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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

PIRATES DES CARAÏBES, LE CLASSEMENT DE LA SAGA

Publié le 11 Septembre 2020 par Romain Jankowski in Grandes sagas et trilogies

L'Histoire du cinéma a toujours réservé quelques surprises, quelques paris, osés, ratés ou réussis. Parfois, tout le monde est contre vous, s'insurgent en disant que c'est de la folie, que ça ne marchera jamais. Mais il ne faut jamais abandonner même lorsque le monde entier est contre vous. Aujourd'hui, Jerry Bruckheimer a beaucoup de mal à se refaire. Des échecs successifs au box-office l'ont un peu achevé. Pourtant, en 2000, c'est bel et bien le roi d'Hollywood et il eu le nez fin quand il produisit PIRATES DES CARAÏBES, en rapport avec une célèbre attraction de Disneyland. Plus encore en confiant le rôle principal à Johnny Depp alors que tous les pontes de Disney ne le voulaient pas. Hormis HARRY POTTER et LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, aucune autre saga n'a pesé autant sur la culture populaire dans les années 2000. Revue de saga, ici et maintenant.

 

5 - PIRATES DES CARAÏBES, LA FONTAINE DE JOUVENCE de Rob Marshall (2011)

Changement de réalisateur, de casting (exit Bloom et Knightley), d'intrigue. Un vent d'air frais. Du moins, on l'espérait. Sincèrement, il est difficile de défendre ce quatrième film. Même si il n'est pas mauvais, il reste très éloigné de l'univers mis en place et surtout de son titre lui-même : un pirate vit sur l'eau. Résultat ? Pas un combat en mer. Détail qui a son importance, surtout que l'intrigue n'est guère passionnante. Et qui prouve une chose que l'on ignorait : si Jack Sparrow est trop présent à l'écran, son effet s'évanouit. C'est ce qui se déroule pendant les deux heures de film, peu aidé par des seconds rôles trop sérieux (Barbe-Noire), ou pas assez bien écrit (Angelica, jouée par une Penelope Cruz peu concernée). Reste les scènes d'action qui, si elles sont loin d'égaler le niveau des précédents films, s'avèrent souvent ingénieuses et drôles (superbe poursuite initiale se déroulant à Londres ou encore l'impressionnante attaque des sirènes). Un déception à la hauteur de l'attente. 

 

 

4 - PIRATES DES CARAÏBES, LA VENGEANCE DE SALAZAR de Joachim Ronning et Espen Sandberg (2017)

En renouant avec l'esprit de la trilogie après la déception (critique, pas économique) du quatrième film, LA VENGEANCE DE SALAZAR promettait un retour aux sources salvateur, porté par les retours de Will et Elisabeth Turner (Orlando Bloom et Keira Knightley). Outre les apparitions furtives de ces derniers, ce cinquième épisode déçoit par les difficultés qu'il rencontre à réellement impressionner. Tout a déjà été vu, mais en mieux. La folie de Gore Verbinski n'est plus là, les dialogues semblent moins percutant et l'humour ne fait plus aussi souvent mouche. Malgré tout, il rattrape les fautes du précédent et convoque de nombreuses légendes pour satisfaire notre appétit de piraterie (Salazar, campé par un machiavélique Javier Bardem, est un antagoniste passionnant). Le scénario brasse beaucoup de thèmes, en oublie en route, mais sait tenir en haleine tout au long des deux heures. Les retrouvailles finales hérissent nos poils de cinéphile et Johnny Depp, même moins gâté du côté de son personnage, reste Jack Sparrow à jamais. Quoiqu'il fasse, il est et restera l'âme de PIRATES DES CARAÏBES.

