Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

BLADE RUNNER 2049, DENIS VILLENEUVE FACE AU MYTHE

Publié le 8 Septembre 2020 par Romain Jankowski in dossiers

En 2017, le projet fou de Denis Villeneuve devient enfin une réalité. Donner une suite à l'une des oeuvres de SF les plus cultes de tous les temps est une tâche à la hauteur étourdissante en même temps qu'un défi incroyablement excitant. Souvent, le problème est trop grand et la suite tardive n'invente rien ou, pire, tue son propre mythe. Rarement, il y a des miracles. BLADE RUNNER 2049 est un miracle.

Explorant les thèmes que Ridley Scott avait développés, le génial réalisateur de PREMIER CONTACT pousse la question de l'humanité dans le rouge en faisant de son blade runner un répliquant esclave des décisions humaines. Qu'est-ce que l'âme ? Qu'est-ce qui différencie l'Homme d'une machine ? Est-ce les souvenirs qui font notre personnalité ? La multitude d'arcs narratifs donne le tournis tandis que la mise en scène tente d'explorer l'intériorité d'un être avec ces lignes fuyantes ou circulaires. Les premières minutes, énigmatiques, sont un petit bijou d'atmosphère. Dessinés par la photo impeccable de Roger Deakins, les premiers plans donnent le ton. 

Hypnotique, quasi-expérimental dans sa forme, BLADE RUNNER 2049 est un anti-blockbuster total, prenant le contre-pied de tous ses collègues où la lenteur est bannie. Pas que ce parti pris ne trouve pas ses limites (il aurait mérité quelques scènes resserrées), mais l'effet fonctionne totalement si tant est qu'on plonge dans cette expérience hors du commun. Qui est K ? Le scénario, plein de surprises, joue avec tout le monde y compris son personnage principal incarné par un Ryan Gosling fascinant. L'acteur, toujours minimaliste, puise sa force dans l'immobilisme d'abord et l'émotion ensuite. Dans un monde froid, déshumanisé où l'on est obligé de donner vie à une intelligence artificielle (Jo) pour se sentir moins seule, K trouve du réconfort dans une révélation étonnante. 

Porté par une envie de cinéma sidérante, le cinéaste nous hante avec son visuel à couper le souffle ! Dans un élan de respect total à l'univers crée par Ridley Scott, Villeneuve use des techniques actuelles pour nous plonger dans un monde encore plus flippant qu'il y a 35 ans. Le film aura évidemment soulevé beaucoup de discussion et de débats, certains trouvant le long-métrage génial, d'autres mettant en évidence la prétention d'un cinéaste qui fait de belles images sans fond. Injustifié (on ne peut pas dire que cette suite ne raconte rien), même si les critiques se comprennent, la lenteur de la mise en scène pouvant rebuter à une époque où tout doit aller vite, constamment...

 

 

 

 

 

Commenter cet article