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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

NIGHT CALL, JAKE GYLLENHAAL DANS LA NOIRCEUR DE LOS ANGELES

Publié le 12 Décembre 2020 par Romain Jankowski in analyses

Tenir un sujet différent n'est pas forcément synonyme de bon film. Il faut encore que celui-ci soit traiter d'une manière précise et cinématographique. Dan Gilroy a tout à fait saisi ce défi en prenant soin de dénoncer les pratiques outrancières des journalistes avides d'images chocs par le biais d'un sociopathe, angoissant et fascinant à la fois. On suit donc le chemin de cet homme misanthrope qui façonne son scoop, son image, joue avec le réel et la vie des gens pour rechercher le besoin qu'il a de combler son ambition démesurée.

NIGHT CALL aurait pu vite être bancal. Et surtout tomber dans la surenchère notamment à cause du personnage principal. Mais la prestation de Jake Gyllenhaal est à la limite du miracle. Ses rires complètement fous, son look étrange et inquiétant, sa démarche que l'on pourrait assimiler à un pantin, ses phrases dingues et chocs, son intelligence alliée à son égo surdimensionné. Son équilibre est pourtant parfait car jamais dans la démesure. Il capte l'essence même de cet homme désenchanté, essayant de s'en sortir par tous les moyens à son bord. Et se servant des autres, les faisant chanter constamment.

Magnifiquement captée par la photo de l'excellent Robert Elswitt, Los Angeles s'érige en poids majeur de l'incroyable noirceur du film. La lumière provenant des néons, la nuit dangereuse et imprévisible... On dénote également quelques moments marquants comme cette scène où Lou ( le personnage principal ) arrive sur les lieux du meurtre qu'il voit en direct ! Mais ne s'arrêtant pas là, il filme les corps ensanglantés des victimes. Et l'intrigue de basculer vers une manipulation toujours plus grande de Lou, où il va jouer avec tous les codes moraux et légaux.

Dan Gilroy a réalisé une petite bombe même si l'omniprésence du démentiel Jake Gyllenhaal cache probablement la vue à quelques défauts comme une fin un peu décevante. Mais on ne ressort pas indifférent de ce film qui a parfaitement su capter son époque et qui trouve d'étranges résonances avec notre actualité troublée. 

NIGHT CALL, JAKE GYLLENHAAL DANS LA NOIRCEUR DE LOS ANGELES
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