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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LA 3D AU CINEMA, DEJA LA FIN ?

Publié le 13 Novembre 2017 par Romain Jankowski in analyses

Non, la 3D n'a pas démarré avec AVATAR. Au milieu des années 30, cette technologie en relief est déjà expérimentée par les cinéastes sous la forme d'un remake de L'ARRIVEE D'UN TRAIN EN GARE DE LA CIOTAT, l'un des premiers films réalisés par les frères Lumière. Quoi de plus logique quand on sait que les spectateurs, en 1895, s'étaient cachés derrière les fauteuils de peur que le train les percute !

Il faudra cependant attendre le début des années 50 pour que l'industrie hollywoodienne se mette à produire des films avec le dispositif stéréoscopique. A l'époque, il s'agit seulement de damer le pion à une télévision américaine en pleine expansion et qui fait chuter les entrées en salles. Avec ces premiers films en relief, l'industrie compte bien relancer l'intérêt de la population pour qu'elle se déplace de nouveau au cinéma. Ainsi, L'HOMME AU MASQUE DE FER d'André de Toth, L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR de Jack Arnold ou encore LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT d'Alfred Hitchcock, ont donc eu les honneurs d'une projection 3D. 

Régulièrement, quelques (rares) films sortiront en 3D dans les salles jusque 2009 où le numérique permet un nouvel accroissement de cette technologie. Chaque phénomène commence par un grand succès, une vague révolutionnaire qui va contaminer l'ensemble de l'industrie. AVATAR et ses 2,7 milliards de recettes mondiales lanceront donc une passion démesurée qui modifiera considérablement le septième art. Pour le meilleur et pour le pire. Des films déjà tournés en 2D vont donc être transformés en toute hâte en 3D et devenir désagréable à regarder car mal maîtrisés. Le relief se travaille, il faut penser sa mise en scène dans ce sens. L'exemple le plus frappant est celui du CHOC DES TITANS, sorti en avril 2010 et transformé en bouillie par une 3D catastrophique. Les autres suivront, affamés par ce que la 3D offre de revenus (l'inflation des tickets avec les suppléments 3D enflent considérablement les recettes de films) et cherchant à profiter au maximum du phénomène. 

Mais les signaux ont commencé à virer au rouge. Plusieurs protagonistes hollywoodiens avaient tiré la sonnette d'alarme dont Jeffrey Katzenberg, co-fondateur de DREAMWORKS avec Steven Spielberg. Il avait prévenu que la 3D devait rester un événement sans quoi le spectateur finirait par se lasser. Les problèmes du relief sont multiples et forcément tous liés : payer un supplément pour une technologie souvent inconfortable et inutile qui n'apporte absolument rien au film, c'est le constat des spectateurs. Depuis 2009, combien de films ont réussi leur 3D ? Seul GRAVITY peut se targuer d'avoir véritablement marquer les cinéphiles par l'incroyable densité de son relief. Ridley Scott sur SEUL SUR MARS aura aussi tenté des choses. 

Devenu uniquement commercial aujourd'hui, la 3D ne semble plus être un outil artistique. Même le secteur de la télévision l'a laissée tomber au profit d'une autre technologie, celle de la 4K. Il faut dire que le port de lunettes et l'incapacité des programmateurs à maîtriser le relief (par conséquence proposer des programmes dans ce format) ont forcément achevé une quelconque évolution. Au cinéma, plusieurs blockbusters ont commencé à faire l'impasse sur ce système et les distributeurs ne sont plus aussi exigeants qu'au commencement (où ils ne désiraient qu'un nombre minimum de séances 2D). Totalement lassés, les spectateurs ne sont plus dupes et savent pertinemment que le relief est une technologie inutile. La VR, le 4K, le laser l'ont déjà remplacée. Avant une renaissance ? 

LA 3D AU CINEMA, DEJA LA FIN ?
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