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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

THE PUNISHER SAISON 1, LA CHRONIQUE

Publié le 18 Décembre 2017 par Romain Jankowski in séries télé

Refermer THE PUNISHER, c'est un peu achever le chemin d'une vengeance personnelle contre un système défaillant, basé sur le mensonge et la manipulation. Où se trouve-t-on lorsque l'on prend plaisir à voir Frank Castle abattre des ordures occupant pourtant les plus hauts postes de la société ? Une question morale ambigüe qui finit de rendre THE PUNISHER comme un incontournable de cette fin d'année. 

La saison 1 a donc tenu ses promesses, démarrant sur les chapeaux de roue et ne connaissant que très peu de baisse de régime (contrairement aux autres séries MARVEL / NETFLIX). Sous ses atours de série B ultra-violente, THE PUNISHER est donc parti sur le terrain politique, mêlant la quête vengeresse de Castle avec un mensonge bien plus grand. Inutile de dire qu'on ne rentre pas dans le discours ésotérique car la parlotte n'est pas le fort du personnage principal. Il agit, il frappe (fort), il encaisse, il chute, il se relève. Sans Jon Bernthal dans le rôle principal, la série aurait subitement perdu une grande partie de son aura. L'acteur est extraordinaire, d'une puissance monstre à l'écran, déchaînant sa rage dans des accès de colère déments (l'épisode 12 est assez insoutenable). Avec son air abattu, recelant autant de tristesse que de colère, Bernthal nous frappe d'un uppercut méchamment dosé. On s'y attendait après l'avoir découvert dans l'éclatante saison 2 de DAREDEVIL, mais on reste toujours scotché par son engagement.

Les intrigues ne se multiplient pas. Tout part d'une vidéo compromettante et l'agent Madani qui enquête. Un peu trop tête brûlée, elle va donc mettre les pieds dans une histoire qui la dépasse. Ou pas. Remplie d'abnégation, la jeune femme use de toute son intelligence pour éclairer la vérité et rééquilibrer la justice. David Libermann, l'autre victime de ce complot, se terre dans un sous-sol avec Castle, observant sa famille qui le croit mort. Une trajectoire personnelle touchante qui se trouve être l'une des seules respirations plus sentimentale. L'autre grand angle des scénaristes dans cette première saison, c'est de traiter le retour à la vie quotidienne des anciens soldats. Dans une séquence guerrière phénoménale, le résumé est plein : ces hommes sont traumatisés et reviennent avec un esprit guerrier bien plus fort et

dangereux. Tous les personnages sont touchés et en particulier le jeune Lewis Walcott, qui aménage même une tranchée dans son jardin. Là encore, l'accent est mis avec subtilité, ne jouant pas avec vitesse sur les traumas de chacun. La descente aux enfers de Walcott est progressive et s'avère aussi dangereuse que poignante. La menace vient aussi de l'intérieur. En témoigne le personnage de Billy Russo, le traître incarné par un costaud Ben Barnes. 

Cette saison 1 est donc une grande satisfaction alors qu'on a été plutôt déçus par THE DEFENDERS, peu emballés par la deuxième moitié de IRON FIST et que JESSICA JONES ne nous a pas forcément fait décoller. LUKE CAGE avait été un peu au-dessus, mais seule la série DAREDEVIL atteignait vraiment un haut niveau dans cet univers partagé. THE PUNISHER s'inscrit dans la lignée du démon de Hell's Kitchen et on a déjà hâte de découvrir la saison suivante. Gratifiée de quelques épisodes ingénieux (et notamment le dixième avec ses nombreux points de vues), cette saison 1 n'aura souffert que d'une fin attendue et un peu trop grand-guignolesque par moment. Pas de quoi bouder son plaisir, toutefois !

THE PUNISHER SAISON 1, LA CHRONIQUE
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