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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

KING KONG, UN VRAI ROI DU CINEMA

Publié le 10 Avril 2021 par Romain Jankowski in dossiers

King Kong a connu beaucoup d'apparitions à l'écran. L'auteur de ces lignes s'est donc concentré sur les quatre relectures officielles du monstre le plus célèbre du cinéma, réalisées à quatre époques différentes : 1933, 1976, 2005 et 2017.

Parlons plutôt de la version originale, celle qui a marqué l'Histoire évidemment. On est en 1933 et le cinéma américain est prêt à entrer dans une nouvelle dimension, celle du film universel, de la puissance de l'image et du son. Certains pourraient en rire aujourd'hui en voyant ces marionnettes s'affronter, mais rappelons aux moqueurs que le film a 87 ans ! Les prouesses de l'époque restent formidables et la magnifique histoire d'amour entre Kong et la sublime Fay Wray fait encore frémir les amoureux du cinéma. Cette réalisation de Merian C.Cooper et Ernest Schoedsack reste un monument, un pilier du film à grand spectacle. Une véritable révolution qui n'est pas seulement une impression, mais une réalité : il y a eu un avant et un après KING KONG. C'est ici que le mythe de la belle et la bête trouve son plus bel écho dans un récit épique et des trucages encore jamais vus. C'est ainsi que Peter Jackson l'a considéré et qui lui a rendu le plus beau des hommages. 

En 1976, la version de John Guillermin souffre de trop de défauts malgré l'impressionnant monstre concocté par Carlo Rambaldi, mais que l'on ne voit

que trop peu (une minute à l'écran, elle a été jugée peu convaincante, mais a coûté 1,7 million de dollars...). Cependant, le scénario ne respecte pas la mythologie originale, d'autant que la relation entre la belle et la bête est d'une ineptie totale. La renaissance du monstre le plus puissant du cinéma américain a crée l'événement et fut un véritable carton (plus de 4 millions d'entrées en France, 80 millions de dollars de recettes, un montant important pour l'époque). Fabriqué uniquement pour des raisons pécuniaires, le film est une grande déception pour le public et les critiques, mais accouchera tout de même d'une suite catastrophique intitulée KING KONG II quelques années plus tard...

Il faudra ensuite attendre 2005 pour un nouveau film à l'ambition démesurée. Peter Jackson a neuf ans quand il regarde KING KONG pour la première fois lorsque celui-ci a été diffusé sur sa télévision familiale en Nouvelle-Zélande. Le choc est immédiat, la décision prise : il sera cinéaste et réalisera sa propre version. Des décennies plus tard, après avoir réalisé l'une des plus grandes trilogies de tous les temps (LE SEIGNEUR DES ANNEAUX), il réalisera son rêve. Trois heures de bobines, 207 millions de dollars de budget, de toutes nouvelles technologies pour animer Kong, une démesure dans chaque décor (superbe New-York reconstitué) pour un film-monstre, gigantesque, mémorable. Plus qu'un hommage (qu'il est, indiscutablement), c'est une réappropriation du mythe qu'opère Jackson. A tous les étages, à chaque minute, à chaque plan, il y a un souffle romanesque, un esprit d'aventure totale, une déclaration d'amour au septième art. On y parle de la folie d'un artiste raté (Carl Dunham) et du besoin de l'Homme de détruire la nature tout en se croyant au-dessus d'elle. Peter Jackson prend un malin plaisir à filmer le déchaînement de Kong lors du spectacle à New-York devant cette foule peuplée de riches et de vaniteux. On apprécie les métaphores, mais également la relation entre la bête et Ann Darrow, magnifique Naomi Watts. Il faut dire que les personnages sont bien travaillés, tous ayant un intérêt dans cette aventure. Et puis, en terme de spectaculaire, le cinéaste n'a pas d'égal : une charge de brontosaures monstrueuse, un combat avec des chauves-souris géantes, un affrontement entre les hommes de main et des insectes surdimensionnés absolument dégoûtants (on ressent clairement l'influence des premiers films du néo-zélandais), la folie furieuse de Kong dans un New-York des années 30 magnifiquement détaillé et, surtout, un combat titanesque entre le gorille géant et trois tyrannosaures. Un morceau de bravoure monumental de près d'un quart d'heure où la magie du cinéma s'opère aux quatre coins de l'écran.  

Pour finir, en 2017 sort KONG SKULL ISLAND réalisé par Jordan Vogt-Roberts. Une nouvelle relecture du mythe avec un monstre d'une grandeur étonnante : plus de 30 mètres alors que la version de 1933 atteignait 15 mètres, celle de 1976, 13 mètres et celle de Jackson 7 mètres ! Un choix qui s'impose pour coller à l'immensité de son acolyte GODZILLA qu'il doit affronter dans un crossover épique l'année prochaine. S'appuyant (beaucoup) sur l'imagerie du film de Francis Ford Coppola, APOCALYPSE NOW, Vogt-Roberts décide de sortir l'artillerie lourde et s'amuse à tout détruire à l'aide de quelques choix de mise en scène audacieux. Malheureusement, on perd l'empathie qu'on peut ressentir pour Kong tandis que la poésie inhérente au mythe est totalement absente ici. KONG SKULL ISLAND est un film de son époque, incapable d'être trop sérieux (toujours ce second degrés qui devient épuisant), campé par des personnages sans aucune substance et servant presque de transition pour amener au grand affrontement entre Kong et Godzilla. Malgré tout, il faut reconnaître que c'est un beau spectacle et que la photographie est bien travaillée. 

KING KONG, UN VRAI ROI DU CINEMA
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