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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de LA FEMME À LA FENETRE

Publié le 17 Mai 2021 par Romain Jankowski in critiques

Joe Wright est un étonnant réalisateur qui navigue entre les genres avec plus ou moins de bonheur. D'ANNA KARENINE à ORGUEIL ET PREJUGES en passant par PAN et LES HEURES SOMBRES, il n'est jamais là où l'on attend.

Cette fois, il s'inspire d'Alfred Hitchcock pour LA FEMME À LA FENETRE, thriller mental qui dérive presque vers l'horreur. Adapté du roman écrit par A.J Finn, le scénario suit Anna Fox (Amy Adams), un psychologue pour enfants agoraphobe vivant cloîtrée dans sa demeure new-yorkaise, qui se met à espionner par la fenêtre la famille d'allure parfaite qui vient de s'installer de l'autre côté de la rue. Mais peu à peu, d'étranges éléments se mettent en place. Quand toute cette exposition est passée (elle est un peu laborieuse, avouons-le), Wright lâche enfin ses ambitions et parvient à rendre son histoire réellement intrigante. Ne sortant presque jamais de la grande maison dans laquelle est enfermée la protagoniste, la caméra est centrée sur ce qui se déroule à l'intérieur de ces murs qui paraissent plus troublants au fil des minutes. 

Lorsque Julianne Moore apparaît, l'histoire prend une autre tournure, plus paranoïaque, plus déroutante. Elle emprunte un chemin différent, celui du désordre psychique qui se noue autour d'un terrible drame. Il fallait du cran pour se frotter à Anna, une femme complexe, constamment au bord du gouffre. Ce qui lui apporte Amy Adams est exceptionnel, elle qui parvient constamment à interpréter ce genre de personnage retors sur lequel tient un scénario tout entier. L'équilibre de sa performance est redoutable. Autour d'elle, gravitent des poids lourds comme Moore, donc, mais aussi Gary Oldman, un peu effacé aux premiers abords, tendant vers une forme secondaire pour mieux noircir

l'intrigue. Qui est cet homme dont la situation semble plus que confortable ? Il est l'un des points centraux du film qui ne parvient pas toujours à équilibrer l'importance de ses personnages secondaires. Seul l'excellent Wyatt Russell (qui vient de se faire remarquer dans FALCON ET LE SOLDAT DE L'HIVER) parvient à exister dans le parcours sinueux mis en scène par Wright. 

Plongeant peu à peu dans les tréfonds de l'esprit, LA FEMME À LA FENETRE pourra décevoir par son final convenu, mais peut-être que le film doit se voir comme un parcours psychologique plus qu'un véritable thriller. Il ne possède pas l'ambiguïté ni la rigueur scénaristique adéquates pour maintenir son suspense, mais expose ses enjeux tragiques avec une certaine force. Si votre point de vue se base sur le premier critère, alors l'ensemble ne ressemblera qu'à un divertissement du samedi soir au casting de luxe, un poil décevant dans le fond, mais soigné sur la forme.  

 

AVIS GLOBAL : Le nouveau film de Joe Wright se démarque par sa faculté à plonger dans la psychologie troublée de sa protagoniste, admirablement interprété par Amy Adams. La partie thriller, elle, est plus décevante.

NOTE : 12 / 20

 

LA FEMME À LA FENETRE  1h40

Un film réalisé par Joe Wright

Avec Amy Adams, Wyatt Russell, Gary Oldman, Julianne Moore.

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