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cinema fou

Critiques de films, news et rétro-cinéma

CONFIDENCES SUR L'OREILLER, Doris Day et Rock Hudson au sommet de leur art

Publié le 22 Avril 2021 par Romain Jankowski in dossiers, Doris Day

Sur un générique d'ouverture chantant et joyeux, on comprend rapidement où voudra en venir CONFIDENCES SUR L'OREILLER. C'est l'Amérique dans ce qu'elle a de plus confortable, une version imagée de l'amour à la fin des 50s qui annonce une décennie nouvelle plus bouleversante que jamais. 

La réunion de Rock Hudson et Doris Day offre une pléthore de situations irrésistibles qui crée une dynamique imperturbable. Les codes de la comédie romantique sont séculaires, mais leur exécution a changé, a évolué. Revoir ce genre de film des années plus tard, c'est souvent comprendre à quel point le monde change, notamment dans les rapports homme / femme. CONFIDENCES SUR L'OREILLER est l'oeuvre du célèbre producteur Ross Hunter dont la collaboration avec le réalisateur Douglas Sirk fut fructueuse notamment sur LE SECRET MAGNIFIQUE ou le très beau LES AILES DE L'ESPERANCE avec, déjà, Rock Hudson. Son désir est de s'échapper de la réalité, de montrer aux spectateurs une version plus idéalisée de la vie, une échappatoire aux galères de l'existence. 

Il y a une énergie positive dans le film réalisé par Michael Gordon (grand-père de l'acteur Joseph Gordon-Levitt, pour l'anecdote), un cocon confortable qu'on observe avec passion. La classe incarnée de Rock Hudson est effarante, son jeu délectable. En incarnant ce double personnage passionnant, d'un côté le tombeur de ces Dames, Brad Allen, et de l'autre, Rex Stetson, un homme raffiné et intelligent, il dévoile une palette de jeu savoureuse que l'alchimie avec l'excellente Doris Day ne vient que renforcer. Cette dernière, qui se destinait à une carrière de danseuse, est d'une vitalité déconcertante. Considérée comme la jeune fille bien sage d'Hollywood, elle devient, en un film, une femme sexuée, glamour et déterminée. Variation autour du thème du film réalisé par Ernst Lubitsch en 1940, RENDEZ-VOUS, porté par James Stewart et Margarat Sullivan, CONFIDENCES SUR L'OREILLER c'est un postulat simple de la comédie qui fonctionne parfaitement : deux personnes, qui se considèrent ennemies, aiment quelqu'un sans savoir que c'est leur propre ennemi. La

spécificité du film de Gordon c'est cette fameuse ligne téléphonique partagée, un système typique de l'époque. Très présente dans le premier quart d'heure, cette particularité du scénario met en scène des échanges particulièrement cocasses. Le scénario, d'ailleurs récompensé aux oscars, se mêle à la réalisation vivante et colorée. Une parenthèse enchantée, traversée de quelques fugaces instants datés (on pense à certaines descriptions de la femme, même si celles-ci sont traitées sur un ton comique), mais véritablement sincère dans sa démarche.  

Le film est un tel carton que le public en redemande. Peu reconnu de ce côté de l'Atlantique, il n'en reste pas moins un métrage à redécouvrir, fondateur d'une certaine nouveauté dans le genre. La sortie du coffret sous forme de trilogie romantique concocté par l'éditeur ELEPHANT FILMS, est une excellente idée. En effet, les deux partenaires (qui s'entendaient d'ailleurs à merveille) remettent ça deux ans plus tard dans UN PYJAMA POUR DEUX mis en scène par Delbert Mann puis NE M'ENVOYEZ PAS DE FLEURS en 1964, réalisé par Norman Jewison.   

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