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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de OCEAN'S 8

Publié le 14 Juin 2018 par Romain Jankowski in critiques

Après la trilogie très inégale réalisée par Steven Soderbergh, Hollywood s'est décidé à ressortir les braqueurs de la boîte pour en offrir une version féminisée qui se doit d'être un "étendard" pour le genre. Place donc à la soeur de Danny Ocean (George Clooney dans la trilogie), Debbie Ocean (Sandra Bullock) qui, tout juste sortie de prison, s'apprête à voler un bijou d'une grande valeur à l'aide d'une équipe que l'on qualifiera poliment d'atypique. 

Quand OCEAN'S ELEVEN sort, c'est évidemment le casting qui impressionne tout le monde : on est en 2001 et un film réussit à rassembler George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon, Elliott Gould, Julia Roberts on encore Andy Garcia ! Tout ça sous la houlette du génial Steven Soderbergh et un résultat des plus jouissifs qui redéfinit le film de casse tout en honorant ses prédécesseurs. La suite fut moins heureuse avec un TWELVE à oublier et un THIRTEEN qui réussissait à reprendre un peu l'esprit du premier sans toutefois en retrouver la virtuosité. Pour être clair, on n'attendait rien de cette nouvelle version et on a bien eu raison. Avec un scénario qui enchaîne rapidement les poncifs, le casse de Debbie Ocean tourne vite à vide et se révèle sans surprise, plombé par des incohérences aberrantes et des choix de mise en scène discutables. 

La première demi-heure est à ce titre des plus laborieuses. Gary Ross (réalisateur du premier HUNGER GAMES et du réussi FREE STATE OF JONES) a bien du mal à faire exister ses protagonistes sur-maquillées : Sandra Bullock et Cate Blanchett ont l'air de poupées de cire, inexpressives, peu concernées par ce qu'elles ont à jouer. Rihanna n'est pas trop à son aise tandis que les autres font de la pure figuration ! La trilogie réussissait au moins à équilibrer les actions et à rendre tout le monde utile. Pas ici où le plan est finalement d'une facilité

déconcertante et très surprenante (surtout dans ce genre) : le scénario aurait-il prévu des retournements de situation ? Ah oui, un seul, et on peut vous dire qu'il est sacrément ridicule !

En l'état, seule la deuxième partie parvient un peu à retenir l'attention, mais sa finalité est tellement simpliste qu'on n'y prend peu de plaisir. Sous ses atours de féminisme très discutable, OCEAN'S 8 s'enferme dans les clichés plutôt que de les détourner. A ce titre, même si elle donne de sa personne, le personnage d'Anna Hathaway en est risible. Sans parler des nombreux placements de produits, de la vengeance personnelle de Debbie, d'une masculinité absente alors qu'elle aurait dû être un obstacle pour que les femmes s'affranchissent. C'est bien beau de réunir ces dernières pour aussi mal les utiliser. En manquant de chair et d'ingéniosité, Gary Ross tourne à vide pendant près de deux heures et termine par un semblant d'hommage qui ne fait que confirmer ce que l'on pensait déjà : OCEAN'S ELEVEN n'avait pas besoin de suite ni de spin-off. Tirez les rideaux !

 

AVIS GLOBAL : Ennuyeux et parfois ridicule dans les incohérences qu'il accumule, OCEAN'S 8 est un bien dispensable spin-off. Le casting s'ennuie et nous avec, malgré un vol qui retient notre attention durant vingt minutes. C'est bien peu. 

NOTE : 07 / 20

 

OCEAN'S 8   1h50

Un film réalisé par Gary Ross

Avec Sandra Bullock, Cate Blanchett, Rihanna, Sarah Paulson.

 

critique de OCEAN'S 8
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