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cinema fou

Critiques de films, news et rétro-cinéma

ALI, Will Smith dans la peau d'une légende

Publié le 30 Avril 2021 par Romain Jankowski in actus

Entamé un projet comme ALI relève presque d'une mission-suicide. Un cinéaste comme Michael Mann s'y est attelé avec toutes les problématiques qui vont avec. Pour Will Smith, ce rôle était une évidence, et il s'est glissé dans la peau de la légende Mohammed Ali avec une conviction évidente. C'est le boxeur lui-même qui avait poussé, à l'époque, l'acteur pour qu'il l'incarne à l'écran avec une petite punchline qui le représente bien : "Mec, tu es presque assez beau pour me représenter à l'écran.".

 

Les problèmes du genre

Le débat autour d'ALI n'est clairement pas centré sur Will Smith. Sa prestation est dense, intense et physiquement puissante. Il n'a pas hésité à prendre 20 kg de muscles pour incarner un boxeur pas comme les autres. Ce qu'il représente, la valeur immense de ce champion aux yeux d'une génération qui se cherche, le mythe qu'on lui voue est difficilement représentable à l'écran sans tomber dans l'hagiographie. Michael Mann résiste et parvient à montrer une personnalité forte, mais pas exempt de défauts. Vouloir retracer son histoire, c'est accepter des ellipses qui plombent le rythme du film. Les séquences s'étirent, d'autres ne prennent pas assez de place, et ALI de rejoindre ces biopics qui veulent beaucoup en dire dans l'espace trop restreint d'un film. 

 

 

Trop consensuel ? 

C'est ce qui a été reproché massivement au long-métrage mis en scène par Michael Mann. ALI est-il trop consensuel ? Oui et non. On aurait apprécié davantage de point de vue politique, mais, et c'est ce qui rejoint le premier point, l'histoire subit son format. En revanche, la rage de Smith et la mise en scène inventive du réalisateur ne formatent pas le film. Lorsqu'il traite le rapport du boxeur aux femmes de sa vie, il y a une véritable ambiguïté dans le propos, une incapacité du champion à allier vie professionnelle et vie personnelle. Loin d'être dans l'héroïsme, donc s'éloignant du carcan dessiné par Sylvester Stallone avec Rocky, ALI s'avère moins divertissant, mais souvent plus profond dans les (nombreuses) thématiques qu'il aborde. 

 

 

Un échec commercial 

Pourtant porté par la campagne menée par Will Smith et son entourage, notamment par rapport à l'Oscar (où il sera battu par un impérial Denzel Washington dans TRAINING DAY), ALI n'a pas réussi à fonctionner au box-office avec 87,6 millions de dollars de dollars de recettes mondiales pour un

budget imposant de 105 millions. Certains parlent de classique instantané, les fans du boxeur sont globalement ravis, mais la sauce ne prend pas avec le grand public malgré la présence de Smith. Si, aujourd'hui, la star a plus de mal à attirer les spectateurs sur son seul nom, ce n'était pas le cas en 2002. Il sortait des cartons successifs de BAD BOY, INDEPENDENCE DAY, MEN IN BLACK et ENNEMI D'ETAT. Coincé entre MEN IN BLACK 2 et BAD BOYS 2, deux immenses succès, ALI est un film bâti pour Smith et représente son véritable premier échec (WILD WILD WEST en est un, mais la situation est quelque peu différente). 

 

 

 

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