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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

PRINCE OF PERSIA, LA SAGA AVORTEE

Publié le 27 Avril 2020 par Romain Jankowski in dossiers

DISNEY est peut-être le roi du box-office avec ses licences (MARVEL, STAR WARS, PIXAR,...), mais n'a pas toujours eu la main très heureuse pour lancer des sagas "originales". Mot entre guillemets puisque ces films sont souvent des adaptations de bouquins ou d'attraction des parcs Disneyland. Malgré tout, la firme a souvent pris des risques qui se sont avérés douloureux par l'ampleur de leurs échecs. 

Ce fut le cas de JOHN CARTER, A LA POURSUITE DE DEMAIN ou encore LONE RANGER, trois films aux budgets hors normes (tous à hauteur de 200 millions) pour des recettes faibles. Un autre, en 2010, devait lancer une nouvelle franchise ultra-lucrative : PRINCE OF PERSIA, adaptation éponyme d'un célèbre jeu vidéo des années 2000. 

Nous sommes en 2007 et le contexte de l'époque n'est pas forcément celui d'aujourd'hui. DISNEY ne possède pas encore STAR WARS tandis que le MCU, en préparation, est hébergé par la PARAMOUNT. Les franchises les plus populaires ne sont pas sous leur monopole (HARRY POTTER, THE DARK KNIGHT, SPIDER-MAN, X-MEN, TWILIGHT) et la tentative de lancer une saga phare avec LE MONDE DE NARNIA vient d'être avortée (à tel point que DISNEY vend les droits de la saga à la FOX). Seule la franchise PIRATES DES CARAIBES a une énorme côte et enchaîne les cartons au box-office. Dans cet esprit, la firme aux grandes oreilles décide de se rapprocher à nouveau de Jerry Bruckheimer, le producteur star des flibustiers, pour qu'il se mette à l'oeuvre sur une acquisition toute récente. Il s'agit donc de PRINCE OF PERSIA. 

Très vite, la production est au point et recrute Jake Gyllenhaal dans le rôle principal. L'acteur qui aurait pu être le Peter Parker de Sam Raimi ou encore le Bruce Wayne de Christopher Nolan, va enfin avoir le droit à sa propre franchise. D'ailleurs, DISNEY croit dur comme fer au projet, se basant sur l'attente du public et des fans de la saga vidéoludique, très populaire à l'époque. Le réalisateur Mike Newell est choisi suite à son superbe travail sur HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU et on lui alloue un énorme budget de 200 millions de dollars ! 

La promotion s'axe largement sur le gigantisme et l'humour qui ont fait le succès de PIRATES DES CARAIBES (marqué en grand sur l'affiche pour bien guider le spectateur). Les dépenses marketing se chiffrent à plus de 100 millions et tout est prêt pour l'envahissement du film sur les écrans dans un mois de mai plutôt calme et sans concurrent. Mais le constat est sans appel dès le premier week-end : avec 30 millions de dollars en ouverture et une troisième place obtenue derrière SHREK 4 (alors en deuxième semaine) et même SEX AND THE CITY 2 (!), les dirigeants de DISNEY savent déjà que tout est terminé. La carrière de PRINCE OF PERSIA est un désastre au vu des moyens hallucinants mis en place : seulement 335,1 millions de dollars de recettes mondiales. 

Surtout, une vague de mécontentement s'est élevée, entre des critiques assassines et des fans du jeu abattus par la vision du film. Alors, si nul PRINCE OF PERSIA ? Nous ne sommes pas vraiment de cet avis. D'ailleurs, beaucoup de spectateurs sont plus indulgents au fil du temps, reconnaissant l'ampleur du spectacle mis en scène. Tout n'est évidemment pas parfait, l'humour est mal géré, l'intrigue est assez simpliste et prévisible, mais Mike Newell orchestre un divertissement old school assez impressionnant, déroulant quelques plans d'une beauté stupéfiante (et, parfois, quelques vilains CGI et ralentis lourdingues). Le casting est concerné (Gemma Arterton s'en donne à coeur joie dans son rôle de princesse rebelle, Ben Kingsley est parfait de froideur en oncle machiavélique tandis que Jake Gyllenhaal est charismatique comme il faut en héros frondeur) et les pouvoirs de la dague ainsi que son agissement sur le temps sont bien exposés et utilisés. Comme les trois oeuvres pré-cités, PRINCE OF PERSIA ne méritait pas un tel revers mais témoigne également de l'aspect mégalomane du studio qui dépense sans compter, persuadé de sa suprématie sur le marché. 

PRINCE OF PERSIA, LA SAGA AVORTEE
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