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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LE TOP FILMOGRAPHIE : STEVEN SPIELBERG, PARTIE 1

Publié le 19 Septembre 2020 par Romain Jankowski in les tops

Faire le classement d'une filmographie, ça prend du temps. Surtout quand c'est une énorme rétrospective sur l'oeuvre de l'immense Steven Spielberg, réalisateur de 32 films (et bientôt 33 en fin d'année avec WEST SIDE STORY). On a donc découpé le classement en 3 parties. En voici la première (de la place 32 à 22). 

 

32. 1941 (1979)

Peu d'entre vous l'ont vu ou peu s'en souviennent. Considéré comme raté, même par son réalisateur, 1941 est bien le moins bon film de Spielberg. Comédie sur la seconde guerre mondiale, le scénario n'est pas convaincant, entre des gags qui fonctionnent rarement et un déluge d'effets pyrotechniques réussis mais un peu hors de propos. Désirant revenir à une certaine forme de comédie des années 40-50, le cinéaste ne parvient que trop rarement à nous faire sourire. En le revoyant aujourd'hui, un brin de nostalgie et de bienveillance nous gagnent, car il est loin d'être ridicule, mais la qualité trop faible de l'ensemble reste problématique. Son seul essai dans la comédie.

 

31. INDIANA JONES ET LE ROYAUME DE CRANE DE CRISTAL (2008)

Comment en est-on arrivé là ? C'est ce qu'on s'est tous demandé à la fin de la projection en 2008. L'intro reste honnête, l'intrigue se suit sans déplaisir, Shia LaBoeuf est sympathique en fils d'Indy et revoir notre aventurier préféré est une source d'excitation en soit. Passée une première heure convaincante donc, nous voilà embarquer dans une sorte de grand huit numérique débile (on se souviendra longtemps de Shia qui se balade de liane liane) et sans saveur, loin du découpage extraordinaire des scènes d'action de la trilogie originelle. Et puis, il y a cette fin, aberrante et peu pertinente. Spielberg n'en a clairement plus rien à faire de INDIANA JONES et n'est revenu que pour son pote Lucas (qui a ardemment bataillé pour la présence des E.T). 

 

30. ALWAYS (1989)

Un film mineur dans la carrière du cinéaste, avec Richard Dreyfuss en pompier de l'air qui décède puis revient parmi les vivants. Une jolie bluette, des acteurs superbes (le couple Dreyfuss-Hunter) et un sujet rare, celui des pompiers de l'air donc. Sujet qui sera également son défaut tant il s'avère peu palpitant. Un peu comme le scénario, comportant très peu de rebondissements. Reste cette incroyable émotion notamment lors d'une séquence merveilleuse où le personnage de Dreyfuss, déjà mort, voit sa femme danser avec un autre homme. L'essentiel est là et tient dans ces dix minutes, qui peuvent bien figurer parmi les plus belles de la carrière du cinéaste.

 

29. LE BON GROS GEANT (2016)

Quelques mois après l'excellent LE PONT DES ESPIONS, Spielberg renouait avec l'imaginaire dans une adaptation du grand Roald Dahl. Une difficile transposition, tant le livre est composé d'épisodes sans véritables liens entre eux. Au final, le film est assez sage et manque un peu de dynamisme. L'humour n'est pas non plus le point fort de l'ensemble qui reste, malgré tout, d'une belle teneur thématique et visuelle (lumière magnifique, photographie soignée, effets spéciaux ingénieux), le cinéaste imprimant sa patte avec une vigueur merveilleuse (superbe pays des songes, moment de poésie gracieux). 

 

 

28. HOOK OU LA REVANCHE DU CAPITAINE CROCHET (1991)

Voir Spielberg, cinéaste de l'imaginaire et du merveilleux, s'attacher au mythe de Peter Pan relevait d'une évidence. Pourtant, le parcours fut semé d'embûches et le résultat pas forcément éclatant. Atteinte par la folie des grandeurs de son capitaine, la production fut une calamité. Reste que le film est magnifiquement kitsch et que l'ensemble, tout en restant inoffensif, est

franchement divertissant. Robin Williams en Peter Pan est adorable et le reste du casting vaut également le détour (notamment un hilarant Dustin Hoffman en totale roue libre). Mais HOOK est trop long, pas assez attachant (les émotions ne passent pas) et l'humanité qui caractérise l'introduction (où Peter essaie d'être un bon père) est absorbée lors du passage au Pays de l'Imaginaire. HOOK se laisse regarder, trouve certaines répercussions aujourd'hui, mais ne s'avère pas assez mémorable pour figurer plus haut dans la filmographie du maître.

