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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LE NOUVEL ESSOR JAPONAIS A PARTIR DES ANNEES 60

Publié le 5 Septembre 2017 par Romain Jankowski in Histoire du cinéma

L'arrivée en masse de la télévision au seuil des années 1960 entraîne la faillite du système des studios. Sur les 500 films produits en 1960, 499 proviennent des grandes compagnies. En 1965, sur les 487 films, les studios en totalisent 268 et les indépendants, 219. C'est autour de l'ATG (Art Théâtre Guilde) que la Nouvelle Vague japonaise prend son essor, à une époque où les grands cinéastes comme Akira Kurosawa sont réduits au silence.

Les années 60 sont celles de la Nouvelle Vague française, de la caméra libre et libérée de toute contrainte. Le Japon orchestre une pratique similaire tout en se différenciant du modèle hexagonal. Là-bas, elle se distingue par son engagement politique radical (le redoutable NUIT ET BROUILLARD DU JAPON réalisé par Nagisa Oshima). Soucieuse de la libération des moeurs, cette Nouvelle Vague prône la révolution politique et sexuelle (EROS + MASSACRE, COUP D'ETAT). La faillite de ATG en 1975 mettra fin à cet élan collectif finalement moins conséquent qu'en France. Malgré tout, Oshima continue on combat politique notamment à travers FURYO (photo ci-dessous), avec David Bowie, où il critique l'esthétisation du corps militaire empruntée à l'univers fascisant de Yukio Mishima (célèbre écrivain japonais).

Au début des années 80, un second souffle s'apprête à déferler sur les écrans au pays du soleil levant. Le grand Akira Kurosawa, grâce à l'aide de Steven Spielberg et George Lucas, livre deux grandes fresques épiques, peinture du Japon féodal où domine l'attrait du chaos (KAGEMUSHA, en photo en haut à gauche, puis RAN) avant de se replier sur l'intime avec le grandiose RHAPSODIE EN AOUT. Autre grand technicien, Takeshi Kitano emploie un ton insolite et original dans le monde yakuza, entre indolence et violence poétique, comme en 

témoigne SONATINE, l'un des ses meilleurs films, qui part d'un postulat délirant : que fait un yakuza en vacances au bord de la mer ? La réponse résume l'atmosphère paisible et lumineuse de ce film ensoleillé. On retiendra également les films de Nobuhiro Suwa (M/OTHER) et Naomi Kawase (STILL THE WATER). 

Le Japon est resté une nation très cinématographique même si son voisin coréen fait désormais largement plus parler de lui et que son autre rival (la Chine) explose les compteurs du box-office. Logiquement, il est la troisième roue du carrosse même si tout un pan de son cinéma mérite d'être découvert. D'autant qu'il reste l'un des champions incontesté dans au moins un domaine : l'animation. Hayao Miyazaki restera la figure de proue de cette révolution entamée en 1984 avec la création des studios Ghibli. L'animation reste le seul genre à ressusciter au mieux les mythes et légendes du Japon.  

LE NOUVEL ESSOR JAPONAIS A PARTIR DES ANNEES 60
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