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cinema fou

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Apocalypse 2024, Don Johnson et son chien en pleine survie

Publié le 10 Mai 2021 par Romain Jankowski in dossiers

Adapté d'une nouvelle écrite par Harlan Ellison publiée en 1969, le film réalisé par L.Q Jones se situe en pleine période Post-Apocalyptique, là où l'humanité a disparu et où les seuls êtres qui peuplent la Terre dévastée sont régis par leurs seuls besoins primitifs. 

Avec son univers fascinant qui fera des émules (on pense notamment à MAD MAX qui arrivera quatre ans plus tard), APOCALYPSE 2024 situe son personnage principal après une quatrième guerre mondiale qui fut fatale pour notre chère planète. Un préambule explicatif que l'on prend pour une voix-off nous raconte l'Histoire. Le procédé, connu, est trompeur puisqu'il s'agit finalement...d'un chien. En effet, la particularité de Vic (Don Johnson) est qu'il peut dialoguer avec l'animal, nommé Prof, doué de télépathie. Celui-ci est très intelligent et guide le jeune homme dans cette aventure périlleuse qu'est devenu le monde dans sa globalité. L'image est épurée, les notions de bien et de mal sont effacées tandis qu'on enlève la vie sans une once de remords. C'est dans cet univers sans âme que nous plonge Jones avec un savoir-faire indéniable. 

La relation qui unit l'homme et son chien façonne l'ensemble du récit qui se construit par rapport à leurs échanges. Vic avance continuellement, dans le simple but de trouver une femme et de satisfaire son envie sexuelle. Le chien, lui, a besoin de manger. L'un et l'autre se servent mutuellement. Quand Vic voit une femme ensanglantée, tuée par d'autres hommes, son visage exprime les regrets. Par un habile procédé, le cinéaste veut nous faire croire à la bonne conscience du personnage alors qu'il n'en est rien : il aurait tout simplement voulu abuser lui-même de cette femme ! Les actes se résument aux nécessités, les nécessités deviennent inaltérables et incontrôlables. 

Remplie d'images saisissantes, la mise en scène profite de son contexte pour mettre en évidence le talent de son interprète principal, Don Johnson. Seulement âgé de 25 ans à l'époque, l'acteur croit en son personnage et livre une prestation remarquable dans la peau de ce jeune homme qui découvre les maux que l'amour peut provoquer. Sa rencontre avec Quilla June Holmes (Susanne Benton) va changer son regard, mais pas sa méfiance. Que faire ? Se fier à elle et la suivre dans ce qu'on appelle le monde d'en bas ? Son dilemme

est représenté à l'écran par sa relation avec Prof. S'il part, il devra laisser son chien à la surface et s'enfoncer dans l'inconnu. Un inconnu qui ne semble pas plus agréable que celui dans lequel il vit. Ce que l'on va découvrir est finalement une allégorie du monde d'avant (le notre) où une poignée de dirigeants chapeaute les plans pour toute la communauté. Une autre forme de monde survivaliste, en somme. On peut regretter de ne pas en connaître davantage sur sur cet univers souterrain qui s'avère aussi angoissant que celui où règnent les "solos" et les "rovers". La fin, démente et cynique, se révèle aussi drôle qu'effrayante. 

En le recontextualisant, on s'aperçoit que ce film a inspiré de nombreuses oeuvres, de manière plus ou moins évidente. A une période où le cinéma américain de genre est plutôt pessimiste, APOCALYPSE 2024 s'inscrit dans ce mouvement avant que STAR WARS et RENCONTRES DU TROISIEME TYPE ne viennent changer la donne en ouvrant une perspective plus optimiste.  

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