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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

THE WALKING DEAD, LE BILAN DE LA SAISON 10

Publié le 9 Mai 2020 par Romain Jankowski in séries télé

Stoppée avant son dernier épisode à cause de l'épidémie, la saison 10 de la plus célèbre des séries post-apocalyptiques ne verra donc pas le retour d'un personnage phare (Maggie devrait revenir dans le dernier épisode) et ne connaîtra pas le pic attendu du season finale (le montage n'a pu être effectué). L'épisode 16 sera donc diffusé plus tard et la saison 10 ne contiendra, officiellement, que 15 épisodes. En outre, AMC, diffuseur de la série, a confirmé la mise en chantier des saisons 11 et 12 qui pourraient même être tournées en simultané pour combler le retard dû au Coronavirus. Après cette mise au point technique, il est temps de se pencher sur les bons et mauvais points de cette saison en demi-teinte, parfois plombée par un manque de rythme et d'enjeux assez évidents. 

 

LES BONS POINTS

- NEGAN

Le personnage incarné par Jeffrey Dean Morgan est le catalyseur principal des défauts pointés par les détracteurs de la série (ou de ceux qui ont abandonné). Il est vrai que les showrunners n'ont pas toujours gâté ce génial antagoniste qui a écrit les plus belles heures du comics avec son imprévisibilité et sa tendance à instaurer l'ordre par la peur. Dans ce nouveau monde où il n'existe plus de lois, Negan joue de sa personnalité pour imposer ses règles. La série a maladroitement étiré son arc narratif avec une guerre qui en a lassé plus d'un. Mais la saison 9, très réussie au passage, a permis au personnage de prendre une nouvelle direction très intéressante. Cette saison 10, qui, exceptés les inusables Daryl et Michonne, manque clairement de leaders charismatiques, Negan agit encore et toujours comme un personnage capable de modifier la narration en une seule action. 

 

- LE DEUIL DE L'ANCIEN MONDE

La saison 9 l'avait déjà merveilleusement entamé, mais la saison 10 l'a définitivement entériné. Finis les longs dialogues ineptes sur le monde en perdition et les tirades redondantes de celui du futur à bâtir. Les protagonistes ont (enfin) totalement embrassé cette nouvelle ère et se sont débarrassés, par la même occasion, de la vision d'un passé devenu embarrassant. Une qualité indéniable qui a redonné un nouveau souffle à la série.

 

- LES REBONDISSEMENTS INATTENDUS

Certes, l'intitulé du point découle du bon sens : heureusement qu'une série est parsemée de rebondissements surprenants. Mais il n'est pas inutile de les rappeler. L'histoire du double-jeu de Dante qui finit par assassiner le sympathique Siddiq est particulièrement adroite. Celui-ci aura d'ailleurs eu un rôle pertinent, introduit comme un personnage au message positif dans la saison 8 puis engagé comme un héritier direct de la vision de Rick Grimes dans

la saison 9. Déboussolé par l'horreur vécue avec les Chuchoteurs, sa fin brutale aura marqué les esprits. Tout comme celle d'Alpha, excellent personnage incarnée par la géniale Samantha Norton. Tuée par Negan, les scénaristes ont eu la très bonne idée de raccourcir son parcours pour éviter de la rendre lassante (ironiquement, à l'instar de son assassin). On pourra également citer l'excellent épisode sous-terrain de l'épisode 9, anxiogène à souhait, se terminant par un acte inconscient de Carole. 

 

- L'ATTAQUE DE LA COLLINE

Précédée d'une géniale mise en place, l'attaque de la colline par les Chuchoteurs est le vrai morceau de bravoure de la saison. On aurait aimé qu'il s'étire un peu plus, mais l'enfer se déchaîne de tous les côtés, nos protagonistes se débattant contre les morts-vivants et les vivants jouant les morts, dans un déluge de flammes et de gore mémorable. 

 

- L'OUVERTURE VERS LE COMMONWEALTH

Eugène parle à Stéphanie, un personnage d'une grande importance dans les comics. Les fans le savent, le commonwealth marque le dernier arc narratif des comics. Et la série devrait probablement suivre... Plein de possibilités sur le papier avec cette (énorme) communauté revenue à un semblant de nouvelle société. 

 

LES MAUVAIS POINTS

 

- UN DEMARRAGE POUSSIF

THE WALKING DEAD a toujours connu des débuts de saison puissants, souvent surprenants et haletants (le meilleur départ restera probablement le massacre de Negan lors du premier épisode de la saison 7, mais celui de la saison 5 dans le sanctuaire ne démérite pas non plus). Difficile de dire la même chose pour cette saison 10. Après un premier épisode étonnamment lent, on se retrouve avec un long flash-back entre Bêta et Alpha lors du deuxième. Même le suivant s'étirera en longueurs avant que le quatrième segment commence enfin à faire avancer les choses. 

 

- LE RYTHME

La saison 9 avait rondement mené sa dynamique et surpris le spectateur à plusieurs reprises. Fonctionnant comme une suite thématique de la précédente saison, ce nouveau segment décide de stagner au lieu d'avancer. La psychologie abîmée et plombante (on y revient plus bas) de Carole n'arrange pas tandis que certains choix narratifs sont surprenants. En témoigne cet épisode inutile d'une Michonne prisonnière de Virgil, un homme détraqué

introduit maladroitement dans l'histoire. Heureusement, les dernières minutes sauvent la mise, mais pourquoi occuper tellement d'espace pour si peu ? Le combat face aux Chuchoteurs, si bien traité dans la saison 9, se transforme en une longue attente parfois pénible ce qui influe forcément sur le rythme global.

 

- CAROLE

Carole est un personnage à l'évolution constante. De femme battue à mère désespérée par la mort de son enfant, elle a surmonté cela en devenant une véritable guerrière malgré une psychologie parfois abimée (les événements de la saison 4 l'attestent, elle n'a pas hésité à brûler vif deux infectés pour protéger le plus grand nombre). Mais les atermoiements de la survivante ont eu raison de notre patience dans cette saison 10. Insupportable au possible, parfois même complètement idiote (le coup de la grotte), il n'y a bien que sa relation devenue complexe avec Daryl pour maintenir un minimum l'intérêt. Les scénaristes ont eu, en plus, la mauvaise idée de lui infliger une addiction lui donnant des hallucinations... Il est peut-être temps que Carole soit reléguée au second plan.

 

- L'OMBRE DE RICK GRIMES

La saison 9 était parvenu, contre toute-attente, à gérer parfaitement le départ du leader Rick Grimes. Mais la propension à éliminer de nombreux personnages nuit un peu dans cette nouvelle salve d'épisodes. Michonne disparaît peu à peu, Jésus et Morgan ne sont plus là, Aaron n'a pas les épaules suffisantes pour supporter ce poids, Carole n'est qu'une ombre et Ezekiel lasse de plus en plus. Seuls Daryl et Negan tiennent leur rang. Le charisme naturel de Rick laisse un grand vide d'autant que les scénaristes se sont tirés une balle dans le pied en éliminant Carl de l'équation. Il était l'âme de la série et on se dit que la confrontation avec Alpha et Bêta sur cette dixième saison aurait pu offrir son lot de sensations fortes. 

 

 

THE WALKING DEAD, LE BILAN DE LA SAISON 10
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