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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

3 BILLBOARDS : L'AMOUR, LA JUSTICE ET LA MORALE

Publié le 28 Juin 2020 par Romain Jankowski in analyses

En 2018, quand sort le nouveau film de Martin McDonagh, on a le coeur en vrac et les yeux qui brillent. 3 BILLBOARDS est un choc, appuyé par une distribution hors normes, trois acteurs qui bousculent, des regards qui s'échangent, des vérités qu'on ne dit pas ou des maladies qu'on cache. 3 BILLBOARDS est un choc. Un vrai. Costaud, véritable, et qui s'empare de son sujet pour mettre en évidence d'incroyables personnages que vous ne pourrez pas aimer complètement...ni véritablement détester. Cette chronique s'intéresse à trois thèmes très ancrés dans le film. 

 

- L'AMOUR 

Deux séquences frappent considérablement les esprits. D'abord, le dernier échange de Mildred  (Frances McDormand) avec sa fille, une dispute apparemment coutumière dont des mots assez horribles résonnent encore dans l'esprit d'une mère bien imparfaite. Des mots prophétiques qui nous parviennent à travers un unique flash-back lourd de sens. 

Puis, il y a cette magnifique séquence en forme d'adieux du chef de police Willoughby (Woody Harrelson). Atteint d'un cancer, il décide de mettre fin à ses jours dans une grandiose idée de montage. Non, il n'annoncera pas à sa femme qu'il est malade, mais il se tuera pour que sa famille ne le voit dépérir au fil des mois. On remonte les sentiments de Willoughby à travers les lettres qu'il a écrites et on s'aperçoit que l'on est submergé par une émotion brute et soufflante. McDonagh compose son point d'orgue et rebâti une nouvelle intrigue à partir de ce moment si chargé.

 

- LA JUSTICE

Au coeur même du personnage de Mildred, la justice ne s'apparente ici qu'à l'identification d'un meurtrier invisible que la police ne semble plus rechercher. Les panneaux sont là pour leur rappeler qu'ils ont un travail à accomplir et les conséquences auront bien lieu : tout le monde est affecté par ces écritures noires sur un fond rouge éclatant. La justice renvoie à l'injustice à travers ces gens racistes, violents voire psychopathes. L'Amérique en prend un coup autant que Mildred, odieuse avec tous, ne se préoccupant pas des conséquences de ses actes. Elle est à la recherche de la vérité alors elle prendra ses responsabilités. Cette mère n'est pas compatissante, ne prend pas part aux ressentiments des autres, hantée par des démons qu'elle ne contrôle pas. 

 

- LA MORALE

L'incarnation de ce thème en revient au dernier personnage dont on n'a pas encore parlé : Jason Dixon (Sam Rockwell). Flic stupide, violent, raciste et haineux, il est l'antagoniste évident pendant plus d'une heure, celui par lequel tout peut arriver. Il y a ce monstrueux (dans tous les sens du terme) passage où il défenestre le publicitaire. Il se fiche des lois ou de ce qu'il est autorisé à faire. Alors qu'il semble irrécupérable et qu'il se fait virer par le nouveau chef de police (un noir de surcroît), il lit la lettre de Willoughby à son encontre. De là, les mots couchés sur papier vont avoir un grand impact sur lui, révélant la meilleure partie de lui-même, celle qu'il avait ancré au plus profond de son âme, celle-ci étant rongée par la colère (dont la perte du père). La renaissance par les flammes, celles attisées par le colère de Mildred. Un symbole fort pour un futur classique.

 

 

3 BILLBOARDS : L'AMOUR, LA JUSTICE ET LA MORALE
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