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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

BRAVEHEART, MEL GIBSON ET SA DEMESURE

Publié le 5 Décembre 2020 par Romain Jankowski in analyses

Multi-diffusé, statut culte, iconisation de Gibson entrée dans la légende du 7ème art (lui regardant au loin, peinture bleue sur le visage et cri rageur), BRAVEHEART est l'un des films les plus marquants des 90s, au final terrassant, au souffle épique quasi-inégalé et à la bande-son grandiose, que l'on doit au regretté James Horner. 

Le film de Mel Gibson c'est donc d'abord tout ça. Il a marqué l'époque mais pas seulement. En février 1996, il remporte cinq oscars : Meilleur photographie, meilleurs montage sonore, meilleur maquillage et les deux récompenses suprêmes, meilleur réalisateur et meilleur film ! Surtout, en le revoyant en 2020, BRAVEHEART reste une épopée impressionnante à une époque où les CGI n'existaient presque pas. On assiste alors à des batailles qui laissent sans voix, aux figurants par milliers, à la violence implacable. C'est même l'une des raisons pour lesquelles le film est un peu moqué aujourd'hui : le nombre de faux raccord atteint un nombre record !

La stylisation de la brutalité voulue par Gibson a crée la polémique à la sortie du film, mais reste une thématique bien voyante dans la filmo du cinéaste. La violence comme métaphore de la dureté du monde, à l'instar du controversé LA PASSION DU CHRIST. Et que dire de la scène finale, d'une beauté sans fin mais également insoutenable psychologiquement ! Peut-être le plus beau tour de force de la carrière de cinéaste de Gibson. 

Les Highlands d'Ecosse ont été prises d'assaut à la sortie du film. On le comprend. Gibson les embrasse littéralement avec sa caméra et cette histoire d'avoir une résonance évidente en Ecosse. C'est ici l'histoire de leur indépendance, à l'époque où l'Angleterre contrôlait une patrie qui n'était pas la leur légitimement. L'oppression, des obligations effroyables (comme le dépucelage de la femme mariée par un soldat britannique avant le mari...), la malhonnête du roi, Gibson montre les anglais comme le véritable ennemi. Un défaut à nommer serait bien celui-ci, un manichéisme très présent qui empêche une quelconque sympathie pour les partisans de la couronne. Un parti pris qui donne une ampleur supplémentaire à l'héroïsme écossais, bien évidemment. Malgré tout, l'amour est au centre du récit. Une main tendue d'une jeune fille vers le jeune Wallace venant de perdre son père, moment de grâce et de poésie inoubliable. Puis la fougue et la passion entre eux, des années plus tard. Là est le vrai point de départ du combat de Wallace, lorsque sa bien-aimée meurt. La grande faucheuse est une ombre qui suit le jeune homme alors il décide de l'embraser et de ne faire plus qu'un avec elle.   

Puis le récit de se transformer en une évidente métaphore du Christ trompé par Judas. Celui qui avait promis de l'aider (le roi légitime d'Ecosse) le trahit, comme son père lui avait demandé. Alors William Wallace refuse de se soumettre, meurt en martyr, mais dans la lumière de la non-soumission. 

Avec 72 millions de dollars de budget (énorme pour l'époque), six semaines de tournage en Ecosse, un remontage pour éviter une censure trop élevée, des conditions climatique parfois rudes, l'épopée n'est pas uniquement sur l'écran. 

 

 

BRAVEHEART, MEL GIBSON ET SA DEMESURE
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