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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LE TOP FILMOGRAPHIE : STEVEN SPIELBERG, PARTIE 2

Publié le 24 Septembre 2020 par Romain Jankowski in les tops

Faire le classement d'une filmographie, ça prend du temps. Surtout quand c'est une énorme rétrospective sur l'oeuvre de l'immense Steven Spielberg, réalisateur de 32 films (et bientôt 33 en fin d'année avec WEST SIDE STORY). On a donc découpé le classement en 3 parties. En voici la deuxième (de la place 21 à 11).

 

 

21. INDIANA JONES ET LE TEMPLE MAUDIT (1984)

S'ouvrant sur l'une des meilleurs séquences de la saga, ce deuxième opus souffre de quelques carences par la suite, la faute à un scénario un poil décousu. Moins d'humour et plus de bla-bla un peu futile. Surtout, il y a certains choix discutables comme celui de laisser Indiana se faire "posséder" qui annihile une bonne dizaine de minutes. Mais ce qui frappe, c'est sa violence : coeurs arrachés, enfant enchaînés et frappés, sacrifices sanglants... il est étonnant de voir à quel point le curseur a viré au rouge. Malgré tout, ce TEMPLE MAUDIT n'est pas si horrible que Spielberg le prétend. Il filme encore des séquences folles d'inventivité comme cette poursuite dans la mine à bord d'un charriot. Kate Capshaw, appelée à devenir la femme du cinéaste, s'en sort bien dans un rôle totalement différent de Marion car son personnage est moins débrouillarde et ne goûte pas à l'aventure. Sans oublier le petit Demi-lune, très bon complément jeunesse à Indiana. Film en demi-teinte mais tout de même sacrément divertissant.

 

 

20. LE TERMINAL (2005)

Un des films dits "mineurs" du cinéaste qui marque encore une fois la rupture de ton constante de sa carrière. Tom Hanks, condamné à rester dans un aéroport le temps que la situation dans son pays se calme. Une histoire en apparence légère qui raconte d'une certaine

manière l'enfermement progressif du citoyen lambda dans un dédale d'informations administratifs absurde. LE TERMINAL souffre d'une naïveté appuyée à chaque scène mais se voit, au final, comme un conte moderne avec l'arrivée de la belle hôtesse de l'air qui fera battre le coeur de notre exilé, interprété par un Tom Hanks parfait. Et un aéroport à la beauté stupéfiante quand on sait qu'il a été construit entièrement !

 

19. LE PONT DES ESPIONS (2015)

Portée par une première séquence somptueuse posant tous les enjeux du film (l'espion soviétique se regardant dans le miroir jouant sur un triple reflet comme les agents et instances gouvernementales durant tout le film, le jeu de dupes), LE PONT DES ESPIONS ne tiendra peut-être pas cette force durant plus de deux heures, mais mettra en scène un superbe duo d'acteurs : Tom Hanks et l'étonnant Mark Relance qui ne quittera plus le cinéma américain de qualité après ce film. Le premier reste un personnage "Spielbergien", un homme directement attachant qui se bat pour la justice et qui reste debout, quoiqu'il arrive. Il est le point central d'un film redoutablement retors dans son ambiguité psychologique et morale. Le rejet ou l'adoubement d'une société ne tient qu'à un fil, la définition de héros également.

 

18. LA COULEUR POURPRE (1985)

Ce film reste un tournant important dans la carrière du cinéaste. En effet, c'est à partir de là qu'une certaine maturation et gravité s'est emparée de son oeuvre comme pour mieux traverser l'Histoire mêlée à l'Homme. Cette intrigue de femmes noires battues par leurs maris ne cherchant qu'à vivre librement se révèle être souvent très émouvante grâce à la merveilleuse interprétation de Whoopi Goldberg (qui reçut d'ailleurs une nomination à l'oscar). Spielberg n'édulcore jamais son propos, reste au plus proche des corps pour s'emparer des sentiments comme à son habitude. Le film souffre de maladresses, notamment dans sa gestion comportementale des hommes, peu nuancée, mais reste édifiant. 

 

17. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE (2011)

Un film qui a forcément repoussé un peu plus les limites technologiques, celles de la motion capture également. Et puis, le créateur d'Indiana Jones donnant vie au mythe d'Hergé, Tintin, était une évidence, lui qui n'a jamais eu d'adaptation digne de ce nom. Le résultat est une merveille visuelle notamment lors d'un plan séquence final qui en a laissé plus d'un sans voix. Comme pour les BD, l'intrigue ne s'embarrasse pas de surplus thématique ou idéologique mais sert de tremplin constant à des histoires en forme de poupées russes qui se débloquent au fur et à mesure des découvertes du journaliste intrépide. On a déjà hâte que Peter Jackson, à la production de celui-ci, nous présente la suite (un jour) !

 

16. PENTAGON PAPERS (2018)

On comprend vite pourquoi le cinéaste s'est penché sur cette histoire : l'humanité d'une femme qui doit se battre face à une hiérarchie masculine, le combat démesuré entre la presse et le gouvernement, le sacrifice patent d'une jeunesse pour éviter une simple défaite de guerre, l'éclatement d'une vérité rétablissant l'ordre. Beaucoup de thèmes du film renvoient à d'autres d'une filmographie très riche et diversifiée. L'Histoire est le culte de Spielberg, de la seconde guerre mondiale (IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN, LA LISTE DE SCHINDLER) en passant par la guerre froide (LE PONT DES ESPIONS), la guerre de Sécession (LINCOLN) ou encore l'esclavagisme (AMISTAD). Cette fois, il fait son film sur la guerre du Vietnam, sans montrer le terrain que l'on a maintes fois vu dans d'autres oeuvres (il s'autorisera tout de même une introduction guerrière proche d'une séquence horrifique avec sound design soigné et image ténébreuse). Non, ici il dévoile les coulisses d'un autre combat, celui de la liberté de presse sur une terrible vérité. 

