Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

EVITA, le biopic musical d'Alan Parker

Publié le 23 Avril 2021 par Romain Jankowski in Cycle Alan Parker, Histoire du cinéma

Sorti en 1996, EVITA s'inspire de l'album-concept (comme un certain THE WALL, déjà réalisé par Alan Parker) du même nom d'Andrew Lloy Webber et Tim Rice sorti en 1976. C'est Oliver Stone qui devait réaliser le projet avant de se tourner vers NIXON (voir notre article ici).

Adapté en comédie musicale en 1978, EVITA reprend le concept et s'intéresse donc à la vie d'Eva Peron, épouse du président argentin Juan Peron. Nous sommes en 1952 et Eva meurt prématurément d'un cancer alors qu'elle allait accéder à la vice-président de son pays. L'Argentine pleure cette paysanne dans l'ascension fulgurante et le combat pour la défense des pauvres ont modifié le cours de son histoire. Son incroyable destinée est donc racontée ici par un Alan Parker documenté qui se passionne pour la drôle de vie d'Eva Peron. Après une guerre de droits qui se sera étalée sur de longues années, EVITA est réécrit par Parker qui refuse de mettre en scène la version façonnée par Stone. Cependant, ce dernier remarque que de nombreuses idées qu'il avait couchées sur papier sont bien présentes à l'écran. Un litige plus tard, les deux hommes seront crédités au scénario. 

Quand Oliver Stone s'occupait encore du projet, il avait jeté son dévolu sur Michelle Pfeiffer. Alan Parker fera preuve d'audace en choisissant Madonna, star de la musique, qui envoie une lettre au réalisateur pour prouver sa passion envers cette femme tout en montrant pourquoi elle correspond parfaitement au rôle. Convaincu, le cinéaste la choisit et déclenche une polémique en Argentine à cause de l'image que renvoie la chanteuse, une image sulfureuse faite de sexe, drogue, violence et nudité. Une campagne virulente est menée, relayée par la presse et appuyée par les principaux concernés. Le tournage démarre par la suite dans la sérénité, mais le film ne parviendra pas à fonctionner là-bas malgré la popularité d'Eva Peron. 

Le casting est complété par l'excellent Jonathan Pryce qui a la lourde tâche d'incarner le président Juan Peron tandis qu'Antonio Banderas interprète Ché. Ce dernier est en train de grimper à Hollywood et s'apprête à devenir une star en reprenant le masque de Zorro. Pour son rôle dans EVITA, il est nommé aux

Golden Globe, mais pas récompensé. A sa sortie, le film rentre correctement dans ses frais malgré son budget de 55 millions de dollars. Il amasse 140 millions avec des critiques plutôt partagées. Plus de vingt-quatre ans après sa sortie, le film est daté, un peu plombé par une mise en scène manquant véritablement de souffle et un script traînant en longueurs. Madonna est, elle,  convaincante dans ce qui constitue probablement son meilleur rôle (en même temps, ce n'est pas très difficile au vu de sa filmographie...). Néanmoins, la faculté de Parker de mettre en scène un film musical reste prégnante, quelques séquences de chorégraphies étant mémorables.

Par la suite, le cinéaste ne réalisera plus que deux films, LES CENDRES D'ANGELA en 2000 puis LA VIE DE DAVID GALE en 2003. 

Commenter cet article