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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de GODZILLA 2, ROI DES MONSTRES

Publié le 1 Juin 2019 par Romain Jankowski in critiques

La figure mythique créée par Tomoyuki Tanaka est une source de déclinaisons salvatrices pour le cinéma. Cela fait désormais sept décennies que la créature a le droit de revenir semer la terreur sur grand écran. Avec une qualité bien inégale, certes, mais qui contribue à garder le mythe vivant. 

En 2014, GODZILLA est déjà la base d'un plan : exposer un monster-universe qui aboutirait à un affrontement entre le lézard géant et King Kong. Mais GODZILLA c'est surtout la résurgence de l'icône chez les américains après le blockbuster décérébré de Roland Emmerich réalisé en 1998. Pétri d'idées de mise en scène stupéfiantes (il y a un vrai parti pris de la part du réalisateur Gareth Edwards avec son découpage très précis et ses multiples points de vue), ce reboot pêche par un scénario confus et une volonté qui se retourne contre lui : Godzilla est trop peu présent à l'écran et prendre le point de vue des humains, même lors des combats, fait naître une vraie frustration pour le spectateur. 

GODZILLA 2 décide de ne pas répéter les erreurs de son prédécesseur. Michael Dougherty, le réalisateur, prend un grand plaisir à filmer ses monstres avec quelques plans d'une beauté sans nom. Ils ressemblent parfois à de véritables tableaux animés et font vibrer les quatre coins de l'écran par leur fureur. Côté spectacle, cette séquelle se veut souvent généreuse avec des affrontements XXL qui jouent la carte de la destruction massive (avec un climax assez incroyable). Effectivement, Godzilla apparaît plus souvent que dans le premier volet, bien aidé par des acolytes plus grandioses que le MUTO de l'original : King Ghidorah est d'une puissance effrayante à l'écran, Mothra d'une beauté plastique poétique et émouvante alors que Rodan en impose (notamment lors de son arrivée au sommet d'un volcan). Voir toutes ces créatures s'affronter relève d'un plaisir évident qui s'amenuise tout de même à cause de son principal défaut : le scénario.

Certains rétorqueront qu'on ne va pas voir ce genre de films pour l'histoire. Et ils auront probablement raison. En tentant de couvrir son spectacle d'un discours écologique plutôt convaincant (et suivant la logique du premier volet), Dougherty ne parvient pas à être plus limpide que son prédécesseur Gareth Edwards. Malgré son impeccable casting (Kyle Chandler, Vera Farmiga, Millie Bobby Brown, Charles Dance), les personnages ont beaucoup de mal à exister. Trop stéréotypés, mal utilisés (le pauvre Charles Dance n'a pas un rôle facile) et alourdissant considérablement le film, ils sont le gros point faible d'un script étayant ses enjeux à rallonge. Ainsi la première heure est assez brouillonne avant que la deuxième ne prenne vraiment le pouls du grand spectacle que l'on attendait tous.

En l'état, ce GODZILLA 2 se révèle plus conventionnel que son prédécesseur qui osait plus dans sa représentation du monstre tout en offrant des idées de mise en scène stupéfiantes. En revanche, la suite est plus ludique et donnera aux amateurs de sensations fortes ce qu'ils recherchent. Avant un GODZILLA VS KONG qui s'annonce bien excitant ! 

 

AVIS GLOBAL : Traversé par des séquences spectaculaires et épiques, GODZILLA 2 est aussi alourdit par un scénario à la mise en place longue et peu convaincante. Reste un vrai bon spectacle et des monstres impressionnants !

NOTE : 13 / 20

 

GODZILLA 2, ROI DES MONSTRES   2h11

Un film réalisé par Michael Dougherty

Avec Kyle Chandler, Vera Farmiga, Millie Bobby Brown, Charles Dance.  

critique de GODZILLA 2, ROI DES MONSTRES
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