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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

QUELQUES MINUTES APRES MINUIT, L'ENFANCE SELON J.A BAYONA

Publié le 27 Novembre 2020 par Romain Jankowski in analyses

Déjà bien connu des cinéphiles après les excellents L'ORPHELINAT et THE IMPOSSIBLE, Juan Antonio Bayona est entré dans une nouvelle dimension en réalisant JURASSIC WORLD, FALLEN KINGDOM, un carton avec 1,309 milliard de dollars de recettes mondiales. Avant cette reconnaissance internationale, il signa un troisième film terriblement émouvant sur le deuil et les peurs d'un petit garçon qui ne veut pas voir sa mère (malade) mourir intitulé QUELQUES MINUTES APRES MINUIT. 

Un arbre vient à l'encontre du garçon chaque nuit pour lui raconter une histoire. Imaginaire, réel, un peu des deux ? Ce personnage est fascinant, agissant comme un mentor au caractère difficile. En quelques plans, Bayona a déjà posé les bases d'un film humain, merveilleux parfois, bouleversant souvent. En résumé, un cinéma que l'on n'a plus l'habitude de voir, mais qui faisait fureur dans les années 80 grâce à des artistes comme Joe Dante, Joe Johnston, Robert Zemeckis et bien évidemment Steven Spielberg : le fantastique comme métaphore du parcours émotionnel des personnages. Il permet alors de plonger moins brutalement dans ce que la vie réserve de pire : la mort. Conor voit sa mère malade et son quotidien n'est que brutalité, en témoigne ses camarades qui le battent à chaque fin de journée. Cet arbre devient alors un moyen d'échapper à tout cela et d'accepter l'inacceptable. 

Avec ses moments de pures extases visuelles (les histoires racontées par l'arbre sont visuellement incroyables), d'émotions fortes et de poésies douces, QUELQUES MINUTES APRES MINUIT s'impose sans mal comme un film déjà important. La simplicité du récit ne joue jamais en sa défaveur et, même s'il manque un peu de rythme, se révèle souvent emballant. C'est aussi grâce à de merveilleux comédiens et en particulier le jeune Lewis MacDougall, incroyable d'intensité. Il porte le film sur ses frêles épaules, le regard rempli de douleur et de rage. Face à lui, Felicity Jones incarne une mère qui souffre de voir son enfant, sachant pertinemment qu'elle va le laisser seul. Une scène, à l'hôpital, résume parfaitement cette situation et se révèle déchirante. N'oublions pas non plus Sigourney Weaver en grand-mère triste qui ne parvient pas à gérer ses émotions ainsi que Toby Kebell en père absent qui ne sait pas parler de la maladie à son fils. Et le film de se conclure sur des dessins particulièrement éloquents...

QUELQUES MINUTES APRES MINUIT, L'ENFANCE SELON J.A BAYONA
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