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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

L'EMBELLIE ANGLAISE DES 60s

Publié le 19 Mars 2018 par Romain Jankowski in Histoire du cinéma

L'EMBELLIE ANGLAISE DES 60s

Les années 60 en Angleterre sont peut-être les plus célébrées, encore à l'heure actuelle. Un mouvement de liberté (à l'instar des autres pays), une période post-guerre faste avant la crise des années 70. L'époque de la BEATLEMANIA et du SWINGING LONDON. 

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, avec le succès inattendu du Labour Party (parti politique de gauche) la Grande-Bretagne voit apparaître une jeune gauche, autour de laquelle se cristallisent plusieurs mouvements artistiques. C'est la naissance du FREE CINEMA où une poignée de cinéastes rejoignent un autre mouvement, celui des ANGRY YOUNG MEN, ces écrivains et dramaturges qui se veulent "en colère", bien décidés à ébranler ce vieil édifice

britannique histoire que la nouvelle génération rompt avec l'ancienne. Leurs ambitions ? Rejeter le cinéma officiel, engourdi et académique pour renouer avec la tradition documentaire en réalisant des films populaires destinés au monde contemporain, tout en remettant en question la société britannique en décrivant le monde ouvrier dans ses gestes et ses décors familiers. Feront ainsi parti du FREE CINEMA, des cinéastes tels que Tony Richardson (UN GOUT DE MIEL), Lindsay Anderson (LE PRIX D'UN HOMME) ou encore John Schlesinger (DARLING). Pendant des années, cette poignée d'artistes multiplie les coups de boutoir contre le conformisme britannique. Vite démantelé, le FREE CINEMA est un socle incontournable du renouveau anglais au cinéma, de part son insolence et sa liberté de ton. 

On assiste également à la liberté des moeurs durant cette décennie qui vient à bout de la vieille morale victorienne. La décennie est évidemment dominée par le phénomène des BEATLES qui contamine tout le pays puis le monde entier. La comédie loufoque réalisée par Richard Lester en 1964, QUATRE GARCONS DANS LE VENT (photo ci-dessus), atteste du pouvoir d'attraction qu'ont ces musiciens même au cinéma. Le septième art profite plus largement du SWINGING LONDON, encore régulièrement évoqué en Angleterre. Une expression donnée aux 60s à cause de la vitalité londonienne de l'époque, entre pop art et mode à la pointe. Le pays se délivre de son passé et de ses démons, s'adressant à une génération qui s'affranchit de ses aînés. Le cinéma, art populaire par excellence, profite de cet engouement.

Les studios HAMMER deviennent le porte-étendard du cinéma de genre en redonnant une nouvelle jeunesse à DRACULA et FRANKENSTEIN, dominés par deux monstres sacrés, Christopher Lee et Peter Cushing. Un réalisateur britannique enchaîne ses superproductions dantesques : David Lean. Son LAWRENCE D'ARABIE est un succès incommensurable (et aussi l'un des plus grands films de tous les temps a posteriori), DOCTEUR JIVAGO le confirme au sommet avant la chute avec LA FILLE DE RYAN qui l'écartera des plateaux de tournage pendant plus d'une décennie. Et il y aura évidemment un personnage devenant l'icône de tout un pays et sévissant encore aujourd'hui, plus de cinquante-six ans après sa naissance sur grand écran : James Bond. Le visage de Sean Connery restera à jamais gravé comme celui d'une décennie dorée, rattrapée par une autre bien plus noire : celle de la crise des années 70. 

 

Sean Connery en James Bond, l'icône de toute une génération

Sean Connery en James Bond, l'icône de toute une génération

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