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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de THE PREDATOR

Publié le 18 Octobre 2018 par Romain Jankowski in critiques

Ressusciter les anciennes sagas. Les prolonger, leur donner encore plus, plus de surenchère, plus de spectaculaire, plus d'incohérences. Les gloires du passé se font (souvent) ridiculiser par les studios d'aujourd'hui qui font soit du révisionnisme (coucou TERMINATOR GENYSIS), soit des bêtises (ALIEN COVENANT qui démystifie totalement l'Alien), soit s'engouffre dans un bordel sans nom. Ça, c'est le cas de THE PREDATOR.

Tout démarre plutôt bien. Une petite séquence sanglante dans la forêt et le film est lancé. Difficile de retrouver l'esprit assez unique du premier volet, mais tenter d'amener cet univers sur des sentiers différents, c'est ce que tous les épisodes ont tenté de faire sans véritablement le réussir. Shane Black réunit donc sa bande de mercenaires survoltés et on est prêt pour un gros massacre bien gore et jouissif. Nos ardeurs seront vite calmées.

Que le montage souffre de ses multiples problèmes internes, c'est un fait indéniable. Le scénario n'a aucune ligne directrice, si bien que le tout se transforme en grand n'importe quoi à mi-parcours. A peu prés au moment où l'ignoble predator génétiquement modifié arrive. THE PREDATOR ne parvient pas à être totalement cool, ni totalement sérieux. Les blagues sont souvent peu drôles (ou hors contexte) et la menace complètement inexistante. Les bonnes idées sont aussi mal réalisées (quand vous allez voir ce que les chiens du predator deviennent...) que développées (le fait que le petit garçon représente l'avenir). Il manque un Shane Black percutant qui bouscule le politiquement correct. On le sent clairement plus prisonnier ici, alors que même dans une grosse machine comme IRON MAN 3, il avait su apporter sa patte.

Visuellement, pas de doute, il se fait plaisir : les giclées de sang sont légion et les méchants prédateurs sont d'une violence saisissante. Mais, c'est à peu prés tout ce qui est réussi. Quand le super-predator (appelons le ainsi) débarque, le film sombre dans une laideur surprenante. Modelisé en CGI peu convaincant, le super-predator n'arrive jamais à la cheville de ses camarades réels et animatroniques. Tout sonne creux jusque ce combat final interminable et raté. On peut quand même être étonné de voir que peu de séquences d'action ont été réussies cette année au cinéma. Souvent illisibles, elles possèdent une telle construction alambiquée qu'elles en deviennent confuses. Ainsi, THE PREDATOR n'a aucun vrai moment de bravoure à son actif, ce qui reste assez problématique...

Evidemment, la fin annonce une éventuelle suite qu'on ne verra jamais (le film ne fonctionne pas au box-office). Et c'est tant mieux ? Pour nous, c'est clairement oui. A l'instar des sagas ALIEN et TERMINATOR (on a déjà peur pour le sixième volet qui sortira l'an prochain), il faut laisser nos légendes cinématographiques vivre dans nos mémoires plutôt que les plomber par des énièmes séquelles sans intérêt.

 

AVIS GLOBAL : Après une bonne première demi-heure, THE PREDATOR s'écroule à tous les niveaux, avec son visuel souvent hideux, son manque de rebondissement flagrant et son scénario mal écrit. 

NOTE : 08 / 20

 

THE PREDATOR  1h47

Un film réalisé par Shane Black

Avec Boyd Holdbrook, Trevante Rhodes, Olivia Munn, Jacob Tremblay.

critique de THE PREDATOR
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