 

3 - PIRATES DES CARAÏBES, LE SECRET DU COFFRE MAUDIT de Gore Verbinski (2006)

Les suites sont là pour faire plus gros, plus fort que les précédents. Ce deuxième volet est un digne représentant de cet adage qui culminera dans le troisième volet. Visuellement, le film est une nouvelle fois une grande réussite, ne serait-ce que pour la modélisation des "méchants" avec, en tête, le capitaine Davy Jones, méchant ultra-charismatique. Même quatorze ans après, son design et son animation restent impressionnants. C'est autour de lui et de l'inévitable Jack Sparrow que l'intrigue va se nouer. Cette dernière serait même le seul défaut qu'on pourrait lui trouver car les scènes d'action et le grand spectacle sont dévastateurs et supplantent facilement le premier : les attaques du Kraken, le sauvetage de Sparrow chez les cannibales et surtout les quarante dernières minutes du film, totalement étourdissantes de maîtrise et de folie visuelle. Cependant, oui, l'intrigue part souvent dans tous les sens en concentrant une masse importante de digressions parfois peu utiles. Et surtout, la mythologie se complique parfois trop, rendant l'ensemble confus. Mais impossible, une fois encore, de bouder son plaisir devant un cinéma si généreux et si costaud en sensations fortes.

 

2 - PIRATES DES CARAÏBES, LA MALEDICTION DU BLACK PEARL de Gore Verbinski (2003)

Tout commence sur les mers, évidemment, dans un brouillard épais avec une enfant, Elisabeth Turner, déjà trop aventurière, trop "pirate". Elle découvre un

médaillon, volé à Will Turner, un jeune garçon repêché par le bateau de papa, le gouverneur tout simplement. Décor planté et résumé de l'ensemble du film : noirceur alliée à un humour imparable et une direction artistique exceptionnelle. Ce premier volet est indiscutablement une merveille de divertissement. Mais ce n'est rien comparé à la première apparition de Johnny Depp en Jack Sparrow. Plus qu'un personnage, c'est une vrai icône du cinéma que nous façonne l'acteur. Avec son phrasé si particulier, ses mimiques hallucinantes de maîtrise, son déhanché parfait, son style vestimentaire hors normes et son comportement à la fois mystérieux et inquiétant, Jack Sparrow est l'âme de la saga. Un personnage total et tellement gros que Johnny Depp a encore beaucoup de mal à le faire oublier. Mais l'histoire de la saga nous le prouvera, Sparrow doit être bien entouré. Et avec Will, Elisabeth et le redoutable Barbosa (Orlando Bloom, Keira Knightley et Geoffrey Rush) il est bien gâté. Imprévisibles et énergiques, ils sont le moteur d'un film monté à cent à l'heure, regorgeant de sous-intrigues passionnantes et de gags hilarants. Ce premier volet reste, encore aujourd'hui, un miracle de cinéma, ce moment où tout s'enchaîne naturellement. Au delà du carton exceptionnel, c'est une pure réussite, ressuscitant le film de pirates, donnant lieu à une relecture d'un mythe que l'on pensait enfoui. Et ce n'est que le début...

 

1 - PIRATES DES CARAÏBES , JUSQU'AU BOUT DU MONDE de Gore Verbinski (2007)

Souvent montré du doigt pour sa longueur, ses complications, ses rebondissements trop nombreux, ce troisième volet est, pour l'auteur de ses lignes, le plus épique et le plus flamboyant de la saga. Très long (2h48), voici un objet hors du commun dans le paysage du divertissement actuel. D'une beauté à couper le souffle, n'hésitant pas à faire apparaître son meilleur argument (Sparrow) au bout d'une demi-heure de bobine, ce film est hors normes, sûrement trop long, oui, toujours à la limite de la saturation, repoussant à chaque fois sa mythologie dans des contrées plus alambiquées. Ce troisième volet, qui boucle l'intrigue avec Davy Jones, se termine dans un délire visuel totalement inouï de maîtrise et de puissance qui parvient même à nous surprendre en se terminant de manière un peu amer. Et puis, il y a cette bande-son, les partitions de Hans Zimmer, elles aussi entrées dans l'imaginaire collectif. L'histoire se termine sur un coucher de soleil et une ultime arnaque de l'inévitable Sparrow en annonçant, vaguement, un nouveau film.

 

 

PIRATES DES CARAÏBES, LE CLASSEMENT DE LA SAGA
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vivi 09/11/2015 07:44

Le 1er volet reste le meilleur, assurément !