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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de READY PLAYER ONE

Publié le 29 Mars 2018 par Romain Jankowski in critiques

Deux mois après PENTAGON PAPERS, Steven Spielberg revient à la charge pour secouer méchamment le cinéma mainstream. Il ne vous faudra que quelques minutes pour comprendre que le monsieur de 71 ans vient de rappeler tout le monde à l'ordre. 

Quelques minutes ? Quelques secondes plutôt. Le temps de ces mouvements de caméra d'une fluidité extrême où le jeune Wade Watts descend ce qui est appelé "Les piles", une sorte de ghetto où la misère prédomine. Une scène presque anodine que le cinéaste filme comme un moment de bravoure. Un éclatement de la mise en scène qu'il répétera à chaque instant donnant à READY PLAYER ONE une extraordinaire limpidité. Pourtant, le cerveau du spectateur va travailler puisqu'il devra enregistrer une quantité d'informations assez importante à un rythme soutenu (ceux qui n'ont pas lu le livre doivent rester bien attentifs !). Mais Spielberg sait très bien gérer son tempo et jamais vous ne vous sentirez perdus. 

Le réel et l'irréel. Le monde et l'OASIS. La force visuelle de l'ensemble nous plonge littéralement dans cet univers de tous les possibles où la population oublie sa condition vitale pour devenir celle dont elle a envie. A l'instar de son personnage principal, le spectateur est scotché par cette remarquable réalité virtuelle qui devient une partie de nous. A tel point que le retour à la réalité est parfois brutale. Hallucinant dans son design global, l'OASIS est une merveille absolue, peut-être ce qu'on a vu de plus beau depuis AVATAR. La magie opère aux quatre coins de l'écran et on n'a pas le temps d'admirer la vue qu'une leçon de cinéma nous est servie sur un plateau : une course blindée de références à la pop culture, sans musique, foutraque en apparence mais totalement folle (et on pèse les mots) dans sa forme ! Jouissive, complètement barrée, indéniablement épique, cette séquence est proprement stupéfiante. 

Plus de deux heures de bobine pour un film qui passe à toute vitesse. La déconstruction du livre est souvent très judicieuse (préparez-vous à quelques gros changements ) et les personnages bien croqués. Tout juste regrette-t-on que Aech, le meilleur ami de Wade, soit un peu sous-développé. Comme souvent chez Spielberg, les sentiments sont présents et la beauté humaine l'emporte sur l'enveloppe formelle. En touchant les émotions et en mettant en évidence les relations humaines (comme l'amitié, la solidarité, l'amour), le cinéaste place son film encore plus haut, comme à chaque fois. Pourquoi possède-t-il autant de classiques dans sa filmographie ? Pourquoi nous passionne-t-il autant ? Parce que ses films ne sont jamais vides et que sous leur apparence de spectacles hors normes (ce qu'ils sont souvent), ils possèdent constamment une dimension personnelle qui connecte le spectateur à son univers. 

 

NOTE GLOBALE : Préparez-vous à une expérience époustouflante avec ce READY PLAYER ONE qui va vous embarquer dans un univers dont on aimerait ne jamais revenir ! Spielberg rappelle qui est le vrai patron.

NOTE : 18 / 20

 

READY PLAYER ONE   2h20

Un film réalisé par Steven Spielberg

Avec Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn, Mark Rylance.

critique de READY PLAYER ONE
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