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cinema fou

Critiques de films, news et rétro-cinéma

BILAN ANNUEL : LE TOP 10 DE 2020

Publié le 17 Janvier 2021 par Romain Jankowski in les tops

Certes, l'année 2020 a été secouée par la terrible crise sanitaire mondiale qui aura réussi à tout bousculer y compris la culture et le cinéma dans son entier. Néanmoins, quelques très bons films sont sortis, en salles ou en streaming (les plateformes ont été les grandes gagnantes de cette situation). C'est parti pour le top annuel un peu singulier puisque raccourci et faisant partie d'une année particulière...

 

10. CLOUDS de Justin Baldoni

Voici bien une première production originale Disney+ qui tranche avec le reste du catalogue. Poignante, vraie, sincère, CLOUDS est une oeuvre d'une simplicité désarmante, oscillant entre le drame et la chronique d'une adolescence brisée par la maladie. Un moment fort à la conscience éveillée. D'ailleurs, le film mis en scène par Justin Baldoni (qui avait déjà frappé juste

avec A DEUX METRES DE TOI) ne se complaît pas dans l'étalage binaire de la situation. Dès l'introduction, on suit Zach Sobiech (le très convaincant Fin Argus dans son premier grand rôle) entrer dans les coulisses d'un spectacle scolaire. L'essentiel est déjà là, l'adolescent étant partagé entre sa meilleure amie, son âme soeur et la musique. Une belle note d'intention qui tient sur la longueur et permet à CLOUDS de toucher le spectateur sans rajouter de mièvrerie malvenue.

 

9. EN AVANT de Dan Scanlon 

Oui, les deux Pixar de 2020 sont dans le classement. Retour en force du studio qui revient aux projets originaux dont cette histoire de deux frères parties en road-trip magique pour ressusciter leur père l'espace d'un jour. Peu attirant sur le papier, le film est d'une beauté sidérante qui joue la carte de la légèreté pour mieux exposer son véritable coeur dans un dernier quart d'heure saisissant. En renouant avec la magie du passé, le studio reprend les rênes de son futur et décide de repartir vers une nouvelle route. On a hâte de la traverser !

 

8. LA VOIE DE LA JUSTICE de Destin Daniel Cretton

Sans en rajouter dans la mise en scène, Destin Cretton (STATES OF GRACE) retrace cette incroyable histoire (qui en mêle d'autres) par le biais d'une émotion diffuse qui se propage tout au long d'un film qui se suit le poing serré et la gorge nouée. On est rapidement touché par l'injustice qui frappe ces hommes culpabilisés sans raison, si ce n'est à cause de la couleur de leur peau. Difficile de relater chaque obstacle qui se dresse devant le jeune avocat dans un condensé de deux heures, mais le scénario est assez fourni pour qu'on devine l'intense combat de cet homme qui ne se bat pas seulement pour la liberté d'innocents, mais également pour une justice équitable. Michael B.Jordan et Jamie Foxx y sont impressionnants de conviction.

 

7. THE GENTLEMEN de Guy Ritchie

Emmené par un Matthew McConaughey au sommet de son art dans le rôle du caïd vieillissant à qui on veut la faire à l'envers, toute cette joyeuse troupe de "gentlemen" déroule des situations aussi drôles qu'ironiques, chaque protagoniste faisant preuve d'une idiotie impardonnable. Ce qui offre une avalanche d'idées retors qui s'apprécient avec un plaisir jubilatoire. THE GENTLEMEN rappelle à quel point Guy Ritchie n'a pas son pareil pour plonger

dans les bas-fonds de la criminalité et en ressortir toutes les déviances et les magouilles.

 

6. LE CAS RICHARD JEWELL de Clint Eastwood

En une poignée de séquences merveilleuses, Clint Eastwood prouve une nouvelle fois la capacité de son cinéma à embrasser le classicisme pour atteindre un niveau émotionnel universel. A ce titre, l'identification à Richard Jewell (formidable Paul Walter Hauser) se fait avec une facilité déconcertante où son sens de l'observation et de l'empathie sont directement mis en avant. Dès lors, Eastwood déroule son montage à l'instar d'une machine devenue incontrôlable. Faisant rapidement grimper la tension, le film ne se perd jamais en longueur et parvient à prendre son temps tout en considérant que la vie s'accélère pour son héros. Le regard de ce dernier, perdu face à tant d'injustice, crève littéralement l'écran si bien que l'on ressent une émotion diffuse qui serre la gorge.

