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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LE JOUR DE MON RETOUR, COLIN FIRTH SUR LES MERS

Publié le 6 Mars 2018 par Romain Jankowski in dossiers

LE JOUR DE MON RETOUR, COLIN FIRTH SUR LES MERS

Nous sommes en 1968, en Angleterre. Donald Crowhurst (Colin Firth) décide de participer à la Golden Globe, course autour du monde à la voile en solitaire, sans escale, organisée par le Sunday Times. Galvanisé par ce défi sans précédent, Donald, marié et père de trois enfants, compte également sur la récompense pour payer ses dettes. Il embarque alors sur son trimaran qu'il a lui même construit, dans l'espoir d'être de retour chez lui dans six mois. Mais très vite, il se révèle être mal préparé à affronter les épreuves qui l'attendent...

Voici le point de départ du nouveau film de James Marsh, celui à qui l'on doit le très joli UNE MERVEILLEUSE HISTOIRE DU TEMPS. Il narre ici les (véritables) aventures de Donald Crowhurst qui décida donc de quitter momentanément sa famille pour virer au grand large. Ce film répond à un certain contexte, celui d'une Angleterre particulière, coincée dans des années 60 où l'Empire britannique n'existe plus et où les hommes recherchent l'aventure et la notoriété en nourrissant des rêves d'héroïsme. C'est ainsi que la reine Elisabeth II anobli Francis Chichester, le premier navigateur autour du monde en solitaire. 

Profitant de cet engouement pour les tours du monde en solitaire, le Sunday Times organise le

Golden Globe, course à la voile autour du monde en solitaire et sans escales. On n'exige pas de qualification particulière des participants. C'est ainsi que Donald s'engage dans cette aventure extrêmement périlleuse. Au-délà du besoin financier, c'était un homme en quête de succès pour l'aider à surmonter ses nombreux échecs. James Marsh, qui a initié un important travail de recherches, appuie ce point de vue en précisant que Crowhurst possédait une importante confiance en soi et que cela rejaillissait sur son entourage. Il n'était d'ailleurs pas forcément un novice absolu, mais il a vite atteint ses limites à cause de son orgueil démesuré.

Peu connue en France, l'histoire de ce navigateur amateur est assez célèbre en Grande-Bretagne. Sur les mers, Crowhusrt tenait des propos très éloignés de la réalité à sa famille et ses interlocuteurs, dans le but de ne pas avouer son échec et d'entretenir sa légende. En consultant les journaux de bord et en écoutant les enregistrements, Marsh va plus loin en affirmant que le navigateur était "dans une réalité cosmique, mentalement atteint par la solitude".

Au-délà du symbole, LE JOUR DE MON RETOUR est surtout un portrait intimiste d'un homme prisonnier de sa psychologie et de ses ambitions. Rachel Weisz, qui incarne sa femme à l'écran, parle "d'un rêveur qui se retrouve piégé par un pieux mensonge". Le film s'emploie alors à en faire un héros romantique, sans pour autant plonger dans l'hagiographie, loin de là. Colin Firth sait néanmoins distiller assez d'empathie pour que l'on s'attache à n'importe lequel de ses personnages, réels ou fictifs. 

LE JOUR DE MON RETOUR sort ce mercredi 7 mars dans les salles.

(Re)découvrez la bande-annonce ici : 

 

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