rusesabagina fut arrêté pour "soupçon de financement et de création de groupe terroriste". La réalité est peut-être plus trouble que ce que le film nous montre...

HOTEL RWANDA serait donc désormais un film dépassé ? En l'état, non, car il possède une force émotionnelle dévastatrice qui permet de se pencher sur un horrible génocide, considéré comme l'un des plus terribles depuis celui des juifs lors de la seconde guerre mondiale. Le casting y est étincelant, Don Cheadle en tête, magnifique dans la peau du protagoniste. La production ne voulait pas de lui pour ce rôle dans lequel Denzel Washington, Will Smith ou encore Wesley Snipes étaient préférés. Le réalisateur, qui décida de produire lui-même le film, pu alors imposer Cheadle. En reporter, Joaquin Phoenix est également remarquable, lui qui s'est énormément documenté en rencontrant des journaliste et cameramen. 

Longtemps en projet, HOTEL RWANDA aboutit donc durant l'année 2005 où il est nommé trois fois aux Oscars. Au box-office, sa sortie est plus confidentielle

puisqu'il rapportera 33,8 millions de dollars. Au fil des années, son impact n'est pas négligeable, même si son insistance mélodramatique frôle parfois l'hagiographie. Aujourd'hui, au vu de ce qui se passe pour Rusesabagina, c'est difficile de ne pas mettre en parallèle cette vérité et l'histoire. D'autant qu'au fil du temps, les langues se sont déliées pour parler d'une autre réalité durant les événements de 1994. Elles dressent un portrait peu flatteur de l'homme qui aurait fait payer des chambres tout en rançonnant les réfugiés. L'ambiguïté qui tourne autour de lui ne saurait entacher les qualités d'un film somme toute important. 

Commenter cet article