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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LA NAISSANCE D'HOLLYWOOD : PARTIE 2

Publié le 31 Octobre 2020 par Romain Jankowski in Histoire du cinéma

LA NAISSANCE D'HOLLYWOOD : PARTIE 2

Alors que la Californie est désormais devenue le poumon de l'activité cinématographique des Etats-Unis, les studios immenses, comme reflets des ambitions de leurs fondateurs, sont construit pour faciliter la production. Le burlesque et le western sont alors les genres populaires, mais les intrigues, calibrées pour tenir une ou deux bobines, deviennent rudimentaires. 

LONGS-METRAGES ET SUPERPRODUCTIONS

Avec LE MARI DE L'INDIENNE, Cecil B. De Mille bouleverse la donne en 1913. Etalé sur quatre bobines, il devient le premier long-métrage de l'Histoire d'Hollywood. Le succès est foudroyant et la norme s'installe dès 1915, jetant, par la même occasion, les serials et autres courts-métrages aux oubliettes. A l'instar de ce qui se passe aujourd'hui (et, dans le fond, dans toute l'Histoire d'Hollywood), la concurrence règne dans l'industrie, ce qui provoque inexorablement une surenchère. D.W Griffith avec son incroyable NAISSANCE D'UNE NATION révolutionne le cinéma dans ses grandes largeurs. Son oeuvre ambitieuse sur la guerre de Sécession au propos discutable (un fond raciste évident) marque par son découpage sophistiqué et innove avec le montage alterné (aujourd'hui totalement banalisé) pour soutenir la tension dramatique.

Plus de cent ans après, cette fresque admirablement mis en scène reste un pur prodige. Les partis pris discriminatoires n'empêchent pas le film d'être un triomphe à sa sortie. L'argent amassé servira au cinéaste pour sa démesure suprême, celle d'INTOLERANCE en 1916, film fleuve basé sur quatre récits aux époques et thèmes différents, simplement liés à l'intolérance. Quatorze bobines, seize semaines de tournage et cinq mille figurants pour une oeuvre visionnaire, mais incompréhensible pour le spectateur de l'époque. Les décors incommensurables sont construits (celui de Babylone, en photo ci-contre, est un ensemble de tours de cinquante mètres de longs et quarante-cinq mètres de hauteur, proprement hallucinant !) Les dettes s'accumulent et Griffith devient le premier spectateur de la puissance d'Hollywood à double tranchant : on peut vite se retrouver en haut mais tout aussi rapidement en bas ! Surtout que la répercussion de cet échec se fait ressentir dans la manière où, pour impressionner un public devenu exigeant, l'achat de matériel sophistiqué, la présence de stars ainsi que des dizaines et des dizaines de grandioses décors sont nécessaires pour épater les spectateurs ! 

Le marché se dérègle et les studios vont fortement souffrir de cette telle démesure (qu'ils ont eux-mêmes créé...). Mais ils vont trouver la solution. 

 

L'ENTERTAINMENT ET SES STUDIOS

Suite à ces excès de budget, la concentration, entamée pendant la décennie précédente, s'accélère puisque un enchaînement de fusions bouleverse le paysage audiovisuel américain. Ces rassemblements permettent de cumuler l'argent et débloquer les fonds. A la fin des années 1920, la structure de l'industrie s'éclaircit : huit sociétés dominent le marché. Cinq d'entre elles (MGM, PARAMOUNT, FOX, WARNER et RKO), surnommées les BIG FIVE, possèdent à la fois d'importants studios de production, un réseau de distribution à l'échelle mondiale et un circuit de salles conséquent. 

PARAMOUNT, créée en 1916 par Adolph Zukor, est la plus puissante avec son réseau de mille cinq cents cinémas à travers le pays. La FOX en compte huit cents à son actif. Si la MGM, née plus tardivement en 1924, garde un réseau limité à cent cinquante salles, celles-ci sont les plus prestigieuses. A cette date, ces cinq puissantes machines contrôlent les trois milles meilleures

salles du pays. Les indépendants, qui possèdent plus d'écrans, ne peuvent rivaliser en terme de revenus. UNIVERSAL, COLUMBIA et UNITED ARTIST, les trois autres studios surnommés les LITTLE THREE, choisissent de se limiter à la distribution et à la production.

C'est là, suite à cette période de démesure filmique, qu'Hollywood peut vraiment commencer son histoire de puissant entertainer mondial et s'offrir toutes les folies possibles pour ramener les gens en salles (et faire du profit). La machine est lancée, se casse les dents pour toujours mieux repartir. L'histoire a aussi décidé pour elle : la première guerre mondiale, touchant principalement l'Europe, a affaibli considérablement le continent dans son essor cinématographique. La Suprématie du cinéma américain commence là, ensuite accélérée par d'autres dérives européennes (les Nazis) et le plan Marshall (l'aide des USA aux pays européens suite à la guerre qui a autant servi ces nations touchées par les conflits que renforcer l'américanisation globale). Hollywood peut être agaçant, impressionnant, détestable, brillant, injuste ou fascinant, il ne cessera d'être l'un (sinon le) des protagonistes absolu du cinéma.     

 

Retrouvez la partie 1 ici : 

 

 

 

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