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cinema fou

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de ALITA, BATTLE ANGEL

Publié le 12 Février 2019 par Romain Jankowski in critiques

L'ambitieuse adaptation du manga GUNNM a bien failli être une arlésienne durant encore quelques années si James Cameron n'avait pas proposé à Robert Rodriguez de la réaliser. Avec son univers riche, le manga de Yukito Kishiro est une véritable gageure à mettre en scène et il fallait les épaules solides pour autant satisfaire les fans que le grand public. 

Avec ses 200 millions de dollars de budget, ALITA est une oeuvre qui se donne les moyens d'être crédible. Repêchée par le docteur Ido (Christoph Waltz) dans la décharge, Alita va être "réparée" par ce dernier. Peu à peu sa mémoire va lui revenir pour qu'elle accomplisse son destin. La première grande réussite du film reste son héroïne. L'actrice Rosa Salazar prête ses traits au cyborg entièrement numérisé par la suite. Plus fort que du motion capture, cette nouvelle technologie est scotchante de réalisme notamment dans l'expressivité du visage qui possède des nuances bluffantes. La profondeur du regard et la fluidité des mouvements corporels ouvrent de nouvelles perspectives en ce qui concerne les personnages numériques. Au-delà de cet aspect purement visuel, Alita est une vraie battante, magnifiquement caractérisée, et très touchante dans sa manière de découvrir le monde. Elle est assurément le poumon du film qui déroule une trame assez classique réservant quelques morceaux de bravoure impressionnants. 

Résumer ALITA en un film de deux heures était un gros défi que même Cameron n'avait pas réussi à réaliser (son scénario courait sur 180 pages). Robert Rodriguez a tenté des raccourcis et offre une dynamique appréciable au récit tout en étant contraint d'accélérer trop d'événements. En résulte une dernière demi-heure confuse et une écriture un peu archétypale concernant certains personnages. Malgré tout, impossible de ne pas prendre du plaisir devant ce nouvel univers. Avec sa 3D soignée (fait assez rare pour être souligné...), le film regorge de séquences virevoltantes et n'exclut pas une certaine violence propre aux mangas. Ainsi, il y a des têtes coupées, des corps tranchés qui finissent en pièce et même des morts brutales. Que ceux qui craignaient une édulcoration se rassurent, Rodriguez a bien retranscrit la férocité émanant des écrits de Kishiro. La séquence du motorball, ce sport musclé d'Iron City, est aussi éblouissante que parfaitement lisible, aidée par un découpage remarquable (comme toutes les scènes d'action d'ailleurs). On retiendra aussi une jouissive bagarre dans un bar qui montre toute la détermination d'Alita. 

En tenant ses promesses, ALITA BATTLE ANGEL est un beau spectacle porté par une héroïne véritablement sensationnelle. On peut pointer du doigt le classicisme du scénario et cette fin abrupte, mais force est de constater que le pari est relevé haut la main par Rodriguez. 

 

AVIS GLOBAL : ALITA est un grand spectacle traversé par des morceaux de bravoure ébouriffants. Il est surtout porté par une héroïne aussi attachante que féroce, malgré une histoire un peu prévisible. 

NOTE : 14 / 20

 

ALITA, BATTLE ANGEL  2h02

Un film réalisé par Robert Rodriguez

Avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Ed Skrein, Mahershala Ali. 

critique de ALITA, BATTLE ANGEL
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