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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de BIENVENUE À MARWEN

Publié le 5 Janvier 2019 par Romain Jankowski in critiques

Robert Zemeckis qui réalise un film sur la puissance de l'imaginaire pour sortir d'une difficile réalité. Voilà bien un postulat d'une logique implacable, lui qui s'est toujours servi du storytelling pour que ses personnages gardent le contrôle sur leur environnement. Dans le monde de Zemeckis, le protagoniste est obligé de s'inventer une histoire pour survivre (c'était aussi le cas dans SEUL AU MONDE).

L'histoire vraie de Mark Hogancamp (Steve Carrell) est un véritable défi de mise en scène : comment réussir à donner vie aux petits soldats de manière crédible ? En reconstruisant un village imaginaire de la Seconde guerre mondiale, Mark expie toutes ses douleurs et personnifie son entourage, les transformant en de véritables guerrières protégeant son alter ego, le capitaine Hogie. BIENVENUE A MARWEN demande un temps d'adaptation aux spectateurs malgré la remarquable utilisation du procédé (au départ, pour être plus limpide, Zemeckis utilise l'appareil photo de Mark pour nous ramener à la réalité avant que les deux mondes ne se mélangent). Les éléments sont placés un à un, tous ayant eu un impact dans la vie de Mark sans qu'on ne sache de quelle manière. Le cinéaste ne nous livre pas toutes les clés et c'est ce qui fait la force de son film. On se l'approprie, on se plonge dans la tête, malade, de cet homme blessé par la vie. 

En assumant de faire un film à contre-courant du cynisme actuel, Zemeckis 

revient aux plus belles heures de son cinéma et montre que si celui-ci s'est apaisé avec le temps, il n'a rien perdu de sa valeur. Avec ses plans longs qui permettent à ses formidables acteurs de livrer de superbes prestations, l'impressionnant dispositif de motion capture lui permettant de filmer ces petites figurines criantes de réalisme et sa volonté de conserver ses élans romanesques, le cinéaste finit par laisser tomber le masque dans une dernière demi-heure très émouvante. Il lui fallait forcément un grand acteur pour endosser le rôle de Mark, et Steve Carell s'avère être le meilleur choix possible. Lui qui a débuté dans la comédie, il se transforme peu à peu en véritable acteur de composition avec son jeu si particulier de clown triste et son sourire qui exprime autant la tristesse que la possibilité d'un espoir. Il doit interpréter un grand nombre d'émotions ici tout en intériorisant une douleur qui ne se dit pas. Et il le fait de fort belle manière ! 

Bien soutenu par la douce partition d'Alan Silvestri, BIENVENUE A MARWEN est un film sur la puissance de l'imaginaire, oui, mais également un message d'espoir adressé à ceux qui doivent se relever après un terrible événement. L'amour reste le seul moyen pour surmonter sa peine et Zemeckis se rapproche en cela de son éternel camarade Steven Spielberg (qui le rappelait encore dans READY PLAYER ONE). Peut-être que le style si particulier du long-métrage ne plaira pas à tous et que certaines longueurs sont à décréter, mais force est de constater que les intentions du cinéaste sont bien transmises et qu'elles trouveront un écho chez de nombreux spectateurs. Tout en adressant un message anti-haine salvateur.

 

AVIS GLOBAL : Robert Zemeckis signe un retour émouvant avec ce BIENVENUE A MARWEN qui utilise parfaitement la technologie pour l'allier à la psychologie tourmentée de son personnage principal incarné avec brio par Steve Carell. 

NOTE : 15 / 20

 

BIENVENUE A MARWEN  1h56 

Un film réalisé par Robert Zemeckis

Avec Steve Carell, Leslie Mann, Eiza Gonzalez, Diane Kruger.

critique de BIENVENUE À MARWEN
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