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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

BILAN 2017 : LA RENTABILITE DES FILMS FRANCAIS

Publié le 27 Mars 2018 par Romain Jankowski in dossiers

BILAN 2017 : LA RENTABILITE DES FILMS FRANCAIS

On parle souvent de l'amortissement des blockbusters américains car les budgets sont limpides et que les calculs sont assez simples. Surtout, il y a toujours une fascination du box-office US, international, mondial. Mais qu'en est-il de notre pays ? Qui a le mieux amorti son budget avec l'exploitation ? 

C'est effectivement rare qu'on se penche sur la question puisque les devis ne sont pas toujours mis en évidence. Le CNC et LE FILM FRANCAIS ont dévoilé la rentabilité des films français en 2017 et les résultats sont stupéfiants. Toutefois, on doit vous préciser que les productions hexagonales établissent un plan sur plusieurs années avec la vidéo et bien évidemment la retransmission télévisée. En effet, comme les chaînes investissent dans les films, elles pensent d'abord à l'audience que ces derniers pourraient leur apporter.

 

LES GRANDS GAGNANTS (rentabilisés en salles)

En plaçant leurs deux films à la tête du classement, la "bande à Fifi" est la grande gagnante de 2017.

- ALIBI.COM a coûté 7,5 millions d'euros et les entrées se sont élevées à 3,5 millions. Son taux de rentabilité est renversant, à hauteur de 157,7 % ! Le film est déjà largement rentabilisé sans compter la vidéo et la future diffusion télé.

- EPOUSE-MOI MON POTE : L'autre film de la bande réalisé par Tarek Boudali possède un devis de 5,2 millions d'euros et il a réuni 2,4 millions de spectateurs. Son taux de rentabilité est pratiquement pareil que son acolyte avec 157,2 %. Rappelons qu'ils sont un peu coutumier du fait puisque BABYSITTING avait explosé les compteurs avec 211 % et le deuxième, 105 % !

- PATIENTS : Le très beau film de Grand corps malade a lui aussi été rentable en salles avec un taux de 107,04 %. Il a bien marché avec 1,3 million d'entrées et son budget est largement modéré (3,9 millions d'euros). 

 

LES BONS ELEVES (entre 50 et 100 %) 

- L'ECOLE BUISSONNIERE : Avec son budget de 7,8 millions d'euros, le film de Nicolas Vanier a été tout prés de se rentabiliser avec la seule exploitation cinéma. Cumulant 1,9 million d'entrées, il possède un joli taux de 80,3 %. 

- IL A DEJA TES YEUX : Une belle rentabilité pour Lucien Jean-Baptiste (78,6 %). Le budget de cette sympathique comédie dans l'air du temps s'élève à 5,9 millions. Il a cumulé 1,3 million d'entrées.

- MON GARCON : L'un des plus petits budgets de l'année pour cette expérience où Guillaume Canet a improvisé la plupart de ses scènes. Un micro budget de 1,9 million d'euros pour 410 840 entrées soit un pourcentage très satisfaisant de 70 %.

- LE SENS DE LA FETE : Avec 3 millions d'entrées, le dernier film d'Olivier Nakache et d'Eric Toledano a rentabilisé à hauteur de 67 % son énorme budget de 14,8 millions d'euros ! On ne se soucie pas trop de la suite, le film devant largement poursuivre le remboursement de son budget avec la vidéo et la future diffusion TV.

- 120 BATTEMENTS PAR MINUTE : Boosté par un bouche à oreille remarquable et un festival de Cannes qui l'avait encensé, le superbe film de Robin Campillo a réussi à atteindre la barre symbolique des 50 % de rentabilité (51,5 % exactement). Il possède un budget de 5,3 millions d'euros et a réalisé 834 091 entrées.

 

LA MENTION "CORRECT" (entre 30 et 50 %)

- RAID DINGUE : Eh oui, aussi surprenant qu'il puisse paraître, Dany Boon n'est ni dans les grands gagnants ni dans les bons élèves. Il est juste "correct". Pourtant il a gagné le césar (totalement ridicule) des entrées avec 4,5 millions de spectateurs ramenés en salles. Mais le budget est énorme : 32,4 millions d'euros ! Son taux de rentabilité n'a donc pas dépassé les 46,8 %. 

- OTEZ-MOI D'UN DOUTE : Le film avec François Damiens a réalisé 679 064 entrées pour un budget de 5,2 millions d'euros. Un score honorable pour une rentabilité à hauteur de 43 %.

- LE BRIO : Porté par Daniel Auteuil et Camilla Jordana (qui a gagné un césar au passage), le nouveau film d'Yvan Attal possède une rentabilité de 38 %. Ses entrées sont satisfaisantes (1,1 million), mais le budget est assez élevé (9,7 millions !).

- AU REVOIR LA-HAUT : On se doutait que le sublime film d'Albert Dupontel n'atteindrait pas à un grand taux de rentabilité. Avec son très gros budget de 19,7 millions (très bien utilisé), AU REVOIR LA-HAUT doit se satisfaire de 33,9 % avec des entrées s'élevant à 2,016 millions. 

 

LES ECHECS (entre 0 et 30 %)

En dessous des 30 %, les producteurs considèrent que c'est un échec. La liste est longue et nous n'avons donc pas fait de liste exhaustive (à l'instar des deux autres).

- ROCK N'ROLL : Le film de Guillaume Canet a un budget de 17,6 millions d'euros et n'a réalisé que 1,3 million d'entrées. Son taux de rentabilité plafonne à 24 %, une déception pour le comédien-réalisateur. 

- SANTA ET CIE : Espérant également une bonne rentabilité sur d'autres territoires, le film

d'Alain Chabat n'a pas excellé en France avec un taux de 23,3 %. Son gros budget de 28,3 millions d'euros n'y est pas étranger. 

- KNOCK : Le premier gros échec de l'intouchable Omar Sy. Avec 12,6 millions d'euros de budget pour 570 655 entrées, KNOCK n'est rentabilisé qu'à 14,9 % ! Un résultat assez catastrophique.

- STARS 80, LA SUITE : Avec son stupéfiant budget de 20 millions d'euros (les "stars" ont dû être grassement payés) le navet de Thomas Langmann s'est planté avec 325 723 entrées soit une rentabilité estimée à 5,4 % ! Comme quoi, il y a toujours une justice. 

- LE REDOUTABLE : Avec son faux biopic sur Jean-Luc Godard, Michel Hazanavicius tombe de haut. Son taux de rentabilité est à hauteur de 4 % ! Avec son budget de 11 millions d'euros et ses 135 394 entrées, LE REDOUTABLE est un flop total.

 

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