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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

VA-T-ON VERS UN CHANGEMENT DE SAISON A HOLLYWOOD POUR LES BLOCKBUSTERS ?

Publié le 17 Août 2017 par Romain Jankowski in dossiers

En 2002, née une tendance qui fera son règne durant plus d'une décennie : l'été des blockbusters. Une saison qui commence début mai et qui se termine le premier week-end de septembre. Hollywood se lance dans cette attraction avec SPIDER-MAN, suivi de STAR WARS L'ATTAQUE DES CLONES puis SCOOBY-DOO, MINORITY REPORT, MEN IN BLACK 2 ou encore xXx. Le carton est total et les studios ont donc trouvé la recette pour transformer leurs films en gros succès. 

Avant 2002, un seul énorme blockbuster faisait l'actualité. Tout cinéphile le sait, c'est LES DENTS DE LA MER de Steven Spielberg qui a, accidentellement, déclenché ce processus. Depuis 2002, les studios se donnent à fond et les chiffres leur ont donné raison puisque dans le

top 15 de l'année, au moins 10 faisait partie de l'été. Seulement, comme tout cycle, un essoufflement commence à se faire ressentir et 2017 marque la vraie fracture à ce niveau malgré une avalanche de blockbusters. Surtout, quelque chose est entrain de se passer, entre résultats décevants de franchises vieillissantes et grosses sorties étalées sur toute une année. Et si un changement d'air se profilait à l'horizon ?

 

DES CHIFFRES EN NET RECUL

Malgré une offre pléthorique voire énorme (WONDER WOMAN, SPIDER MAN, LA MOMIE, ALIEN, PIRATES DES CARAIBES, LES GARDIENS DE LA GALAXIE, TRANSFORMERS, MOI MOCHE ET MECHANT, VALERIAN, LA PLANETE DES SINGES et on en passe), l'été 2017 est une sacrée claque pour Hollywood. En Amérique du Nord, les recettes de l'été (calculées depuis le premier week-end de mai, donc) n'ont même pas générées 3 milliards (2,950 milliards exactement). L'an dernier, l'été US avait atteint des sommets avec 4,45 Md$ ! Pourtant, l'offre n'était pas aussi énorme, mais les succès ont été plus forts (CIVIL WAR, LE MONDE DE DORY, SUICIDE SQUAD, COMME DES BETES). Paradoxalement, les chiffres annuels sont excellents puisqu'au 23 juillet, ils affichaient un cumul de 6,56 Md$ contre 6,61 Md$ en 2016 (qui avait été la plus grande année de tous les temps avec 11,37 Md$). Voilà qui prouve la moindre importance que prend l'été pour les recettes. Et on le sait, dès que quelque chose s'enraye, Hollywood réagit. 

 

LA DOMINATION DES SUPER-HEROS, DES FRANCHISES EN PERDITION

Qu'on en soit lassé ou émerveillé, les super-héros sont largement au-dessus de la mêlée en termes de recettes. LES GARDIENS DE LA GALAXIE 2 a dépassé les 389 millions en Amérique du Nord, WONDER WOMAN les 400 millions et SPIDER MAN vient de franchir la barre des 300 millions ! Et ces chiffres prévalent depuis quelques années déjà. Les liens entre le spectateur et des personnages qu'il voit régulièrement à l'écran (entre cross-overs, aventures solos, spin-off) est fort et ne semble pas près de s'arrêter. Il lui restera au moins trois belles années avant un essoufflement inévitable dû à un MARVEL UNIVERSE qui sera en fin de cycle. Pourra-t-il se renouveler à la hauteur de ses débuts ? Pas sûr. Tout a une fin. On l'a vu cette année avec les mauvais chiffres US de TRANSFOMERS 5, ALIEN et, dans une moindre mesure, PIRATES DES CARAIBES. Ces franchises ont été loin de leurs recettes habituelles, mais sont sauvées par l'international et aussi la Chine évidemment qui devient un marché crucial.

 

VERS UN ETENDU PLUTOT QU'UNE CONCENTRATION

Pour 2018, s'amorce un virage perceptible : les sorties sont largement étalées et l'été s'amoindrit. Hollywood a vu le changement : seuls 40 % des dix plus gros films depuis le début de l'année sont sortis cet été. Il y a 15 ans, la proportion était l'inverse. Surtout, la fin de l'année

va encore faire baisser ce pourcentage (c'est inévitable quand sortent THOR, JUSTICE LEAGUE et STAR WARS). Quand on voit les cartons de KONG (assez étonnant avec 168 millions), LOGAN, FAST AND FURIOUS 8, LA BELLE ET LA BETE ou BABY BOSS, le printemps est devenu une nouvelle cible idéale. 2016 n'avait pas été en reste non plus avec DEADPOOL, ZOOTOPIE, LE LIVRE DE LA JUNGLE et BATMAN V SUPERMAN. Et 2018 alors ? Jugez plutôt : en hiver-printemps sortiront BLACK PANTHER, LE LABYRINTHE 3, PACIFIC RIM 2, TOMB RAIDER, A WRINKLE IN TIME, READY PLAYER ONE ou encore X-MEN LES NOUVEAUX MUTANTS. Les autres sortent d'avril à juin (AVENGERS 3, DEADPOOL 2, JURASSIC WORLD 2, LES INDESTRUCTIBLES 2) puis juillet-août s'avère être une période moins prisée avec uniquement deux grosses sorties dont ANT-MAN 2 (de plus, le super-héros le moins rentable de MARVEL STUDIOS) et l'inévitable MISSION IMPOSSIBLE 6. Cette tendance de sorties étendues et non concentrées sur trois mois sera, à notre avis, bénéfique, le spectateur ne pouvant pas sortir trois à quatre fois son porte-monnaie par mois ! 

 

VA-T-ON VERS UN CHANGEMENT DE SAISON A HOLLYWOOD POUR LES BLOCKBUSTERS ?
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