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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

WONDER, LA FORCE DES EMOTIONS

Publié le 11 Septembre 2020 par Romain Jankowski in dossiers

Alors que LE MONDE DE CHARLIE a été une totale réussite pour une première réalisation pour Stephen Chbosky (adapté de ses propres écrits), WONDER qui ne laisse pas de marbre et qui fait passer un tout aussi bon moment, n'a pourtant pas cette petite touche de magie qui a fait de LE MONDE DE CHARLIE un film à part, malgré des sujets très proches. 

Auggie et Charlie se ressemblent, mais ici Chbosky se laissent entrainer sur des lignes plus classiques et plus connues du cinéma indépendant américain, alors qu'il s'était osé à plus grand auparavant, laissant un rendu plus lisse et moins original. 

Sans jamais tomber dans la mièvrerie à l'excès plus que tout redouté, WONDER montre le passage difficile au collège, encore plus pour un garçon comme Auggie, les effets sur la famille et l'entourage. Ce dernier élément, le ressenti de la différence de Auggie sur l'entourage est introduit sous la forme d'un triptyque qui laisse entrevoir le point de vue de trois personnages côtoyant ou ayant côtoyé Auggie, "la merveille". Pourtant, la première mise en scène réussie, pour le premier personnage avec la grand soeur est rapidement très chancelante et mal équilibrée avec les deux autres personnages, malgré une idée plutôt novatrice. 

Parfois, le cinéma n'a pas d'autre ambition que d'émouvoir. C'est exactement ce qui se déroule ici, les émotions prenant toute la place au détriment d'une mise en scène assez classique. La démonstration se transforme en empathie, celle-ci se décuplant grâce à la prestation solide de ses interprètes (on n'avait plus vu Julie Roberts aussi subtile depuis un bail). WONDER parle de l'incompréhension qui nous relie à ceux qu'on aime (tous les personnages sont touchés par cette distanciation) tandis que l'intolérance prédomine, le regard d'autrui étant perçu comme la persécution ultime d'un garçon en quête de repères (terrible illustration lorsqu'Auggie, masqué lors de la fête d'Halloween, découvre l'hypocrisie de son ami) et qui puise son réconfort dans la force de son mental. La famille protège, assure, mais ne permet jamais d'être celui qu'on désire être. Auggie accepte sa différence et relève la tête. Le courage pour lutter contre l'intolérance, WONDER parle intrinsèquement d'étapes psychiques qui terminent dans une forme de libération mentale. Emouvoir ? Oui, mais pas n'importe comment. Et c'est sans mièvrerie que WONDER a réussi à toucher tous les coeurs, même les moins sensibles.

WONDER, LA FORCE DES EMOTIONS
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