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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

BATMAN, QUAND LA CHAUVE-SOURIS TRAVERSE LES 90s

Publié le 13 Février 2021 par Romain Jankowski in analyses

Alors qu'on a évoqué la trilogie THE DARK KNIGHT avec un retour sur les trois films réalisés par Christopher Nolan, on revient cette fois sur deux épisodes reniés par les fans : BATMAN FOREVER et BATMAN & ROBIN réalisés tous les deux par Joel Schumacher en 1995 et 1997.

Après Tim Burton, la WARNER BROS pense à renouveler l'univers de l'homme chauve-souris en lui donnant un nouvel élan et un nouvel acteur. Exit le Gotham gothique du créateur de BEETLEJUICE, ses personnages bariolés et ses déviances visuelles parfois difficilement compatibles avec le grand public. On peut penser ce qu'on veut de BATMAN et BATMAN, LE DEFI, les deux films sont portés par la vision d'un cinéaste de l'étrange qui n'hésite pas à appliquer ses propres principes dans un blockbuster conçu pour plaire au plus grand nombre. En 1989, pour un budget de 35 millions de dollars, le film en rapporte 413,1 millions dans le monde entier. A une époque où les super-héros ne sont pas à la mode, c'est une sacrée performance malgré la division du public qui se sépare en deux camps, certains n'appréciant pas forcément les partis pris loufoques de Burton...qui seront encore renforcés dans le "freaks show" BATMAN LE DEFI. Métaphorique, ode à ces outsiders venant littéralement des bas-fonds, sexualisation omniprésente, voilà bien un blockbuster qu'on ne pourrait plus voir sur les écrans aujourd'hui. Avec un budget de 80 millions, le succès est bien moindre puisque LE DEFI rapportera 266,8 millions de dollars. Il est donc temps pour la WARNER de reprendre les choses en mains...

Quatre ans plus tard, dans une veine bien plus consensuelle, le studio engage

Joel Schumacher pour renvoyer Batman sur le devant de la scène. Exit Michael Keaton dans le rôle de Bruce Wayne (dont le traitement du personnage par le nouveau cinéaste engagé ne lui plaît guère), c'est Val Kilmer qui reprendra le masque. Propulsé sur les devants de la scène avec TOP GUN, l'acteur sera bien entouré puisque Jim Carrey, Nicole Kidman et Tommy Lee Jones compléteront le casting. Schumacher a ses intentions et elles sont claires : éviter la noirceur initiée par Burton pour revenir à un univers plus cartoonesque et coloré afin de satisfaire le plus grand nombre. Chris O'Donnell est ensuite recruter pour interpréter Robin, le coéquipier de Batman. 

Vingt-cinq ans plus tard, BATMAN FOREVER est toujours ce gentil nanar dont l'imagerie très marquée 90s a bien veilli. Les interprétations folles de Jim Carrey et Tommy Lee Jones (qui font un peu n'importe quoi, il faut le dire) offrent ses meilleurs moments à un film qui manque cruellement de rythme. Bruce Wayne est toujours sous-traité, à l'instar des films de Burton où le protagoniste est régulièrement relégué au second plan. La froideur du jeu de Kilmer n'aide pas tandis que la relation entre Wayne et le docteur Chase (Kidman) est loin d'être satisfaisante. La saga BATMAN a pris un virage à 180 degrés qui attirera les spectateurs de l'époque. Avec son énorme budget de 100 millions (dont une bonne partie est réservée au casting), BATMAN FOREVER amasse 336,5 millions de dollars, mais récolte de très mauvaises critiques côté presse. En revanche, le grand public apprécie ce spectacle plus léger que ses prédécesseurs. Jusque l'inévitable chute. 

Bien sûr, pour beaucoup, cela semble impensable que ce troisième film ait été apprécié alors que l'univers très sombre de Batman s'avère totalement inexistant. Aujourd'hui moqué, BATMAN FOREVER n'est certainement pas pire que sa suite intitulée BATMAN & ROBIN. Cette fois, c'est la farce de trop. Une nouvelle fois, le casting est haut de gamme avec un nouvel acteur dans la peau de Bruce Wayne après le départ de Kilmer : George Clooney. Pas encore la star que l'on connaît, le comédien accepte ce job très bien payé malgré le désastre que constitue déjà le scénario (écrit par Akiva Goldsman, capable du meilleur comme du pire). Même Joël Schumacher a rapidement compris que l'ensemble ne fonctionnerait pas. Faisant fi des problèmes, la Warner sort le chéquier pour

attirer Uma Thurman et surtout Arnold Schwarzenegger qui jouera un Mister Freeze potentiellement passionnant, mais qui se révélera complètement à côté de la plaque. 

BATMAN & ROBIN est l'histoire d'un désastre qui résume ce qu'il y a de pire à Hollywood. Noyé sous une tonne d'idées bêtes, c'est un ratage absolu qu'il est rigolo de visionner en 2020. Dès le départ, rien ne va, que ce soit la scène d'action extrêmement mal montée (et qui s'achève en mode skysurf ridicule), un Schwarzy cabotin ou encore ces jeux de mots épuisants qui s'enchaînent toutes les trente secondes et dont on vous donne quelques exemples juste pour le fun : "Hey, Freeze, alors ça chauffe ?", "Tu perds ton sang-froid Freeze !" et un petit dernier pour la route : "Ne compte pas me mettre au frais !". Le reste du film souffre également en en rajoutant lamentablement dans le larmoyant déplacé (la mort d'Alfred) et subissant le jeu d'acteur très approximatif (Clooney est vraiment à côté de la plaque). En désirant insérer Batman dans plus de légèreté, les producteurs en ont oublié la qualité. Ce qui ne pardonne pas. Sorti au coeur de l'été 1997, BATMAN & ROBIN ne rapporte que 237,2 millions de dollars pour un budget de 110 millions, ce qui en fait le film le moins rentable de la franchise. De plus, il sera égratigné par la presse et le public qui descend en flèche cette nouvelle séquelle. Il faudra ensuite attendre huit ans pour que l'homme chauve-souris soit réhabilité par un certain Christopher Nolan avec BATMAN BEGINS. Ou le commencement d'une nouvelle ère. 

 

BATMAN, QUAND LA CHAUVE-SOURIS TRAVERSE LES 90s
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