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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

JACK RYAN, SAISON 1 : LA CHRONIQUE

Publié le 18 Septembre 2018 par Romain Jankowski in séries télé

JACK RYAN, SAISON 1 : LA CHRONIQUE

Dépoussiérer le mythe Jack Ryan était une mission à haut risque. Déjà apparu au cinéma sous les traits d'Alec Baldwin, Harrison Ford, Ben Affleck ou plus récemment de Chris Pine, l'agent crée par Tom Clancy possède une verve patriotique un peu surannée qu'il est difficile de transporter dans le monde contemporain. La preuve, dans THE RYAN INITIATIVE, Kenneth Branagh avait choisi d'en faire un film old school. 

La série préfère planter son intrigue dans les houleux conflits modernes : celui de l'islamisme radical. En épousant le point de vue du terroriste, la série tend à faire comprendre ses agissements tout en ne les excusant pas. Suleiman (impressionnant Ali Suliman) est donc un père de famille qui a subi un traumatisme lorsqu'il était enfant (résumé dans la très belle séquence d'introduction de la série) et qui ne vit que dans la haine de l'Occident. Carlton Cuse et Graham Roland, les créateurs, ont fait un bon choix en découpant l'intrigue en plusieurs fractions même si ce parti pris empêche d'étoffer correctement le protagoniste, Jack Ryan. L'interprétation plus humaine de John Krasinski est juste, mais les parts d'ombre demeurent et ne permettent pas aux spectateurs d'avoir l'empathie nécessaire envers lui. 

Malgré tout, cette saison 1 est menée à un très bon rythme et réserve son lot de surprises pour tenir en haleine tout au long des huit épisodes. Le patriotisme qui émane de ceux-ci s'attache en vérité à démontrer que n'importe quel individu fera tout pour protéger les siens et son territoire. Ryan réagit en fonction des mauvais agissements d'autrui, le personnage étant moins porté par des élans patriotiques imbuvables. L'épisode 6 le montre bien lorsque lui et son supérieur Greer doivent négocier avec un truand turc. A la fin du même épisode, Greer tente de montrer à Ryan que leurs actions ne changeront pas le monde qui les entoure, que le mal ne peut jamais être réellement vaincu. L'optimisme de l'agent est mis à mal dans une quête d'humanité qui n'existe pas. On regrette en revanche que Victor, le pilote de drone, ne soit pas plus développé, son rôle posant de bonnes questions sur ce qu'est la guerre moderne.  

Une saison 2 est d'ores et déjà commandée par AMAZON PRIME et on attendra donc de voir dans quelle direction la série sera amenée. Même si cette saison initiale emprunte quelques chemins balisés, elle nous a plutôt surpris dans sa manière de ménager le suspense tout en digressant intelligemment pour offrir un point de vue global aux spectateurs.

 

BAROMETRE : 

 

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