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cinema fou

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de LA BELLE EPOQUE

Publié le 10 Novembre 2019 par Romain Jankowski in critiques

Victor (Daniel Auteuil) est un sexagénaire qui voit sa vie bouleversée le jour où Antoine (Guillaume Canet), un mec un peu paumé émotionnellement, mais plutôt ingénieux professionnellement, lui propose de revivre le passé qu'il choisit grâce à une mise en scène réaliste. Antoine désire revenir à ce jour où il rencontra sa femme...

Avec son postulat de base, LA BELLE EPOQUE est directement attrayant : une machine à remonter dans le temps qui n'en est pas une. L'introduction, légère, directe, précise, drôle résume à elle seule le concept très bien exploité par le réalisateur, Nicolas Bedos (qui aura la lourde tâche de mettre en scène l' attendu OSS 117 numéro 3). Un premier tiers dément où se mélange la réalité, la fiction et une part de comédie qui emmènent directement le spectateur dans cette mise en abîme réflexive (à quel point peut-on remonter le passé ? Jusqu'où peut-on aller émotionnellement pour revivre une partie de sa vie grâce à la mise en scène ?). On aurait pu avoir peur que cette entame ne soit qu'un feu de paille et, qu'une fois la bonne idée exploitée, il ne reste plus qu'une nostalgie lourde de la part du cinéaste. 

On s'attache alors à un Antoine immédiatement attachant grâce, évidemment, au charisme exceptionnel de Daniel Auteuil, l'un des meilleurs acteurs français en activité. Son sens de la comédie alliée à cette lueur dans les yeux qui contamine chaque plan (il faut le voir lentement s'immerger dans ce décor et retomber amoureux d'une femme, d'une époque). Aussi triste que profondément évocateur, son visage transmet chaque émotion sans en faire trop et nous permet de comprendre en une fraction de seconde ce qui lie ce personnage à cette époque et à la femme de sa vie. La séquence de départ est fabuleuse, Bedos ayant aussi la bonne idée de ne pas jouer la carte de la nostalgie grasse (comme ce court passage où, à défaut de téléphone, l'homme est immergé dans son journal sans faire attention à ce que dit Antoine) mais d'offrir au personnage principal un semblant de bonheur dans une existence qu'il l'ennuie. 

Certes, LA BELLE EPOQUE aurait pu aller encore plus loin dans son concept (et peut-être éviter de revenir dans la réalité, ce qui aurait immergé un peu plus le spectateur dans l'ambiance du conte jusqu'au bout). Néanmoins, le parallèle avec sa femme (touchante Fanny Ardent) révèle d'une intéressante perspective sur l'attachement qui peut unir deux personnes (même si l'histoire de la tromperie reste classique). 

Vivante, lumineuse et soignée, la réalisation de Nicolas Bedos est très réussie, jouant à merveille des contrastes entre les années 70 reconstituées (belle idée que ces changements de lumière constants qui donnent cette impression qu'on est en direct sur le tournage d'un film) et le présent aux couleurs plus froides, deux caractéristiques qui correspondent au ressenti d'Antoine. Se terminant par une très belle scène, LA BELLE EPOQUE est une réussite qui donne envie d'aimer et de sourire à un présent qui, même s'il ne correspond pas à nos agréables souvenirs de jeunesse, peut se révéler bénéfique pour vivre d'intenses émotions. 

 

AVIS GLOBAL : Avec un immense Daniel Auteuil, LA BELLE EPOQUE use de son concept pour nous offrir une expérience émotionnelle très forte sur l'attachement que l'on peut avoir à nos souvenirs et comment ces derniers se transforment avec le temps. 

NOTE : 15 / 20

 

LA BELLE EPOQUE   1h55

Un film réalisé par Nicolas Bedos

Avec Daniel Auteuil, Guillaume Canet, Doria Tillier, Fanny Ardant.

 

critique de LA BELLE EPOQUE
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