Avec ses séquences admirablement dialoguées, PENTAGON PAPERS a surtout le mérite d'être clair, précis et détaillé à la fois. Surtout pour nous, européens, les juridictions et autres problématiques concernant la publication des documents auraient pu nous paraître très abstraites. C'est là que le savoir-faire presque unique de Spielberg entre en jeu. Il a toujours su, même en traitant le plus compliqué des sujets, rester abordable et universel. Il garde cet équilibre incroyable entre richesse thématique et simplification narrative pour toucher le plus grand nombre.

 

15. MINORITY REPORT (2002)

Thriller futuriste impressionnant, MINORITY REPORT est lancé à un rythme d'enfer aidé par un Tom Cruise au sommet de son charisme. Sans oublier la géniale photo bleutée de Janusz Kaminski et un sous-texte sur le notion de liberté diablement efficace. Dans sa générosité probante, le cinéaste garde des passages un peu longs, des digressions qui parasitent parfois l'intrigue principale. A vouloir jouer sur plusieurs tableaux, le film souffre

d'un certain éparpillement. Malgré tout, la force de ce récit résonne d'autant plus à notre époque où la surveillance accrue pourrait mener à une dérive similaire au système mis en place dans le film...

 

14. INDIANA JONES ET LA DERNIERE CROISADE (1989)

Après le premier volet, LA DERNIERE CROISADE est le meilleur film de la saga. Les raisons sont multiples. Il y a d'abord cette action complètement ininterrompue, cette course-poursuite dans le désert à bord d'un tank avec des chevaux, des voitures, des lance-roquettes qui dure plus de vingt minutes ! Une prouesse technique hallucinante qui laisse sur les rotules. Il y a cette scène osée et totalement folle où Hitler signe un autographe à Indiana. Lourde de sens, elle désacralise le fuhrer en un seul plan. Sans oublier la poursuite à Venise, l'ouverture où l'on voit Indiana jeune, l'humour omniprésent et surtout la relation père-fils entre Ford et Sean Connery. Ce dernier, totalement différent du premier, est vraiment génial dans ce rôle d'archéologue érudit mais pas aventurier pour un sou à la différence de son fils. Leurs conflits donnent lieu à des scènes très drôles. Impressionnant d'inventivité, détonnant visuellement, Spielberg signe un nouveau sommet du cinéma.

 

13. READY PLAYER ONE (2018)

L'un des derniers grands blockbusters des années 2010, d'une pertinence absolue. La force visuelle de l'ensemble nous plonge littéralement dans cet univers de tous les possibles où la population oublie sa condition vitale pour devenir celle dont elle a envie. A l'instar de son personnage principal, le spectateur est scotché par cette remarquable réalité virtuelle qui devient une partie de nous. A tel point que le retour à la réalité est parfois brutale. Hallucinant dans son design global, l'OASIS est une merveille absolue, peut-être ce qu'on a vu de plus beau depuis AVATAR. La magie opère aux quatre coins de l'écran et on n'a pas le temps d'admirer la vue qu'une leçon de cinéma nous est servie sur un plateau : une course blindée de références à la pop culture, sans musique, foutraque en apparence mais totalement folle (et on pèse les mots) dans sa forme ! Jouissive, complètement barrée, indéniablement épique, cette séquence est proprement stupéfiante. 

 

12. RENCONTRES DU TROISIEME TYPE (1977)

Un film qui aura inévitablement changé la face du cinéma de science-fiction. Toujours aussi beau aujourd'hui, RENCONTRES DU TROISIEME TYPE est une merveilleuse entrée dans cette idée séculaire que l'Homme n'est pas seul dans ce grand univers. Pétri d'un idéalisme auquel même Spielberg ne croit plus (ses derniers films sont plus pessimistes, les extra-terrestres s'étant transformés en exterminateurs dans LA GUERRE DES MONDES), ce long-métrage reste une parenthèse enchantée d'un cinéma qui n'existe plus. Populaire, intelligent, ne laissant jamais de côté ses personnages au détriment du spectaculaire. Et un emblème de la SF dont l'imagerie sera fortement reprise avec plus ou moins de savoir-faire...

 

 

11. ARRETE-MOI SI TU PEUX (2002)

Léonardo DiCaprio - Tom Hanks - Steven Spielberg : les meilleurs éléments du cinéma contemporain réunis dans un excellent film, avec de nombreux faux-semblants et une course-poursuite qui va à l'encontre de sa définition primaire. Car le jeune Agbanale est un fugitif improvisé, le résultat d'un adultère maternel qui a mené inexorablement à un divorce de ses parents. Conscient de son charisme et de sa roublardise, le jeune homme va alors produire de faux-chèques et s'inventer une vie comme pour mieux oublier le quotidien qui l'oblige à choisir entre sa mère et son père. On s'attache très vite à ces personnages, tous très humains et perdus, interprétés avec justesse. Peut-être pas le film le plus cité dans la carrière du cinéaste, mais pourtant l'un des plus réussis.  

 

Retrouvez la première partie du top ici : 

 

LE TOP FILMOGRAPHIE : STEVEN SPIELBERG, PARTIE 2
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