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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LA CASA DE PAPEL SAISON 4, LE BILAN

Publié le 8 Avril 2020 par Romain Jankowski in séries télé

Largement appréciée lors de sa sortie en 2017 sur NETFLIX, LA CASA DE PAPEL est une série qui ne révolutionne rien mais qui s'appuie sur une forme de suspense intensive qui tient en haleine le spectateur. 

CET ARTICLE CONTIENT EVIDEMMENT DES SPOILERS !

Après le casse des deux premières saisons, les producteurs ont remis ça lors d'une saison 3 étonnamment explosive qui avait rattrapé les défauts de la deuxième. Le rythme fut resserré (compacté en huit épisodes), les personnages mis à mal, de nouveaux protagonistes qui parviennent à mieux déjouer les attentes. On retrouvait les scories habituels du show (des réactions parfois incompréhensibles, certains personnages toujours insupportables, une volonté excessive de tenir le spectateur à coup de twists improbables), mais l'envie d'enchaîner les obstacles sur la route du Professeur et de sa bande donnait finalement un ton différent des deux précédentes saisons.

Bien aidée par son incroyable succès, LA CASA DE PAPEL est, dans le fond, remplie de trous d'air scénaristiques, tentant de compléter ses (nombreuses) incohérences par la subtilité d'un plan qui n'en a aucune. Il faut reconnaître cette force à la série, sa puissance du suspense qui donne forcément envie de laisser se poursuivre la lecture sans interruption. Il y a bien évidemment certains personnages fascinants (le Professeur en tête) et les liens qui les unissent. Dans cette partie 4, on reprend leurs aventures où elles avaient bien mal terminé lors de la partie 3. Le problème de la gestion du casse se pose rapidement et témoigne d'une limitation évidente du renouvellement de la série. D'autant qu'on tourne très clairement en rond jusque atteindre le point de non-retour à la mi-saison avec la mise en évidence de ce garde du corps ridicule appelé Gandia. Un clone de Rambo, la blessure psychologique en moins. Pour en faire l'antagoniste parfait, les scénaristes n'hésitent pas à remplir les épisodes de fusillades ridicules où même des dizaines de balles ne parviennent pas à le toucher ! Là, la série s'enfonce dans une profonde redondance autant qu'elle perd véritablement en intérêt. Les sous-intrigues se noient totalement car l'illusion n'est plus maintenue. Que dire de ces séquences avec le public devant la banque, un argument jamais utilisé sauf dans un bain de foule assez malaisant ? Le plan du Professeur n'intéresse plus personne et lui-même ne semble plus y croire. Tout devient paresseux, les personnages commencent à sérieusement faire du surplace et l'intrigue courbe dangereusement vers le ridicule (ces images de vidéosurveillance retrouvées par Alicia, une évidence que le Professeur n'a pas anticipée ?). D'autres exemples peuvent être mis en évidence, comme le sort réservé à Nairobi : une grave opération est réalisée sur elle, mais elle parvient à se relever très rapidement. Flash-back pour une demande incongrue au Professeur, puis on décide finalement de la tuer brutalement. Un peu problématique...

Alors que retenir de cette saison 4 ? Toujours cette faculté d'intriguer son public pour l'épisode suivant suite au suspense diablement bien amené de l'épisode précédent. Et puis ? Et puis, plus grand-chose d'autre. Réfléchir en  aval revient à remarquer une déception évidente de notre part. Dans le fond, LA CASA DE PAPEL a connu son heure de gloire et risque bien de sombrer si les scénaristes ne parviennent pas à boucler rapidement cette histoire. Mais cela intéresse-t-il vraiment NETFLIX ? Véritable mine d'or pour la plateforme, il y a peu de chances pour qu'elle boucle la série par un long épisode spécial (ce qui serait vraiment une bonne idée). 

 

BAROMETRE SAISON 4

 

LA CASA DE PAPEL SAISON 4, LE BILAN
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