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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de LA PROMESSE DE L'AUBE

Publié le 23 Décembre 2017 par Romain Jankowski in critiques

Adapter le chef-d'oeuvre littéraire écrit par Romain Gary est un sacré pari. Dense, immense, sublime, dantesque, LA PROMESSE DE L'AUBE est l'un des plus beaux romans du XXème siècle. L'auteur aux aventures diverses, entouré d'une protection maternelle dépassant l'entendement, se racontait dans une prose bouleversante. Eric Barbier s'empare de cette histoire avec une envie de cinéma folle. 

Reconstituant les années 20 à 40 avec esthétisme, le cinéaste découpe son récit comme le roman, en trois parties : la jeunesse en Pologne, l'adolescence à Nice et les années guerrières. Là où Romain va devenir un adulte, maîtrisant mal ses nerfs comme dans cette scène cocasse où il tire sur un moustique au pistolet lors de son escale en Afrique ! Avec un certain souffle, la caméra n'hésite pas à lâcher ses personnages pour de magnifiques travellings dévoilant la nature d'un monde auquel le protagoniste doit s'abandonner puisque cette histoire initiatique est d'abord une histoire d'amour, celle de Romain et sa mère, protectrice, attachante, aimante, mais aussi agressive, sévère et intransigeante. Le rôle le plus dur à retranscrire et à interpréter. Charlotte Gainsbourg réalise presque un miracle, entre son accent polonais parfait, son visage à la fois dur et attendrissant, cette stature de femme indestructible qui sacrifie tout pour sa progéniture. On est pas loin de réclamer le César pour elle l'an prochain. En face, Pierre Niney confirme (si c'était encore à prouver) qu'il est l'un des plus talentueux de sa génération. 

Bien sûr, certains adorateurs du bouquin pourront tiquer sur certains détails (que nous ne

résumerons pas ici), mais le film fonctionne parfaitement même si la première partie souffre de quelques longueurs. A vouloir montrer comment toute cette vie a commencé (et s'est forgée), le montage n'est pas assez resserré pour empêcher l'essoufflement à mi-parcours. C'est d'autant plus dommage que les ellipses se multiplient un peu trop vite par la suite. La voix-off qui suit les lignes comme un roman ouvert surligne parfois trop les émotions de Romain. 

Dans ses thématiques, cette adaptation capte parfaitement le coeur de son matériau d'origine entre les nombreuses péripéties, les filles, la guerre, la mère, le besoin de reconnaissance. Romanesque à souhait, visuellement splendide, LA PROMESSE DE L'AUBE nous montre que le cinéma français est toujours capable de nous bousculer et de nous impressionner. Avec AU REVOIR LA-HAUT, il fait partie des plus beaux moments de notre cinéma hexagonal 2017. 

 

AVIS GLOBAL : Adapter le monstre de Romain Gary n'est pas chose aisée. Eric Barbier s'en sort avec les honneurs, saisissant avec force la puissance des émotions du roman. Son duo d'acteurs parfait un film captivant. 

NOTE : 15 / 20

 

LA PROMESSE DE L'AUBE  2h10

Avec Pierre Niney, Charlotte Gainsbourg, Jean-Pierre Darroussin, Didier Bourdon.

critique de LA PROMESSE DE L'AUBE
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