 

5. LES SEPT DE CHICAGO d'Aaron Sorkin

Dès l'introduction, le ton est donné, le trait est forcé : sur la base d'images d'archives mélangées à la présentation furtive des protagonistes, le compositeur Daniel Pemberton appose une musique à la tonalité inverse des drames que l'on visionne, imposant une ironie provocatrice désarmante. Durant plus de deux heures, LES SEPT DE CHICAGO est construit comme une mise en scène, celle opérée par une justice déjà acquise à la condamnation et qui convoque les protagonistes pour leur faire payer les actes de révolution qu'ils ont opérés. Derrière cette mécanique, Aaron Sorkin cherche l'empathie du spectateur envers ces hommes (remarquablement incarnés par un casting haut de gamme) qui se battent pour leurs amis partis à la guerre du Vietnam, mais également en faveur des libertés que le mot démocratie implique. 

 

4. LE DIABLE, TOUT LE TEMPS d'Antonio Campos

Connu pour quelques petits indépendants bien fichus (comme AFTERSCHOOL avec Ezra Miller), Antonio Campos prend un sacré virage avec son nouveau film conçu pour Netflix. Celui-ci casse littéralement l'uniformité des longs-métrages de la plateforme avec une photographie soignée, un récit thématique développé sur plusieurs points de vues et une ambiance (très) ténébreuse. Pourtant, il ne faut pas juger le film par rapport à la faiblesse générale des productions Netflix. Etayant son propos sur des récits entremêlés, LE DIABLE,

TOUT LE TEMPS dresse un tableau noir des pulsions humaines, ces dernières étant guidées par une croyance monstrueuse menant aux pires atrocités. Pour parvenir à retranscrire cet enfer sur Terre, Campos utilise un visuel brut et se concentre sur les visages pour capter une dernière once d'humanité. Il fallait forcément d'excellents acteurs pour porter ce poids de la violence qui contamine les quatre coins de l'écran et ceux-ci sont parfaits : Tom Holland est le plus impressionnant mais les performances de Robert Pattinson (dont le regard, pervers et vicieux, épouse avec force toute la noirceur de son personnage), Jason Clarke (parfait dans un rôle de fanatique vivant sa foi à travers la mort) et Riley Keough (dans un personnage de repenti hanté par ses actes) sont également à souligner.

 

3. SOUL de Pete Docter 

Deuxième Pixar de 2020 sorti directement sur Disney+. SOUL se vit, se ressent, s'admire. Passionnant sur la forme, il est terrassant dans le fond. Rempli de leçons de vie, il n'est pourtant jamais moralisateur. Un numéro d'équilibriste inouÏ qui s'est pratiquement transformé en habitude pour le studio et le génial Pete Docter, réalisateur du film. On peut chipoter sur une fin un poil abrupte, mais on en ressort les larmes aux yeux et l'esprit libéré comme si tout ce chemin parcouru avec Joe et son acolyte (savoureuse 22, une âme réticente à descendre sur Terre) était un peu le notre. Dans notre folle envie que tous nos projets aboutissent, dans ce besoin de reconnaissance qui nous anime ou encore dans cette fixation que l'on porte à un but bien précis, on en oublie forcément les éléments les plus essentiels de l'existence. Et en cette année particulière, on se dit que SOUL est arrivé à point nommé. 

 

2. TENET de Christopher Nolan

Un film de Christopher Nolan n'est jamais comme tous les autres, mais aucune de ses oeuvres n'a autant suscité la division. Il faut dire que TENET est un sacré fragment qu'il convient de voir et revoir pour en saisir tous les tenants et aboutissants. Pas exempt de défauts, mais rempli d'idées faramineuses, le scénario est exceptionnel en parvenant à questionner tout ce qu'on voit à l'écran afin de mieux le déconstruire. Trop explicatif parfois, impressionnant souvent, TENET est un labyrinthe tonitruant, presque expérimental. La force des grands cinéastes est de toujours se remettre en question pour proposer des films qui vont toujours plus loin. L'adage même de Christopher Nolan.

 

1. 1917 de Sam Mendes

Rien n'aura été plus impressionnant en 2020. Un film de l'ancien monde désormais que l'on a découvert avant l'arrivée de la Covid dans nos contrées. Au-delà de ce contexte, Sam Mendes a proposé un morceau de cinéma total à l'aide d'un plan-séquence faramineux qui nous a fait vivre un moment rare et inoubliable. Aidé par la photographie du génie Roger Deakins, le cinéaste peut se permettre des plans d'une grande beauté, mais également mettre véritablement en scène la guerre dans sa nature la plus brute. Les décors sont ainsi reproduits avec soin, tout autant que l'ambiance générale faite de silences, de bruits lointains ou alors d'explosions sonores assourdissantes. Le principe d'immersion est proprement stupéfiant et le procédé (suivre les personnages en temps réel) s'avère franchement réussi. Bonne nouvelle, l'impact reste conséquent (même si moindre, forcément) dans les salons !

BILAN ANNUEL : LE TOP 10 DE 2020
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