Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de AU REVOIR LA-HAUT

Publié le 1 Novembre 2017 par Romain Jankowski in critiques

En adaptant le roman fleuve et incroyablement dense de Pierre Lemaître, Albert Dupontel ne s'offrait pas un cadeau. S'il est impossible de retrouver la force de l'écrit, le cinéaste s'en sort avec les honneurs grâce à une mise en scène époustouflante. 

Oui, Dupontel sait filmer. On n'a pas attendu AU REVOIR LA-HAUT pour le confirmer, mais c'est la première fois que le budget (et le sujet) lui permet ces folies-là. Travellings à la maîtrise

inouïe, idées de plans remarquables, soin chirurgical apporté à l'image, on en prend plein les yeux. La séquence guerrière des tranchées est grandiose. Sans parler des décors, eux aussi très bien travaillés. Mêlant sa force artistique au désir politique, Dupontel parvient à nous emmener dans son monde à lui et, étonnamment, ne perd pas sa folie même dans un texte qui ne lui appartient pas. 

Son burlesque et son goût de la fantaisie sont toujours là ce qui fait perdre à l'histoire de Lemaître toute sa densité thématique. Sur ce point, impossible d'être surpris tant le roman donne dans le détail d'après-guerre, de la non-considération des "gueules cassées" jusqu'aux arnaqueurs fourbes et sans pitié. Ces derniers sont symbolisés par Pradelle (excellent Laurent Lafitte), un lieutenant de guerre qui se déguise en prédateur social. L'humour noir, la gaucherie (merveilleuse interprétation de Dupontel lors du repas chez les Pericourt), la beauté même dans la laideur, le côté frondeur, AU REVOIR LA-HAUT est un grand film populaire au sens noble du terme sans être dénué d'âme, loin de là.

Cependant, il manque un peu d'émotions à cette belle histoire. L'aspect déchirant du roman n'a que peu de répercussions ici et c'est le seul vrai défaut que l'on pourra pointer du doigt. Pourtant, dans son regard d'une sidérante expression, le déjà important Nahuel Perez Biscayart (exceptionnel d'intensité dans 120 BATTEMENTS PAR MINUTE) nous foudroie en quelques instants. 

 

AVIS GLOBAL : Esthétiquement magnifique, AU REVOIR LA-HAUT porte la vision d'un cinéaste vraiment atypique. Avec un surplus de force émotionnelle et d'intimité, cette adaptation aurait pu tutoyer les sommets. 

NOTE : 15 / 20

 

AU REVOIR LA-HAUT   1h57

Un film réalisé par Albert Dupontel

Avec Albert Dupontel, Nahuel Perez Biscayart, Laurent Lafitte, Niels Arestrup. 

critique de AU REVOIR LA-HAUT
Commenter cet article