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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de ÇA, PARTIE 1

Publié le 16 Septembre 2017 par Romain Jankowski in critiques

Le parangon du roman fantastique déviant, source de toutes les peurs de l'enfance. ÇA est un chef d'oeuvre absolu de la littérature, celui où Stephen King a réussi à condenser toutes ses pulsions et ses visions dans un condensé hallucinant de terreur. Puis, dans un second temps, il a posé son empreinte sur une certaine imagerie du cinéma des 80s. 

Andrés Muchetti (l'intéressant MAMA) s'empare donc d'une référence culturelle popularisée encore davantage par le téléfilm de Tommy Lee Wallace et l'interprétation grand-guignolesque de Tim Curry. Un statut de culte un peu abusif même si cette adaptation possède ses qualités. En 2017, le maquillage de Grippe-Sou est devenu très mortifère, entre psychopathe dégénéré et horreur viscérale. Bien sûr, ce monstre hante tout le film et il est la grande attraction attendue de cette nouvelle version. Bill Skarsgard est terrifiant, entre mimiques inquiétantes et regard tétanisant, bien aidés par des effets spéciaux réussis. Chaque apparition du clown fait mouche et quelques séquences sont remarquables (l'inaugurale avec George, celle des diaporamas sans oublier le terrifiant passage dans la cave de Billy). Monté comme une gigantesque vision des pires cauchemars de l'enfance, ÇA est une réussite incontestable dans ce domaine en montrant visuellement ce que l'esprit rejette (comme une salle de bain remplie de sang). Parce qu'au delà de l'angoisse (parfois un peu épuisante tellement les sursauts sont nombreux), Muschetti capte parfaitement les démons intérieurs de jeunes adolescents qui se découvrent. 

Le casting parfait des enfants (en tête Jaeden Liberher, Sophia Lillis ou encore Fini Wolfhard vu dans STRANGER THINGS) aide également beaucoup au plaisir que l'on prend à suivre leurs pérégrinations. Avec un mélange d'humour et de gravité, la bande s'aventure dans les tréfonds de leur propre âme, habitée par des maux indicibles, certains représentant ce que leurs parents ont fait d'eux. Souvent touchant, le scénario s'attarde sur chacun de ses protagonistes puisque là est le coeur de l'histoire imaginée par Stephen King, mettre en avant une figure de la joie (le clown, donc) pour en faire un symbole de la peur et devenir un relais tremblant de ce qui

constitue un enfant. Que Beverly se préoccupe de son propre corps ou qu'Eddie se transforme en lépreux, leur volonté de combattre le malheur est une force que n'ont jamais eu leurs aînés (leurs parents, leurs grand-parents). La jeunesse peut se lever pour contrecarrer la faiblesse des géniteurs (tous montrés comme des ratés voire des monstres, eux aussi). La somme des métaphores englobées par ÇA est assez étourdissante. Malgré tout, on regrettera les sous-intrigues supprimées du roman, celles qui montrent Derry (la ville où se situe l'histoire) dans toute sa noirceur entre homophobie, racisme et adultes malfaisants. C'est abordé en surface, mais le film ne prend pas le temps d'exposer correctement son cadre ce qui lui aurait permis d'atteindre encore une autre dimension. 

Alors on sort de là vraiment bouleversé, parce que le film secoue (oui, il est bien flippant), qu'il émeut (le terrible drame de Billy) et qu'il fait rire (les punchlines s'enchaînent). On attend de pied ferme la partie 2 qui risque bien de faire le ménage (et être un nouveau carnage) en nous envoyant 27 ans plus tard. 

 

AVIS GLOBAL : Grande réussite que cette nouvelle adaptation tant au niveau visuel que scénaristique. En revenant à l'esprit même de ce que King décrivait, le cinéaste s'est plongé dans la tête de l'auteur tout en intégrant ses propres obsessions. Un film fascinant. 

NOTE : 17 / 20

 

ÇA, PARTIE 1

Un film réalisé par Andrés Muschetti 

Avec Bill Skarsgard, Jaeden Lieberher, Finn Wolfhard, Jack Dylan Grazer.

  

 

critique de ÇA, PARTIE 1
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