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cinema fou

Critiques de films, news et rétro-cinéma

GRANDES SAGAS ET TRILOGIES : HUNGER GAMES

Publié le 18 Novembre 2015 par Romain Jankowski in Grandes sagas et trilogies

Imaginée par Suzanne Collins, auteure des trois bouquins, et adapté au cinéma par LIONSGATE, HUNGER GAMES aura été une saga marquante au cinéma, qualitativement, fondamentalement et, également, quantitativement. Elle aura aussi permis, et ce n'est pas rien, de féminiser le héros de saga, régulièrement donné à des hommes. Katniss Everdeen est l'antithèse de Bella Swann (TWILIGHT), une fille qui n'a pas besoin d'un garçon pour survivre, à la fois forte avec ses faiblesses et ses troubles. Elle est une figure de la révolution superbement campée par Jennifer Lawrence, une rebelle au quotidien. Pour son achèvement, revenons sur les trois premiers volets qui aura prouvé qu'une saga "young adult" pouvait également être intelligente.

 

HUNGER GAMES (2012) de Gary Ross

Alors qu'on sort tout juste de TWILIGHT et de ses dérivés soporifiques (SUBLIMES CREATURES, VAMPIRE ACADEMY), LIONSGATE se décide à sortir HUNGER GAMES, une histoire d'oppression et de totalitarisme sous couvert d'un terrible reflet de la télé-réalité moderne. En effet, sont organisés tous les ans des "jeux de la faim" soit 24 jeunes personnes (2 par district) pour un combat à mort. A la fin, il n'en restera qu'un. On pense alors tout de suite à BATTLE ROYALE avec le même pitch et les mêmes jeux. Cependant, l'approche de Gary Ross, le réalisateur, est bien différente. HUNGER GAMES n'est pas dans la violence insoutenable comme son homologue japonais. Il s'intéresse à l'univers de Panem (un USA post-apo), sa misère, sa dictature dirigée par le président Snow (génial Donald Sutherland). Et puis à Katniss Everdeen, cette jeune femme dont la soeur sera choisie par le Capitole pour participer aux jeux. Et qui se portera volontaire. Là est le point de départ d'un épisode fondateur avec pléthores de personnages attachants (Haymitch, Gale, Effie, Cinna, Peeta) et d'enjeux qui seront le coeur de la saga par la suite. La découverte également d'un monde dominé par l'image, une idée qui s'accentuera dans les autres épisodes. Pour l'heure, ce premier opus est dédié aux terribles jeux, les seuls que l'on verra vraiment. Malgré une caméra aux mouvements bien trop accentués (la saga doit être vue par le plus grand nombre, pas question de montrer les massacres), le film n'est jamais meilleur lorsqu'il se pose sur des regards, des moments d'humanité comme l'amitié entre Katniss et la petite Rue. Ainsi, le jeu est bien organisé entre ses pauses et ses accélérations. Il se finira dans une confusion palpable, au moment où Katniss et Peeta sont désignés vainqueurs. Ce geste marque le début d'une révolution imminente.

 

HUNGER GAMES 2, L'EMBRASEMENT (2013) de Francis Lawrence

Changement de cinéaste, changement d'échelle, changement de statut. Avec 691 millions de dollars de recettes (dont 400 aux USA, énorme phénomène là-bas), L'EMBRASEMENT a désormais la stature d'un gros événement cinématographique. Même en le regardant une dizaine de fois, difficile de trouver un défaut dans la mécanique de ce deuxième volet. Emouvant, rythmé, inquiétant, mystérieux et terriblement attachant, il est incontestablement le meilleur, pour l'instant, de la saga. Avec un souffle nouveau et des jeux plus incroyables (une gigantesque horloge avec pléthores de dangers), le film ne retombe jamais, s'achevant sur un dernier plan redoutable qui remet en jeux toutes les possibilités. Surtout, il y a l'apparition de nouveaux personnages, Finnick, charismatique à souhait, Beatty et Johanna en tête. Il brasse des thèmes nombreux comme la manipulation politique, le pouvoir de l'image (dont l'utilisation d'images subliminales avec les tortures alliés aux robes de mariée de Katniss), l'oppression mais aussi l'entraide et une révolte qui gronde de plus en plus. D'une beauté crépusculaire par moments, L'EMBRASEMENT laisse une place importante à l'émotion. En témoigne la tournée des vainqueurs où Katniss parle à la famille de Rue. L'univers se fait plus rude, la mise en scène s'aère et gagne en souffle. Ce film est en tout point supérieur au premier.

 

HUNGER GAMES 3, LA REVOLTE PARTIE I (2014) de Francis Lawrence

Voici une bizarrerie qui arrive parfois dans le cinéma ou en art tout simplement. L'auteur de ces lignes, comme nombre de spectateurs, fut déçu au cinéma par ce troisième volet lent et sans véritables enjeux. A première vue. Car à force de le regarder, cet épisode est devenu intéressant puis fortement aimé. Pourquoi ce revirement ? Passée la première vision où on a forcément trop d'attente, on peut se pencher ensuite sur le sous-texte et les ambitions du film. Commençons par ses dernières qui furent obscures à la première vision. Evidemment, avides de spectacle, les spectateurs voulaient de grandes scènes d'action destructrices. Il n'en fut rien. Au final, tant mieux. Oui, tant mieux. Le faire aurait renié la prise de position principale de la saga, c'est à dire sa dimension psychologique. Les rares scènes d'action sont d'autant plus spectaculaire (le bombardement de l'hôpital et, probablement la plus belle séquence de la saga, la destruction du barrage). Surtout, enfermés comme Katniss dans le district 13, on se sent aussi impuissant qu'elle et on étouffe littéralement de ne pouvoir se lever face aux horreurs du président Snow. Le bombardement du 13 est, au final, largement plus efficace grâce au hors champs et aux incroyables effets sonores. Autre réussite, la vision détruite du district 12. Alors que tout le monde pensait voir le bombardement, la caméra ne montrera que ses débris. Formidable idée qui fait froid dans le dos tant la désolation est horriblement belle. LA REVOLTE I est l'anti-blockbuster moderne qui coupe le souffle à tout-va jusqu'au trop plein (FAST 7, AVENGERS 2). Il développe son histoire, non sans longueurs, mais renforce ses personnages et en lance de nouveaux (Boggs, Coin). Puis il est réellement remplie d'idées et reste, pour ma part, très intéressant à montrer aux plus jeunes. Le pouvoir de l'image est montrée à son paroxysme avec le tournage de clips et de discours éloquent, la terreur prend désormais une forme réelle avec les bombardements et la réduction des libertés. Le film réussit à poser certaines bases qui éclateront dans le dernier volet : dans l'hypothèse d'une victoire, comment sera organisé le gouvernement ? Coin est-elle aussi rassurante qu'elle en a l'air ? Toujours est-il que la guerre est désormais présente. Et que tout éclatera dans un dernier volet que l'on espère tonitruant !

GRANDES SAGAS ET TRILOGIES : HUNGER GAMES
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