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cinema fou

Critiques de films, news et rétro-cinéma

FAME, la performance et les échecs vus par Alan Parker

Publié le 15 Avril 2021 par Romain Jankowski in Cycle Alan Parker, Histoire du cinéma

Sortant tout juste du carton de MIDNIGHT EXPRESS, Alan Parker doit tourner la page et également se relever psychologiquement d'un film éprouvant (voir l'article ici). Il reçoit alors le script d'un film intitulé HOT LAUNCH, écrit par Christopher Gore sous l'impulsion de l'agent artistique David DeSilva. 

Tout part d'une représentation de A CHORUS LINE, une comédie musicale à laquelle DeSilva assiste. Ce dernier est interpellé par une chanson qui lui inspire l'idée du film : NOTHING, qui parle de la HIGH SCHOOL OF PERFORMING ARTS. Tout cela se transforme en réflexion sur la performance et les déceptions des élèves de filiales artistiques. Parker rencontre DeSilva et accepte le projet à condition de pouvoir le réécrire (tout en laissant le crédit de scénariste à Gore). Il appelle son producteur présent sur ses deux premiers films, Alan Marshall. HOT LAUNCH devient FAME et va s'intéresser aux problématiques d'une école revendiquant l'accession au firmament du show-biz. 

Tout n'est évident pas si simple et devient rapidement une plongée en forme de captation de l'air du temps. FAME c'est la représentation d'une époque et ses codes qui traversent difficilement le cadre des 80s. Le film propose aux spectateurs de s'immiscer au sein d'un microcosme particulier. Les acteurs recrutés sont presque tous des débutants (à l'exception de Paul McCrane, Barry Miller ou encore Antonia Franceschi). On les suit dans les épreuves d'une mini-société impitoyable qui se transforme rapidement en représentation globale. Les situations auxquelles ils sont confrontées permettent d'envisager

le monde dans lesquelles ils s'inscrivent. La multiculturalité, la pluriethnie, l'homosexualité, l'avortement... plusieurs thématiques sont abordées avec intelligence sous couvert d'un divertissement mêlant musique, danse et jeu dramatique. 

Après les épreuves de MIDNIGHT EXPRESS et avant d'expérimenter avec PINK FLOYD THE WALL, Alan Parker filme donc sa récréation, sans baigner dans la légèreté, le propos même de FAME étant dramatique. A sa sortie, c'est un succès (et un carton pour la BO et, surtout, la chanson originale), notamment en France où il réunit 1 638 000 spectateurs. En 2009, le remake réalisé par Kevin Tancharoen est un ratage, n'ayant pas saisi l'essence même de ce qui constituait l'histoire mise en scène par Parker.

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