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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LA DOUBLE CRITIQUE : KURSK / UN HOMME PRESSÉ

Publié le 13 Novembre 2018 par Romain Jankowski in critiques

KURSK

Narrant les terribles péripéties du K-141 Koursk, sous-marin russe naufragé suite à une explosion de torpilles, le film de Thomas Vinterberg (le grand FESTEN, le sublime LA CHASSE) délivre ses intentions dans un premier quart d'heure d'une intimité bouleversante. En humanisant ses protagonistes et resserrant son cadre, le cinéaste désire s'approcher du lien qui unit tous ces marins qui vont bientôt vivre l'enfer. Dans un subtil élargissement de l'écran, KURSK devient ensuite un film catastrophe teinté de politique où l'absurde de la situation (les russes ne veulent pas que l'Otan les aide à récupérer les marins coincés par ego, mais aussi par peur qu'il découvre leurs secrets...) se mêle au désespoir des familles et à la lutte de ces hommes dans un froid glacial, se battant pour conserver un maigre espoir de survie. Un film parfois révoltant qui ne dévoile qu'une partie de ce scandale qui en dit long sur des manoeuvres politiques abjectes. Il manquera d'ailleurs à l'ensemble un rythme plus soutenu et une absence d'impact sur les enjeux de ce Koursk, mais là n'étaient pas les intentions de Vinterberg qui a préféré se mettre au service de ces hommes morts pour rien. 

NOTE : 13 / 20

 

UN HOMME PRESSÉ

Homme d'affaires important et brillant orateur, Alain est aussi un cliché de patron, désagréable et peu affectif. Il va malheureusement être victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) qui lui fait perdre sa bonne élocution et une partie de sa mémoire. Il va donc devoir se reconstruire. Un film taillé pour Fabrice Luchini, impressionnant dans l'utilisation du langage (il faut le voir intervertir les syllabes et les mots) et de la gestuelle, rendant supportable cette histoire d'une mièvrerie effarante. Bien sûr, le PDG va forcément s'apercevoir qu'il n'a pas passé assez de temps avec sa fille, qu'il a été méchant avec son chauffeur, ignorant avec tous ceux qui l'entouraient. Et puis, il y a cette relation avec l'orthophoniste (Leila Bekhti) en recherche de repères puisqu'elle fut abandonnée à la naissance. Le tout se termine dans un montage digne d'un office de tourisme vantant ses randonnées ! Un surplus de pathos qui empêche toutes émotions malgré une idée intéressante (parler dans un film grand public de l'AVC) et une volonté de montrer la difficile reconstruction personnelle qui suit une attaque cérébrale.

NOTE : 09 / 20

 

 

 

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