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cinema fou

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de 7. KOGUSTAKI MUCIZE

Publié le 4 Avril 2020 par Romain Jankowski in critiques

Film turc sorti de nulle part, 7. KOGUSTAKI MUCIZE est le succès surprise de Netflix en tête des visionnages France. La plateforme ne s'attendait pas à un tel buzz, mais cette histoire a réussi à toucher le public avec le parcours du combattant que subit le personnage principal, un homme atteint d'un handicap mental, accusé à tort du meurtre d'une petite fille. 

Se plaçant dans un contexte qu'on peut qualifier d'universel (le régime autoritaire turc n'est que rarement montré), ce remake d'un film coréen tend vers l'émotion absolue délaissant rapidement toute sorte d'ambition visuelle pour ne toucher que l'humain. On peut facilement expliquer le succès du film avec la situation actuelle, mais il faut reconnaître que la structure narrative de l'ensemble ne recherche que l'émotion sans véhiculer véritablement de message. Deux camps s'opposent dès lors : la critique reçoit le film tièdement rejetant sa facilité cinématographique à coup de musique envahissante et de bons sentiments dégoulinants. Le public lui est touché en plein coeur, faisant fi de ces facilités. 

Alors le cinéphile que je suis est confronté à plusieurs pistes qui mènent dans différentes directions. Tire-larmes ? Au contraire, poignant ? Surdose de bons sentiments ? Humanité désarmante ? Ce qu'on peut dire c'est que les avis semblent souvent excessifs à l'instar de cette comparaison incessante avec LA LIGNE VERTE. Soyons clairs, les deux films ne jouent pas dans la même cour. Malgré tout, 7. KOGUSTAKI MUCIZE aborde son histoire avec le coeur et parvient à facilement toucher grâce à quelques séquences poignantes. L'injustice que subit le protagoniste n'est pas un argument de suspense et se dévoile au public en temps réel. En un seul choix déterminant, le cinéaste montre rapidement son ambition. Pas question ici d'une enquête ou d'une quelconque ambiguïté, Memo est une victime attachante qui doit être sauvée. Ses acolytes de cellule, d'abord réticents, vont ensuite changer d'avis à son sujet. Un raccourci scénaristique parmi d'autres (qu'on ne dévoilera pas ici). En revanche, le jeu des comédiens fonctionne notamment celui de l'impressionnant Aras Bulut Iynemli, percutant dans son interprétation d'un père isolé d'un monde qu'il ne comprend pas. Les séquences avec la jeune Nisa Sofiya Aksongur, qui interprète sa fille, sont souvent poignantes.

Délaissé de tout cynisme et étant par conséquent un pur objet mélo, 7. KOGUSTAKI MUCIZE est un film hors du temps, au charme un peu désuet, mais qui fonctionne grâce à une mécanique parfaitement huilée. 

 

AVIS GLOBAL : Un film touchant qui vaut pour le jeu de ses comédiens et quelques séquences très émouvantes. On regrette les nombreuses facilités du scénario, mais l'ambition ne tend qu'à une certaine universalité de l'émotion. Dans ce sens, ce remake touche sa cible.

NOTE : 13 / 20

 

7. KOGUSTAKI MUCIZE  2h12

Disponible sur NETFLIX.

Un film réalisé par Mehmet Ada Oztekin

Avec Aras Bulut Iynemli, Sofiya Aksongur, Yurdaer Okur, Ilker Aksum.

critique de 7. KOGUSTAKI MUCIZE
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