 

27. SUGARLAND EXPRESS (1974)

Le premier film officiel du réalisateur (DUEL était, à la base, un téléfilm). Soit un road-movie entre gangster où tous les fondements de sa carrière sont là, comme le thème de la séparation de l'enfant et de ses parents ainsi que cette façon, d'un point de vue esthétique, à rendre tout ce qu'il filme spectaculaire. Une femme, Lou, fait évader son mari de prison pour récupérer la garde de leur gosse. S'ensuit une poursuite en voiture des forces de l'ordre face au couple. Un affrontement qui finira de manière tragique. Comme son scénario, SUGARLAND EXPRESS va vite, devient même fou dans une dernière demi-heure excellente, et sa mécanique est vraiment prenante. Le miracle tient au fait que le cinéaste rend attachant ce couple aux multiples défauts mais à l'amour indicible pour eux-mêmes et leur enfant.

 

26. MUNICH (2005)

Sur un sujet incroyable (les attentats lors des jeux olympiques de 1972), Spielberg livre un thriller exceptionnel d'intensité lors de ses nombreuses séquences de suspense (des agents israéliens sont envoyés pour tuer les terroristes palestiniens responsables des attentats sur l'équipe olympique d'Israël). Encore plus d'actualité aujourd'hui, le film est sauvage, moralement fort (la faible frontière entre le bien et le mal), mais se perd parfois dans d'innombrables intrigues qui parasitent le récit initial apportant certaines confusions. On peut comprendre cette position pour ressentir ce que ressentent les personnages aux-mêmes mais il est regrettable que cela fausse un peu le rythme et les enjeux. Malgré tout, l'incroyable réalisation du cinéaste laisse sans voix.

 

25. A.I, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE (2001)

Projet développé avec Stanley Kubrick, A.I est un formidable voyage dans le temps et dans la technologie où la robotique est devenue la vie. Mais le film est sombre, glaçant et soulève des questions difficiles à élucider. Il s'apparente

presque à un film sur l'Holocauste, en témoigne cette terrible séquence de la foire à la chair. Pourtant, malgré sa qualité, quelque chose ne prend pas dans A.I. Le film se traîne en longueur (2h26) et il manque un peu de souffle, restant à quai sur certaines idéologies tout en proposant une reconstitution magnifique. Un long-métrage hybride qui brille par sa noirceur mais qui s'autorise une incompréhensible retenue, comme si le tout n'était pas vraiment finalisé.

 

24. JURASSIC PARK 2, LE MONDE PERDU (1997)

Cette suite du mythe qu'est JURASSIC PARK est un pur divertissement, un blockbuster énorme qui ne donnera pas des maux de têtes aux spectateurs pour sa compréhension, mais des images indélébiles à jamais gravées. Comme cette attaque époustouflante de deux tyrannosaures pour récupérer leur petit. Un moment de bravoure qui justifie à lui seul de revoir ce deuxième volet qui se contente d'être spectaculaire. Ce deuxième volet est surtout l'occasion à Spielberg de se prouver qu'il peut encore monter des séquences visuelles imparables et qu'il reste le maître incontesté du cinéma moderne. Son final est là pour en témoigner : un bon gros hommage au KING KONG d'origine avec un T-rex qui sème la panique en pleine ville ! Une séquence gratuite et euphorisante.

 

23. AMISTAD (1997)

Film sur l'esclavagisme, lent pour beaucoup, AMISTAD est un pur film à thème. Le sujet prend aux tripes et les joutes verbales sont assez excellentes. Le film est sombre, statique et malheureusement parfois un peu trop bavard. Matthew McConaughey et Anthony Hopkins cabotinent et le cinéaste a franchement du mal à trancher dans son montage, probablement absorbé par un sujet difficile. On retiendra un dénouement étonnant qui ne ressemble à rien de connu chez le cinéaste, tant il s'avère plutôt pessimiste. Reste l'exceptionnelle

interprétation de Djimon Hounsou et toujours cette fabuleuse mise en scène du cinéaste, passionnante lors des longs flash-back qui accompagnent le récit.

 

22. LINCOLN (2013)

La performance prodigieuse de Daniel Day Lewis en Lincoln restera l'un des événements marquants de ce début de décennie cinématographique. Le film saisit parfaitement la force du personnage, transpire l'héroïsme et la compassion autour de quelques séquences émotionnelles fortes. Malgré tout, l'ensemble reste un peu académique et parvient difficilement à développer tous les thèmes qu'il aborde. Une grande figure, un grand acteur, mais pas le grand film qu'on était en droit d'attendre. 

 

LE TOP FILMOGRAPHIE : STEVEN SPIELBERG, PARTIE 1
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